22 Mai 2013 À 15:54
Le chef de l’opposition syrienne a appelé mercredi la communauté internationale à établir un corridor humanitaire pour venir en aide aux habitants de Qousseir qui subit depuis dimanche un assaut de l’armée syrienne et du Hezbollah libanais. «Nous appelons la communauté internationale à ouvrir un corridor humanitaire pour sauver les blessés et fournir des médicaments et une assistance aux 50 000 habitants qui sont assiégés», a déclaré George Sabra dans un communiqué. M. Sabra a également appelé mercredi tous les rebelles à venir défendre la ville de Qousseir. «Accourez, bataillons de la révolution et de l’Armée syrienne libre (ASL), pour sauver Qousseir et Homs», a-t-il affirmé.
Il a appelé en priorité les combattants se trouvant à Qalamoun (province de Damas), dans le nord de la province de Homs et de celle voisine de Hama à «venir rapidement à la rescousse» de Qousseir et de ses environs. «Que chacun des bataillons (rebelles) d’Alep, d’Idleb, de Raqqa, de Deir Ezzor, de Damas dépêche tout de suite même une petite unité pour sauver Homs», province dont Qousseir fait partie. Le chef de l’opposition syrienne a également demandé à ceux qui possèdent des armes et des munitions de les envoyer à Qousseir et à Homs. L’armée syrienne et le puissant mouvement chiite Hezbollah ont lancé dimanche un assaut contre cette ville stratégique. Les combats ont fait plus de cent morts, en majorité des rebelles et des combattants du Hezbollah, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Pendant que la bataille de Qousseir ne fait que commencer, les Amis de la Syrie devaient se retrouver mercredi à Amman pour préparer la conférence de paix internationale «Genève 2» entre régime et opposition, mais aussi discuter des moyens d’aider les rebelles qui subissent un assaut d’envergure de l’armée. «L’une des choses dont nous allons discuter ici à Amman portera sur ce qui doit être fait concernant l’équilibre de forces militaires sur le terrain», a affirmé un haut responsable du département d’État américain aux journalistes accompagnant le secrétaire John Kerry qui sera présent dans la capitale jordanienne. Le responsable faisait référence au déséquilibre de forces entre l’armée, forte de son armée de l’air, de ses supplétifs et des troupes d’élite du Hezbollah, et même d’Iraniens selon Washington, face à des rebelles faiblement équipés.
Les pays occidentaux refusent d’armer les rebelles, arguant que l’arsenal risquerait de tomber entre les mains d’extrémistes. Au centre des discussions à Amman figure aussi la conférence internationale dite de «Genève 2», prévue en juin et initiée par les États-Unis et la Russie pour tenter de mettre fin à une guerre civile qui a fait plus de 94 000 morts en plus de deux ans. Les discussions autour de cette conférence sont «l’effort le plus sérieux au cours des deux dernières années pour amener le gouvernement syrien à négocier avec l’opposition», selon le haut responsable américain. Les discussions réuniront les chefs de la diplomatie de la Jordanie, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de l’Égypte, du Qatar -un des principaux bailleurs de fonds de l’opposition syrienne-, des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de la Turquie, de l’Allemagne et de l’Italie. Avant la rencontre, John Kerry devait tenir une conférence de presse avec son homologue jordanien Nasser Jawdeh. Le chef de la diplomatie britannique William Hague devait s’exprimer également devant les journalistes dans la matinée, tandis que l’ambassadeur syrien à Amman, Bahjat Sleimane, a aussi prévu un point de presse. Pour la première fois, l’opposition syrienne, sans chef depuis la démission d’Ahmed Moaz al-Khatib, n’assistera pas à la réunion des «Amis de la Syrie».