08 Mai 2013 À 16:17
La Russie et les États-Unis se sont entendus mardi à Moscou pour inciter le régime syrien et les rebelles à trouver une solution politique au conflit et pour encourager l’organisation «au plus vite» d’une conférence internationale sur la Syrie. Au cours de sa première visite en Russie en tant que secrétaire d’État américain, John Kerry s’est entretenu pendant plusieurs heures avec le Président Vladimir Poutine puis avec le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov jusque tard dans la soirée. «Nous nous sommes mis d’accord pour que la Russie et les États-Unis encouragent le gouvernement syrien et les groupes d’opposition à trouver une solution politique» au conflit, a déclaré M. Lavrov aux côtés de M. Kerry, lors d’une conférence de presse qui s’est achevée après minuit.
La Russie et les États-Unis se sont aussi accordés sur la nécessité de tenter d’organiser «au plus vite» une conférence internationale sur la Syrie, si possible ce mois-ci, a ajouté M. Lavrov.L’accord de Genève sur la Syrie, conclu le 30 juin par les grandes puissances, a défini la voie à suivre pour instaurer un gouvernement de transition, sans mentionner le sort du président Bachar al-Assad, faisant l’objet de divergences entre Moscou et Washington. Cet accord n’a jamais été appliqué, car le cessez-le-feu temporaire prévu dans l’accord n’a jamais été appliqué. «Nous pensons que le communiqué de Genève est la voie à suivre pour mettre fin à l’effusion de sang en Syrie», a déclaré pour sa part M. Kerry. Il a souligné que la conférence internationale sur la Syrie souhaitée par la Russie et les États-Unis devrait se tenir «dès que possible». «Sa tâche spécifique va consister à réunir les membres du gouvernement et de l’opposition afin d’examiner comment ils peuvent appliquer ce que préconise le communiqué» de Genève, a expliqué M. Kerry. «Une solution négociée est le procédé nécessaire pour mettre fin à l’effusion de sang en Syrie», a-t-il ajouté.Le secrétaire d’État américain a mis en exergue les discussions «très productives, très chaleureuses et amicales» qu’il a eues plus tôt la journée avec Vladimir Poutine - rencontre qui a débuté avec quatre heures de retard sans la moindre explication. M. Lavrov a lui réaffirmé que le départ d’Assad - réclamé avec insistance par les Occidentaux - ne devait pas être une condition préalable pour des pourparlers de paix, tout en insistant sur le fait que la Russie ne l’encourageait pas à rester au pouvoir.
Washington cherche à convaincre Moscou, un des derniers soutiens du régime de Bachar al-Assad auquel il vend des armes, d’user de son influence pour tenter de mettre fin aux hostilités en Syrie qui ont fait plus de 70 000 morts en deux ans. La visite de M. Kerry coïncide avec le premier anniversaire de l’investiture de Vladimir Poutine, le 7 mai 2012, pour un troisième mandat de président, au cours duquel ces relations bilatérales se sont fortement détériorées. M. Kerry devait rencontrer mercredi matin, avant de s’envoler pour Rome, des représentants de la société civile russe sur fond d’atteintes aux libertés dénoncées par l’opposition et les ONG depuis le retour au Kremlin de Vladimir Poutine, après deux mandats de président en 2000-2008, suivis d’un intermède de quatre ans comme Premier ministre.