22 Mars 2013 À 19:09
Tout le monde est conscient, aujourd’hui, des valeurs et avantages des écosystèmes. De par sa nature, la zone humide de Mohammedia espace de transition entre la terre et l’eau, constitue un patrimoine naturel exceptionnel, en raison de sa richesse biologique et les fonctions naturelles qu’elle remplit. Comme l’ensemble des zones humides, elle participe à l’auto-épuration de l’eau, contribue à l’atténuation de l’effet des crues et assure un ensemble de fonctions indispensables à la société.
Néanmoins, la zone humide de Mohammedia reste parmi les milieux les plus menacés en raison d’une urbanisation accélérée, la surexploitation de ses ressources et surtout la pollution. Le rétrécissement de cette zone devrait accroître la prise de conscience citoyenne des diverses opérations économiques et des populations afin qu’ils s’impliquent pour éviter une dégradation du milieu qui conditionne l’essor de leurs activités et de leur état de santé.
La zone humide de Mohammedia s’étendait sur 500 hectares, il n’en reste aujourd’hui que 200 hectares avec une avifaune «plus de 80 espèces», dont un trésor ornithologique représenté par la Sarcelle marbrée. Celle-ci est inscrite sur le livre rouge de l’Union mondiale pour la nature. La nette rousse et le blongios nain, des oiseaux migrateurs et nicheurs sont des espèces menacées heureusement que la zone humide a été inscrite, le 1er janvier 2005, dans la liste RAMSAR. Le Maroc a ratifié en 1980 la convention RAMSAR et s’est engagé à œuvrer pour la restauration, la protection et la gestion rationnelle de ces écosystèmes. La conservation de la zone humide de Mohammedia est primordiale notamment pour ses multiples fonctions écologiques fondamentales.
Conscients de l’importance de cet écosystème, les services concernés ont élaboré un plan de gestion durable en tenant compte du principe de conciliation entre la mise en valeur et la protection des ressources naturelles de ce site. Dans ce cadre, des aménagements ont été entrepris visant la conservation de la biodiversité de la zone humide et la promotion du développement local et participatif.
Une enveloppe de 14 MDH, «financée par le conseil régional de Casablanca», a été consacrée aux aménagements de la zone humide de Mohammedia, la première et la deuxième tranche de ces aménagements ont été achevées, les travaux de la troisième tranche débuteront incessamment, ils concerneront le circuit de promenade, les miradors, les points de passage et signalisation. Le mur de clôture déjà réalisée s’étend sur 5 km 800. La commune urbaine de Mohammedia mobilisera 13 MDH pour le complément d’aménagement. La réalisation de ses aménagements consolide la volonté des responsables et leur engagement autour de solutions adaptées avec des objectifs communs, une conscience commune et des responsabilités partagées.
La zone humide de Mohammedia, souligne ce spécialiste de l’environnement, constitue un milieu de vie remarquable en raison de sa biodiversité, ce qui implique davantage d’efforts pour sa conservation, l’élaboration d’un projet de loi sur les aires protégées, le renforcement de l’action et l’engagement de notre pays dans la préservation de la biodiversité en rapport avec les lignes directrices des conventions internationales en la matière. Notre santé dépend quelque peu des zones humides, il est donc essentiel d’établir ce lien entre la santé et la bonne gestion desdites zones.
Pour la ville des fleurs, la zone humide de l’Oued El Maleh peut constituer un label créateur d’emplois. Elle est, par ailleurs, d’un grand intérêt pédagogique dans le sens de l’installation d’un observatoire qui intéresse les écoliers et les étudiants. Elle est aussi d’un intérêt sanitaire puisque la zone humide est riche en végétation qui absorbe les déchets émis par les unités industrielles et dégage l’oxygène nécessaire à la vie, son aménagement contribuera à sa valorisation et à la protection des nombreuses espèces qui y vivent. La prolifération cependant de larves de moustiques qui nuisent à la population nécessite une démonstration naturelle avec des produits extraits de végétation pour protéger cette zone riche en faune et en flore.