Mieux gérer vos hauts potentiels

Dur, dur de reprendre l’école

Au revoir les vacances, bonjour la rentrée scolaire ! Les enfants ont repris depuis quelques jours le chemin de l’école, cartable sur le dos. C’est donc maintenant ou jamais qu’il faut commencer à leur faire reprendre un rythme régulier, sans mettre beaucoup de pression.

13 Septembre 2012 À 16:43

Fini les grasses matinées, les longues soirées devant la télé, il est temps maintenant de régler son réveil chaque matin pour se réveiller tôt et aller à l’école. Cependant, après avoir passé plusieurs semaines à s’amuser, à vivre à leurs propres rythmes et à faire pratiquement tout ce qu’ils voulaient, la majorité des enfants ne se sentent pas forcément prêts pour retrouver les contraintes de l’école. En effet, il n’est pas toujours facile de se réadapter à la cadence de la scolarité. Chaque année, les enfants doivent faire face à un nouveau rythme, nouveau programme, nouvelle classe…

La rentrée scolaire peut également se présenter comme une source de stress et d’angoisse pour certains enfants, car ils se voient revivre le calvaire du rendement scolaire sous contrôle, des punitions et de la régulation de leur spontanéité. En plus du fait qu’ils sont appelés à s’adapter à différentes situations allant de l’école, la classe, les camarades, les enseignants à de nouveaux apprentissages.«Notre époque est celle du zapping. Tout va trop vite et l’enfant va rapidement plonger dans une accélération du temps où les stimulations extérieures, la pression de la réussite, les enjeux de la performance vont l’entraîner dans un tourbillon qui crée chez lui une multitude de tensions et de stress», explique Benyoussef Aqejjaj, coach thérapeute en thérapie cognitivo-comportementale. «Dès l’entrée à l’école, il est fréquent de rencontrer de jeunes élèves, qui souffrent déjà d’une agitation psychique à l’origine d’un comportement turbulent vite réprimandé par l’école.

Les enfants d’aujourd’hui, soumis à de nombreuses sollicitations ont de plus en plus de mal à s’assoir tranquillement, écouter, se concentrer… la multi-tâche est devenue leur mode de vie et de pensée avec tous ses effets indésirables», poursuit-il. Le stress de retrouver les contraintes de l’école envahit trop les petits écoliers et préoccupe même les parents qui ne savent plus comment agir. Les parents doivent considérer que la rentrée en classe est un moment qui les implique tout autant qu’il concerne leur enfant, que ce soit au niveau psychologique ou social. Un accompagnement permanent doit être de mise dans leurs rapports quotidiens et qui pourrait rassurer l’enfant et apaiser ses craintes ou ses inquiétudes. Aussi, les parents ne doivent pas laisser l’enfant seul à affronter le sort que peut lui réserver la rentrée avec ses contraintes et son poids psychologique, sous prétexte que surmonter un tel obstacle est une preuve d’autonomie et de formation de la personnalité de l’enfant.Afin qu’ils dépassent ce cap difficile, les plus petits ont souvent besoin de la disponibilité et l’affection de leurs parents, un peu plus que d’habitude. Et pour s’adapter rapidement au rythme scolaire, les parents doivent en général agir à l’avance. Il faut habituer l’enfant à de nouvelles tranches horaires quelques jours avant la rentrée. Cette règle s’avère en or, car elle constitue la base de toutes les activités journalières de l’enfant.

La préparation psychologique dans les jours qui précèdent le jour de la rentrée est tout aussi importante. Il faut souvent parler de l’école à l’enfant, lui expliquer pourquoi il y va et quels avantages il va en tirer (il va retrouver ses camarades et en faire de nouveaux, découvrir de nouvelles activités, apprendre des choses qui vont l’aider à grandir). Toutefois, l’argumentaire des parents devra s’adapter au caractère et à l’âge de l’enfant. Ils doivent l’encadrer et le diriger sans l’étouffer par des explications et recommandations inutiles. Il faut savoir que chez le tout-petit le manque d’autonomie peut créer un véritable stress. Pour le lui éviter, les parents doivent apprendre à leur bambin de se débrouiller tout seul. Cela l’aidera également à développer une certaine confiance en soi. 


Explications : Benyoussef Aqejjaj, coach thérapeute en thérapie cognitivo-comportementale.

«Les premières années du primaire sont les plus dures»

❶Que représente le jour de la rentrée scolaire pour les enfants ?Cela dépend de chaque cas. Si c’est la première rentrée au primaire, cela représente une coupure avec le système de la crèche qui est plus souple que le primaire. L’enfant jouait, dormait, dessinait, chantait… ce qui n’est plus possible au primaire et c’est donc ce qui représente un cadre plus strict.Si l’enfant ne passe pas par la crèche (ce qui devient rare dans les villes) il sera angoissé car c’est la première fois qu’il se sépare de sa maman. L’essentiel est de l’aider pour qu’il ne le vive pas comme un abandon.Par contre si l’enfant était déjà à l’école, son état psychologique dépend généralement des résultats de l’année d’avant. Si l’enfant a eu son passage et va retrouver ses amis de la même classe, cela ne pose pas de problèmes. Par contre s’il refait sa classe, il doit s’adapter et intégrer un nouveau groupe d’enfants étrangers, ce qui implique un effort de sa part pour s’adapter au groupe et un effort d’accompagnement des parents pour le soutenir afin que son estime de soi ne baisse pas à cause de son échec. Enfin, le plus difficile est le passage de l’école primaire au collège. Même si l’enfant est fier au moment de la rentrée, il se sent gamin face aux collégiens des classes supérieures sans oublier qu’il aura beaucoup plus de matières à étudier.❷Est-ce qu’une rentrée réussie peut garantir une année scolaire réussie ?Oui et non ! Oui si, ce que j’appelle partenaires de l’enfant, les parents et les professeurs continuent sur le même élan positif de la rentrée scolaire et jouent bien leur rôle.Non parce qu’on ne peut pas juger la réussite scolaire en fonction de la première semaine et du premier mois.❸ Que conseillez-vous aux parents qui ont un enfant qui fait sa toute première rentrée ?Le rôle des parents et des professionnels de l’enseignement est de faire aimer l’école à l’enfant, l’accompagner dans le chemin du savoir, le motiver à évoluer en augmentant son estime de soi et sa confiance en lui-même. Pour la toute première rentrée, il est recommandé de faire une visite à l’école que va intégrer l’enfant, de discuter avec le personnel administratif, visiter une classe...Aussi, il ne faut pas oublier que les premières années du primaire sont les plus dures pour l’enfant. Il faut donc savoir l’accompagner sur le chemin du savoir en lui faisant aimer l’école et apprécier le savoir.

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