22 Mai 2013 À 17:08
Les chefs de file des trois partis politiques de la mouvance gauche sont on ne peut plus clairs : l’heure est à l’unification des rangs. La décision n’est pas dictée par la conjoncture que traverse le pays suite à la tentative du parti de la balance de se retirer du gouvernement. Le projet que préparent les trois formations (USFP, PT et PS) est beaucoup plus important, souligne le premier secrétaire du parti de la rose, Driss Lachgar. Il concerne une union de trois forces militantes en vue d’édifier un modèle de société moderne. En effet, malgré la différence des visions, les trois partis souhaiteraient se serrer les coudes en vue de créer un grand parti socialiste. Le rêve ne date d’ailleurs pas d’aujourd’hui. D’après Abdelkrim Benatiq, secrétaire général du parti socialiste, qui s’exprimait mercredi dernier lors d’une rencontre organisée au siège de l’USFP à Rabat, cette ambition a été nourrie par les trois formations politiques depuis 2009, mais toutes les conditions n’étaient pas à l’époque réunies pour entamer ce processus.
La conjoncture n’était pas appropriée, aussi le parti de la rose était talonné par les échéances de 2009 et devait se préparer à ces élections. Les tendances au sein de la structure interne du parti étaient divergentes. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. «Nous avons décidé de concrétiser l’espoir de cette union à travers l’ouverture du scénario de la fusion, qui sera d’ailleurs présenté aux instances décisionnelles au sein des trois partis», souligne le secrétaire général du Parti travailliste. L’objectif serait de renforcer la position du parti de la rose sur la scène politique et de mieux contribuer à préserver les acquis et réussir la transition démocratique que connaît le pays. «La fusion n’est pas à l’ordre du jour actuellement autant qu’il est question d’unifier les visions et le travail collectif afin de mettre en œuvre un programme socialiste démocratique pour pouvoir confronter les forces conservatrices et celles capitalistes qui menacent aujourd’hui de porter atteinte aux acquis constitutionnels, politiques et culturels», renchérit le premier secrétaire de l’USFP.
Sans évoquer directement le parti le plus fort de la majorité, à savoir le PJD, les messages des trois leaders socialistes étaient à peine voilés. Les chefs de file des trois formations politiques souhaiteraient se mettre au diapason des forces vives du pays en vue d’édifier un modèle sociétal moderne, contre le modèle conservateur porté par des partis traditionnels. Ce projet sera mis en œuvre grâce à une feuille de route que les trois partis comptent définir avec les instances décisionnelles (comité exécutif) de chaque formation.
La première étape pour la concrétisation de cette ambition a été franchie au cours de cette rencontre avec la signature hier d’une déclaration entre les chefs de file des trois partis, Driss Lachgar, Abdelkrim Benatiq et Abdelmajid Bouzoubaâ. Ce dernier a procédé à la lecture de «la déclaration pour l’union». Le document reprend noir sur blanc l’ambition des trois partis d’unifier leurs efforts malgré les différences de points de vue afin d’atteindre une fusion générale.