«La situation économique est grave, rien ne sert de la minimiser», a déclaré le chef de l’État français lors du conseil des ministres. Mais, a-t-il souligné, «la panne de la croissance concerne l’Europe tout entière», a expliqué Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement français, qui rapportait les propos du chef de l’État, lors de son point de presse hebdomadaire. M. Hollande a notamment pointé «la chute de la demande européenne» pour expliquer ces mauvais indicateurs, même si la France a été «moins impactée que ses voisins», selon la porte-parole dont les propos ont été rapportés par l’AFP.
Cette mauvaise nouvelle économique accroît la pression sur François Hollande, qui doit rencontrer dans la journée à Bruxelles la Commission européenne qui le presse d’engager des réformes en échange d’un délai de deux ans pour tenir ses engagements budgétaires.
Ces chiffres, «le Président de la République a considéré qu’ils nous obligeaient et confortaient en même temps nos initiatives pour relancer la croissance en Europe», selon Mme Vallaud-Belkacem.
«Pas une surprise»
Pour sa part, le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, avait lui aussi estimé que l’entrée de la France en récession n’était «pas une surprise» et était «largement due à l’environnement de la zone euro». «C’est maintenant qu’il faut muscler encore nos dispositifs économiques, mobiliser toute notre énergie pour créer des emplois et faire en sorte que nous ayons une économie qui soit plus souple, plus compétitive, plus réactive, plus créative et plus innovante. C’est ce que fait le gouvernement», a-t-il expliqué à l’AFP. «Tout cela doit nous inciter à avoir une politique européenne qui se mobilise pour la croissance» et pour «l’emploi», a poursuivi le ministre. «Ce n’est pas la France qui est sur la sellette, c’est notre sort collectif qui est en jeu», a-t-il aussi dit, assurant que «la France se porte un peu mieux que le reste de la zone euro». La zone euro est en récession avec une baisse de 0,2% du PIB au premier trimestre 2013, selon Eurostat, précise l’AFP.
La droite critique
Cette situation économique jamais connue dans l’Hexagone depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale a bien évidemment été une occasion pour la droite pour accentuer la pression sur François Hollande.
Comme attendu, les réactions de l’opposition ne se sont pas fait attendre.
C’est ainsi que Christian Jacob, chef de file des députés de l’UMP a déclaré qu’«il y a une faute grave : avoir annulé toutes les décisions qui avaient été prises par la précédente majorité qui visaient à baisser le coût du travail comme la TVA compétitivité.
Le Président a nié la crise, il a pris des mesures contraires, il a ouvert la bourse de la dépense publique», a-t-il estimé sur les ondes de «Radio Classique» et dont les propos ont été repris par la presse quotidienne française. Profitant de son passage sur Canal+, la députée de l’UMP a estimé qu’«il faut immédiatement un sursaut.
Le sursaut, c’est un changement de politique économique».
Nicolas Dupont-Aignan, président de «Debout la République» a déclaré dans un communiqué que «les chiffres sont cruels, mais ils ne mentent pas. Ils prouvent par “A+B” l’incompétence des socialistes».
