La Coalition nationale de l’opposition syrienne entame jeudi à Istanbul une réunion de trois jours pour discuter de sa participation à la conférence de paix internationale «Genève 2», au lendemain d’une réunion des «Amis de la Syrie» à Amman où il a été jugé que le président Bachar al-Assad n’aurait aucun rôle à jouer dans le futur de la Syrie.
Les opposants syriens sont pressés par leurs soutiens occidentaux et arabes de s’asseoir à la table des négociations avec des représentants du régime dans le cadre d’une conférence internationale dite «Genève 2», prévue en juin et initiée par les États-Unis et la Russie pour trouver une solution politique au conflit qui ensanglante la Syrie depuis plus de deux ans. La participation de l’opposition sera donc au cœur des débats à Istanbul, mais sans certitude de parvenir à une décision, de l’avis de nombreux membres de la Coalition.
«Ce qui est clair, c’est que nous avons besoin de garanties internationales sur le départ de Bachar al-Assad», a déclaré Abdelbasset Sayda, un de ses membres, martelant qu’il «n’y aura pas de négociation avec le régime si elle ne comprend pas la chute d’Assad».
«Dans quelle mesure les révolutionnaires sur le terrain accepteraient-ils que la Coalition aille négocier sans que cette condition soit remplie ? Je pense que les révolutionnaires tourneraient totalement le dos à l’opposition politique», a expliqué à l’AFP Samir Nashar, un autre membre de la Coalition.
À l’issue de la réunion des «Amis de la Syrie» à Amman mercredi, les onze pays participants dont les États-Unis ont convenu dans une déclaration commune que «Bachar al-Assad, son régime et ses proches qui ont du sang sur les mains ne pourront tenir aucun rôle dans le futur en Syrie».
Le groupe a également annoncé qu’il continuerait d’aider les rebelles jusqu’à ce que Bachar al-Assad parte.
Les chefs de la diplomatie britannique William Hague et français Laurent Fabius ont lié tout règlement de la crise en Syrie à un départ du président Assad. «Nous n’avons jamais pu envisager une solution impliquant son maintien» au pouvoir, a assuré M. Hague.
«Les pouvoirs qui se trouvent aujourd’hui aux mains du président (Assad) seront aux mains d’un gouvernement de transition», a souligné M. Fabius. La réunion d’Istanbul intervient dans un contexte critique sur le terrain pour l’opposition, avec le lancement ces derniers jours par l’armée syrienne, épaulée par le mouvement chiite libanais Hezbollah, d’une vaste offensive sur Qousseir, une ville stratégique de l’ouest de la Syrie tenue par les insurgés.
Le président par intérim de la Coalition, George Sabra, a appelé mercredi l’ensemble de la rébellion à venir défendre la ville, victime selon M. Nashar d’un régime qui cherche à «changer la situation sur le terrain militairement pour avoir la haute main lors des négociations». À Istanbul, la Coalition nationale de l’opposition doit également élire ses nouveaux dirigeants alors que le régime de Damas a lancé un assaut d’envergure contre les rebelles.
Dans la capitale jordanienne, le secrétaire d’État américain John Kerry a pour sa part appelé le président Assad à «s’engager en faveur de la paix».
