11 Mai 2013 À 19:27
C’est sur le thème de «La gestion du patrimoine forestier dans le contexte de la contractualisation avancée» que le Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD), a célébré les 7 et 8, au Palais des congrès de Skhirat, le Centenaire des services forestiers.
Si les organisateurs de cet événement n’ont pas lésiné sur les moyens pour faire de ce rendez-vous «un moment fort et une grande opportunité pour la mise en valeur d’une action de développement bâtie progressivement depuis un siècle» via un programme riche (projection de film, pièce théâtrale et expositions). Ils ont voulu également que ce rendez-vous soit l’occasion pour réfléchir sur l’avenir de la forêt nationale. À cet effet, quatre ateliers thématiques ont été programmés. Le premier a traité de la distinction entre le droit d’usage au bénéfice des communautés rurales et le droit de propriété de ce patrimoine national, le deuxième a discuté du changement climatique et des actions mises en œuvre afin de limiter, d’atténuer et d’inverser la tendance actuelle de ce phénomène. Le troisième et le quatrième atelier ont abordé respectivement la participation active des populations pour la gestion concertée de l’espace forestier, tandis que les participants au dernier atelier ont débattu des fondements de la législation forestière et les défis du développement durable. La célébration de Centenaire des services forestiers doit également se pencher sur le bilan accompli durant cette période. Sans remonter dans le temps, il est nécessaire d’évaluer le travail accompli par le HCEFLCD.
Pour certains responsables régionaux du HCEFLCD, de grands efforts ont été accomplis, ces dernières années en matière de formation continue (techniques, management, etc.) du personnel forestier. De même, selon eux, il existe une nouvelle stratégie forestière qui s’appuie sur des programmes décennaux. «Il n’y a plus d’improvisation dans la gestion de la forêt. Il existe une approche scientifique dans l’identification des projets. Celle-ci prend en considération les attentes des populations locales. Nous savons ce que nous devons réaliser sur la période de dix ans. Les projets lancés sont évalués annuellement et nous pouvons les rectifier. Cette année, il y a une évaluation de la partie 2005-2012 du programme décennal 2005-2014», nous a expliqué un responsable régional au HCEFLCD.
S’il faut reconnaître que des actions ont été réalisées, il n’en demeure pas moins que la gestion de la forêt souffre de manque de moyens matériels et de ressources humaines. Selon des témoignages, la nouvelle restructuration de l’administration forestière a réduit le nombre de son personnel de terrain de moitié. Les responsables se sont trouvés avec de grandes surfaces à gérer avec peu de moyens et cela a entraîné une perte de motivation. «Le forestier est occupé principalement par les tâches administratives que de la forêt. Il y a aussi un manque criant de moyens. Un forestier s’occupe de 50 000 ha alors qu’en même temps, il ne possède pas de moyen de transport. Il faut embaucher des personnes pour accomplir les tâches administratives et d’autres qui seront chargés exclusivement d’aller sur le terrain», nous a expliqué un forestier.
Cette absence ne fait que renforcer les menaces sur la forêt telles que le braconnage, le vol de bois, etc. «La forêt a besoin plutôt de fonctionnaires militants que de fonctionnaires tout court», a lancé le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, venu pour lancer la célébration de ce Centenaire. «Un Centenaire qui n’a pas rendu hommage au créateur et organisateur de l’administration des eaux et forêts au Maroc, Paul Boud. C’est une vérité historique, nous ne pouvons rien y changer», a déploré un cadre forestier.