Le président du Rassemblement national des indépendants a affiché la mine des grands jours, lors du forum de la MAP, hier à Rabat. Il faut dire que depuis la décision du Parti de l’Istiqlal du retrait du gouvernement, son Parti est de nouveau sous les feux des projecteurs. Nombreux sont ceux qui s’attendent à ce que cette formation politique intègre la coalition gouvernementale si Benkirane n’arrive pas à trouver un arrangement avec les héritiers de Allal El Fassi. Mais, jusque-là, aucune position catégorique n’est formulée par la direction du RNI même si quelques voix internes aspirent à intégrer les rangs de la majorité.
Difficile de se prononcer pour le moment, selon le patron du Parti de la colombe étant donné qu’il s’agit encore d’éventualités et que ce sont les institutions du parti et à leur tête le Conseil national qui pourront trancher dans cette option. Mais quelle que soit la décision, encore faut-il selon l’ex-argentier du Royaume opter pour une nouvelle culture de gestion prenant en considération les nouvelles dispositions constitutionnelles. En effet, Mezouar décoche ses flèches vers le chef de gouvernement, lui endossant l’entière responsabilité de la crise de la majorité. Les critiques ont trait à la gestion de Benkirane tant de la majorité que des affaires publiques. Le chef de file du RNI estime que Benkirane s’est plutôt comporté, durant un an et demi, en tant que chef de parti, marginalisant aussi bien ses alliés que l’opposition.
«Le fond du problème est relatif à l’absence de la logique d’État et l’hégémonie de la logique partisane. En outre la problématique réside dans le discours et la méthodologie suivie jusque-là au point que la situation est devenue insupportable pour les composantes de la majorité et aussi celles de l’opposition.», relève-t-il.
Face à la situation actuelle, trois pistes sont possibles d’après Salah Eddine Mezouar pour «sortir de l’impasse». La première solution réside dans la reconstruction du consensus entre les composantes de la majorité actuelle sur de nouvelles bases et avec une nouvelle culture, celle de la concertation. En cas d’échec, le gouvernement est appelé à démissionner pour former une nouvelle majorité sur des bases claires et solides à même de redynamiser l’action politique au Maroc. «Chaque parti aura sa propre lecture de la conjoncture selon les défis à relever par notre pays.», dit-il.
Mezouar pense qu’il est temps d’avoir une majorité et une opposition aussi fortes l’une que l’autre, préférant écarter l’idée d’un gouvernement d’union nationale comme véhiculée par le patron du Parti de la balance, Hamid Chabat, samedi dernier à Fès lors d’un meeting partisan. Pour lui, l’heure est au renforcement de la clarification politique. Si les deux premiers scénarii n’aboutissent pas aux objectifs escomptés, le président du RNI pense que le recours aux élections anticipées s’imposera. Il est convaincu que celles-ci pourront donner une nouvelle carte politique étant donné que la conjoncture dans laquelle se sont tenues les élections anticipées du 25 novembre 2011 a changé.
Il pense que le taux de participation serait plus élevé et que les électeurs feront d’autres choix vu les critiques à l’égard du mode de gestion des affaires publiques après un an et demi de l’action gouvernementale. Le coût ne doit pas être un frein à l’organisation des législatives, pour l’ancien ministre de l’Économie et des finances. «La démocratie n’a pas de prix. Il vaudrait mieux organiser de nouvelles élections que de perpétuer une situation qui n’est pas saine. L’opération électorale nécessite entre 600 MDH et 800 MDH. À cela s’ajoute le coût indirect. Les élections sont l’étape ultime après avoir épuisé toutes les options. Le plus logique c’est de régler le problème dans le cadre d’une coalition», dit-il. n
