Naissance de SAR Lalla Khadija

Un nouveau centre culturel voit le jour

● 44 artistes ont fait dons de leurs œuvres pour lancer le projet.
● Le centre permettra aux talents du quartier de s’exprimer.

D’autres centres culturels ont été ouverts à Sidi Moumen.

15 Mai 2013 À 14:25

La fondation Ali Zaoua célèbre le dixième anniversaire des attentats du 16 mai par la création d’un centre culturel et artistique à Sidi Moumen. Le début de la collecte des fonds qui permettront la réalisation de cet espace commence aujourd’hui. En effet, Nabil Ayouch et l’artiste peintre et écrivain Mahi Binebine organisent ce 16 mai, à travers la Fondation Ali Zaoua, une vente aux enchères dont les recettes seront consacrées à la construction du centre culturel. «Pendant les deux ans qu’ont duré la préparation et le tournage des “Chevaux de Dieu”, je me suis rendu compte à quel point ce quartier avait besoin d’être reconnecté au reste de la ville.

Ce lien culturel et identitaire passe par l’ancrage d’un véritable projet qui prend racine à Sidi Moumen et permet aux nombreux talents dont regorge ce quartier de s’exprimer», affirme Nabil Ayouch. Il n’y a pas mieux que les arts pour créer l’équilibre dans des zones marginalisées de la métropole comme Sidi Moumen. Ce genre de quartier porte souvent l’étiquette de point noir dénué de toute créativité, de savoir-faire et même de savoir-vivre, alors que la réalité est tout autre. «Sidi Moumen a beaucoup changé. Ses jeunes sont à l’origine de plusieurs initiatives citoyennes. Mieux encore, le quartier abrite des cadres, des artistes, des investisseurs, des acteurs civils et bien d’autres jeunes qui n’attendent que l’occasion pour montrer leurs talents», nous confie un habitant de Sidi Moumen. «Qu’on soit pauvre ou qu’on habite loin du centre de la métropole ne signifie pas forcément qu’on est dépourvu de talent», ajoute une autre jeune du quartier. Et d’ajouter que la création d’espaces culturels ne peut qu’encourager l’émancipation et la productivité des habitants de régions «considérées comme démunies».

La culture et les arts jouent ainsi un rôle important pour créer l’équilibre au sein de Sidi Moumen et reconsidérer ce quartier qui garde malgré lui le souvenir des attentats terroristes du 16 mai 2003. Une donne bien assimilée par les autorités locales qui n’hésitent plus à accompagner ces initiatives. En ayant accès à une culture de proximité, la jeunesse de Sidi Moumen pourra raconter son vécu, ses soucis et surtout exposer ses problèmes. De fait, elle se soulagera des pressions et des jugements de valeur qui pèsent sur elle.

Des centres comme celui de la Fondation Ali Zaoua ou le Centre pour le développement humain de Sidi Moumen qui abrite l’école des métiers du cinéma permettraient de découvrir des stars casablancaises qui pourraient émerger sur la scène nationale et internationale, comme c’est le cas dans les banlieues de France. Conscients de l’importance de ce type d’espace de culture et de créativité, plusieurs artistes marocains participent au lancement du nouveau centre. «Mahi et moi avons contacté les plus grands artistes contemporains marocains et tous, sans exception, ont accepté de donner une ou plusieurs œuvres pour la réalisation de ce centre. Certains ont même proposé de venir donner de leur temps pour animer des ateliers.

Je ne suis pas surpris par cet élan de solidarité, propre à notre culture, mais je trouve l’engagement de tous ces artistes très rassurant pour l’avenir de notre pays et leur suis reconnaissant», explique Nabil Ayouch. En tout, 41 artistes peintres, sculpteurs, photographes et collectionneurs privés ont déjà témoigné de leur générosité en offrant des pièces d’art de valeur. 66 œuvres seront vendues aux enchères le 16 mai, par la maison CMOOA.

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