12 Février 2012 À 11:52
Le premier trimestre 2012 ne sera pas de tout repos pour les professionnels du tourisme que sont le ministère de tutelle, la Fédération Nationale du Tourisme, l’Observatoire du Tourisme et l’Office National Marocain du Tourisme. Les réunions de la task force, récemment mise sur pied pour gérer le secteur en fonction de l’évolution observée durant les premiers mois de l’année, se multiplient en effet. «Nous avons imaginé plusieurs scénarios possibles pour l’année 2012. Elle pourrait être très difficile, semblable à 2011 ou par contre très intéressante en termes d’évolution. Pour chacun de ces principaux scénarios, nous avons mis au point un plan d’action», nous précise Ali Ghannam, président de la Fédération Nationale du Tourisme (FNT).
Des initiatives prises après la tenue du Salon international du tourisme à Madrid, le Fitur, une des plus importantes rencontres touristiques mondiales permettant aux participants de définir de nouvelles stratégies et de promouvoir leurs destinations. Il y a été révélé que le secteur touristique devrait enregistrer au niveau mondial une croissance de 6%. Une moyenne que devraient se partager les différentes régions du monde. «Malheureusement, notre région ne devrait pas afficher la meilleure performance. Mais, au contraire, l’évolution serait inférieure à la croissance prévue au niveau mondial. Des informations que nous avons prises en compte dans nos prévisions pour l’année 2012», a-t-il expliqué. Déjà, l’activité touristique durant le premier mois de l’année en cours est considérée, globalement, comme très moyenne. Il y a même des destinations qui ont broyé du noir. C’est le cas notamment de la ville d’Agadir qui a terminé le mois de janvier sur une note négative. Elle a accusé en janvier dernier une diminution de -19,93% en arrivées et -23,36% en nuitées, un début de saison morose qui fait craindre aux professionnels un risque d’aggravation en l’absence d’actions de relance au Maroc et à l’étranger. Idem pour la ville de Marrakech dont les opérateurs, notamment les hôteliers, ont tiré la sonnette d’alarme quant à la situation qui sévit dans le secteur depuis le début de la saison 2011-2012.
«Le premier mois est tout le temps un mois de basse saison. Par conséquent, c’était une activité moyenne, on ne peut pas juger toute l’année sur le premier mois. Nous avons de très belles perspectives qui s’annoncent pour la haute saison, notamment à partir du mois de mars. Généralement, le feeling est très intéressant selon les différents opérateurs que nous avons contactés, à partir du mois de mars, çà va commencer à prendre», a-t-il tenu à rassurer, tout en rappelant que la destination Maroc, en dépit du contexte international, a fait preuve de résilience en 2011, grâce aux efforts consentis en matière de promotion et de marketing.
«Nous avons clôturé l’année avec une progression des arrivées de 0,6%, une régression des nuitées de 6% ainsi qu’une évolution positive des rapatriements des devises. Vu le contexte actuel et ce que d’autres pays ont affiché comme chute des réalisations, nous considérons que c’est une performance par rapport à ce qu’a connu l’année 2011, notamment le printemps arabe et les événements d’Argana. Sans omettre que 2011 a aussi confirmé la crise économique dans les principaux pays émetteurs», a-t-il ajouté. Bref, les professionnels se montrent optimistes. Des pistes sont en train d’être explorées pour la promotion et le marketing pour booster l’industrie touristique au Maroc. La relance du tourisme interne n’est pas en reste.
Dans le cadre de son plan de restructuration, Royal Air Maroc a procédé à la fermeture de nombreuses lignes aériennes jugées non rentables. En même temps, elle décide de renforcer d’autres dessertes comme c’est le cas pour la ligne Casablanca-Istanbul. Le nombre total des vols réguliers de la RAM sur la première métropole de la Turquie sera porté à cinq chaque semaine, et ce à partir d’avril prochain. Ce renforcement de la desserte Casablanca-Istanbul permettre à la RAM d’améliorer son offre, qui s’est élevée en 2011 à quelque 47.000 places, en hausse de 9% par rapport à 2010. À noter, à ce titre, que le nombre de Turcs qui se sont rendus au Maroc s’est élevé à quelque 24.000 personnes, un chiffre qui s’est inscrit en hausse de 16% par rapport à 2010.