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Obama met en garde contre une guerre perpétuelle

Le Président américain a encadré le recours aux drones et relancé les efforts pour tenter de fermer la prison de Guantanamo.

24 Mai 2013 À 15:27

Barack Obama a davantage encadré le recours aux drones armés, relancé les efforts pour tenter de fermer la prison militaire de Guantanamo et mis en garde jeudi contre une «guerre perpétuelle» des États-Unis contre les extrémistes, selon lui «perdue d’avance». Dans un discours mettant à jour la stratégie antiterroriste américaine, le président a révélé qu’il avait signé un nouveau mémorandum énonçant les circonstances dans lesquelles son pays pouvait avoir recours à des frappes d’aéronefs sans pilotes à l’étranger.

Ce texte précise que les personnes visées par ces bombardements doivent représenter une menace «imminente» contre les Américains. «Les États-Unis n’utilisent pas de frappes lorsque nous avons la possibilité de capturer des terroristes, notre préférence est toujours de les capturer, de les interroger et de les poursuivre en justice», a assuré le président. Il a en outre cherché à élargir le champ de la discussion en prévenant que «nous ne pouvons pas avoir recours à la force partout où s’enracine une idéologie radicale. Et en l’absence d’une stratégie qui réduirait l’extrémisme à la source, une guerre perpétuelle - via des drones, des commandos ou des déploiements militaires - serait perdue d’avance». Dans ce discours d’une heure, il est par ailleurs revenu sur le cas d’Anwar Al-Aulaqi, au lendemain de l’aveu par son gouvernement qu’il était responsable de la mort de cet imam radical américano-yéménite dans un bombardement de drone au Yémen en septembre 2011, dénoncée par certains groupes comme contraire à la Constitution. Lors de ce discours, M. Obama a aussi annoncé qu’il allait lever le moratoire sur le transfèrement vers le Yémen de détenus de la prison militaire de Guantanamo à Cuba, tout en prévenant que les dossiers de ces prisonniers feraient l’objet d’un examen «au cas par cas». Le gouvernement de Sanaa a salué cette initiative.

Alors que 103 des 166 détenus restant à Guantanamo sont en grève de la faim, M. Obama a répété son intention de fermer à terme la prison, une vieille promesse de campagne jusqu’ici non concrétisée. Les adversaires républicains de M. Obama ont réagi fraîchement à cet appel, le président de la commission des affaires étrangères de la chambre, Ed Royce, estimant que «le président continu (ait) à sous-estimer la grave menace qu’Al-Qaïda et ses terroristes». Même le sénateur John McCain, favorable à la fermeture de la prison, a dénoncé l’absence de «plan cohérent» tandis que son collègue Saxby Chambliss reste opposé à la libération des prisonniers, qualifiant les 166 détenus des «plus horribles (...) tueurs du monde». Le discours présidentiel n’a pas non plus convaincu les défenseurs des droits de l’Homme : l’influente organisation ACLU a ainsi estimé qu’«il faut faire sortir notre pays du sentier de la guerre dès maintenant, pas dans un avenir non précisé». Et elle a aussi affirmé que les tribunaux militaires d’exception «inconstitutionnels» devaient être «dissous, pas déplacés sur le sol américain».

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