22 Mai 2013 À 15:24
La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a «condamné avec force» les violences de ces derniers jours en Irak qui ont fait des dizaines de morts, et a appelé les responsables politiques irakiens au dialogue dans un communiqué publié mardi soir.«Je condamne avec force les attentats qui ont eu lieu dans plusieurs villes d’Irak ces derniers jours et qui ont fait un nombre choquant de victimes», écrit Mme Ashton.
Huit personnes, dont trois soldats, ont été tuées mardi dans des violences en Irak, au lendemain d’un accès de violences qui a visé en majorité les chiites. Selon un bilan établi par l’AFP sur la base d’informations fournies par des sources médicales et sécuritaires, 64 personnes ont péri au cours de la journée de lundi.«Une telle violence envers des civils innocents, y compris des fidèles pendant la prière, est absolument effroyable et les responsables doivent répondre de leurs crimes», ajoute Mme Ashton en exprimant ses condoléances aux victimes.«L’Union européenne est aux côtés du peuple irakien dans la résistance à cette violence, qui semble avoir pour but de semer la discorde confessionnelle et de déstabiliser le pays», ajoute le communiqué. Mme Ashton «exhorte à nouveau les dirigeants politiques irakiens à s’engager dans un dialogue sincère pour surmonter l’impasse actuelle».Pour sa part, le Canada a mis en garde mardi contre le risque de voir l’Irak «replonger dans une guerre civile sectaire», réagissant à la récente vague de violences qui «semblent être inspirées par des forces extérieures».«La situation de la sécurité en Irak est fragile depuis bien des années, mais le type de violence que nous avons vu s’intensifier au cours des derniers jours est particulièrement troublant et risque de replonger le pays dans une guerre civile sectaire», a déclaré le chef de la diplomatie d’Ottawa John Baird, sans préciser de quelles «forces extérieures» il pourrait s’agir.
Il a indiqué avoir appris mardi qu’un Canadien figurait parmi les victimes, sans donner de renseignements sur son identité, sa confession, son âge ou sa profession.Près de 400 personnes ont péri dans des attaques depuis le 1er mai, selon un bilan établi sur la base de données transmises par des sources sécuritaires et médicales.L’Irak fait face ces dernières semaines à une recrudescence des violences qui fait craindre le retour au conflit confessionnel des années 2006-2007. Face à cette situation, le Premier ministre Nouri al-Maliki a annoncé lundi un changement imminent de sa politique sécuritaire.M. Maliki, qui porte le titre de commandant en chef des forces armées irakiennes, a ordonné des «changements à la tête du commandement des opérations et des divisions» de l’armée, chargés d’assurer la sécurité, a expliqué cette source sous couvert d’anonymat.
Le chef du gouvernement a notamment décidé de démettre de ses fonctions le général Ahmed Hachem, qui dirige le commandement des opérations à Bagdad, selon ce haut responsable proche de M. Maliki.À l’exception de la région autonome du Kurdistan, chaque province irakienne est dotée d’un commandement des opérations qui réunit armée et police et dont l’unique tâche est d’assurer la sécurité.Selon Iraqiya, le chef du gouvernement a décidé ce remaniement mardi «après consultations avec des responsables de la sécurité».