16 Mai 2013 À 17:09
Le Concours national de la nouvelle noire a pour mission de dénicher les écrivains de demain et leur permettre de faire leurs premiers pas dans la cour des grands. Pour cela, l’évènement se fixe un double objectif : promouvoir la création littéraire en langue française, mais aussi et surtout vulgariser ce genre étrangement méconnu du public marocain. Le concept est simple et accessible à toute personne majeure résidant au Maroc. Ce Concours consiste, pour chaque candidat, en la rédaction d’une nouvelle dans le genre policier, mais décrivant une réalité sociale assez noire. Quoique peu fréquent dans le paysage de la littérature marocaine, ce genre attire pourtant un nombre conséquent de jeunes. La preuve, pour cette édition, du 1er juin au 1er avril, où les organisateurs ont reçu une bonne centaine de candidatures. «Nous avons reçu un nombre important de candidatures cette année. Ce qui prouve que ce n’est pas l’engouement pour ce genre qui manque auprès des jeunes écrivains», précise Marie Annick Duhard, directrice de l’Institut français de Marrakech.
Dans le cadre de ce sixième concours, une grande cérémonie de remise des prix sera organisée le 18 mai au Riad Denise Masson au cœur de l’ancienne médina de Marrakech. Le premier Prix consiste en un séjour d’une semaine au Festival du polar de Cognac. Pas moins importants, les autres prix consistent en la remise de lots volumineux d’ouvrages, offerts par l’IFM et les éditions Marsam. Et à l’instar des éditions précédentes, les dix meilleures nouvelles retenues seront publiées par Marsam dans sa collection Côté Maroc. Cet évènement s’inscrit également dans le cadre de la politique de l’Institut français du Maroc. Une nouvelle politique qui se veut aussi un accompagnement du changement que connaît le paysage du livre et de la lecture au Maroc, doublé de la création de plusieurs médiathèques et quelques autres bibliothèques de lecture publiques qui ouvrent dans le pays. «Cela nous a fait évoluer dans la manière de travailler ensemble avec également de nouveaux éditeurs qui apparaissent comme Casa Express, certains qui se sont réinvestis comme DK Éditions.
Le paysage de librairie a été modifié aussi comme le mythique Carrefour des livres à Casablanca ou encore la Librairie des colonnes à Tanger et les nouvelles créations de la librairie en ligne “Livre-moi” sans oublier l’initiative “Al Moggar” à Agadir», souligne Odile Nublat, responsable du pôle Livre et des médiathèques de l’Institut français du Maroc. Voici ce qui est de nature à encourager d’autres éditeurs à s’investir dans la nouvelle noire, un genre littéraire qui ne bénéficie cependant pas de la place qu’il mérite au Maroc. À croire le critique littéraire Abdellah Baida, pour qui le genre noir, nouvelle et roman confondus, ne s’est pas encore frayé son chemin au Maroc. «Je pense que le roman noir ne s’est pas encore imposé au Maroc, contrairement à ce que prétendent certains articles qui circulent ici et là. Je reste sceptique, car nous n’avons pas des statistiques et des études suffisamment fiables», explique Abdellah Baida. Pourtant, certaines expériences émergent, même si «nous sommes loin d’avoir une tradition de roman noir», ajoute-t-il.
De ce fait, le Concours de la nouvelle noire demeure une excellente initiative pour la promotion du genre auprès du public marocain. «Ceci pourrait inciter de jeunes “plumes” à produire dans ce genre et la publication des recueils encouragera la diffusion et la lecture de ce type de récits. Aussi bien le volume des textes que le caractère attrayant des intrigues peuvent inciter des gens, notamment les jeunes, à la lecture. Et tous les moyens sont bons pour mettre les livres entre les mains des Marocains», conclut-il.