L'humain au centre de l'action future

«La Civilisation, ma Mère» dans les lycées

La comédienne Amal Ayouch vient de terminer, vendredi dernier, sa tournée dans une série de lycées.
L’artiste a présenté un monologue adapté du roman « La Civilisation, ma Mère» de Driss Chraïbi.

La comédienne Amal Ayouch lors de sa prestation théâtrale.

14 Février 2012 À 19:56

C’est une première expérience que la comédienne Amal Ayouch trouve porteuse. « Il y a une demande vraiment énorme de la part de beaucoup de lycées qui trouvent cette initiative enrichissante pour leurs élèves. D’autant plus que nous réservons, après chaque présentation, une heure de discussion où les lycéens découvrent le théâtre. Il y a un grand intérêt de leur part, car eux aussi étaient très curieux d’en savoir plus sur cette discipline. Ce qui a même motivé certains d’aller s’inscrire dans les ateliers de théâtre de leur établissement », souligne l’artiste.En effet, cette démarche qui consiste à initier les jeunes à leur culture ne peut qu’être bénéfique que ce soit du point de vue de la mémoire ou de l’art d’une manière plus large. «Ce genre de texte marocain fait découvrir à ces jeunes leur propre Histoire. Des choses qu’ils ne savaient pas concernant la réalité de la femme dans les années passées. Ce qui a suscité tout un débat sur la femme. C’est une action de fond sur la culture au Maroc», explique-t-elle. Et d’ajouter que «la réussite du travail en lui-même réside dans le choix du texte de Driss Chraïbi qui est plein de vérités et d’enseignements». Cette pièce théâtrale, fruit de la collaboration de la Fondation des arts vivants. (Casablanca) et la Compagnie du Jour (Grenoble) s’est, ainsi, révélée une rencontre artistique très riche entre le metteur en scène Karim Troussi et la comédienne Amal Ayouch autour du texte de Driss Chraïbi.«Depuis la création de la pièce aux lycées Ibnou El Yassamine et Lyautey, où se sont déroulées les premières répétitions, nous avons eu un bon retour de la part des élèves. Ils ont vu défiler toutes les étapes du projet. Ce spectacle s’est réellement créé sous le regard attentif de ces jeunes, passionnés de théâtre, amateurs ou tout simplement curieux. Ils l’ont vu grandir petit à petit, ont partagé, avec respect, mes difficultés, mes doutes… des moments de grande complicité aussi ». L’idée, selon Amal Ayouch, était de concevoir une pièce polyvalente, qui peut être jouée sur une scène de théâtre, dans les établissements scolaires, dans les salles des quartiers ou des appartements.«Créer la pièce dans un établissement scolaire a été pour moi une nouvelle aventure riche et fructueuse. Partagée entre mon appréhension de mener à bien un travail en un temps record et le désir de partager des moments de la genèse de ce travail avec de jeunes lycéens. Je me suis finalement laissée porter par cette belle idée grâce au chaleureux accueil qui nous a été réservé dans les lycées, mais aussi au climat de confiance et de rigueur qu’a instauré très rapidement Karim Troussi. J’ai eu le sentiment de m’être acquittée d’une dette, ayant moi-même eu mon premier “choc” théâtral en pleine adolescence, alors que je regardais une scène d’Antigone présentée au collège… Et je me souviens à quel point ce rêve m’avait aidée à vivre et à dépasser bien des difficultés liées à cet âge, et combien par la suite cet art m’a ouvert au monde », renchérit-elle. 

Synopsis

Après une vie passée à secouer les archaïsmes de la société, une femme vient de mourir. Au troisième jour de deuil, sa petite fille accueille les gens venus lui dire adieu. En attendant l’arrivée de son père et de son oncle, elle décide de revenir avec les convives sur la vie peu banale de cette grand-mère qui déborde d’imagination et pour qui chaque nouveauté est source de peur, mais aussi d’émerveillement…

Copyright Groupe le Matin © 2026