Préparatifs du mariage

L’ascension des «Wedding Planners» !

,LE MATIN
02 Septembre 2013
Preparatifs-du-mariage.jpg Aux Etats-Unis, 85% environ des mariages sont organisés par des «Wedding Planners» .

Les faits : Le «Wedding Planner», ou organisateur de mariage, est une personne qui accompagne les futurs mariés dans la préparation de leur cérémonie de mariage via différents services. Et faire appel à une personne extérieure à sa famille pour organiser le mariage de ses rêves est de plus en plus courant au Maroc.

Le terme de «Wedding Planner» (qu’on traduit littéralement par planificateur de mariage, ndlr) nous vient tout droit des États-Unis. D’ailleurs, on estime que 85% des mariages américains sont organisés par ces consultants. Et même si ce taux et évidemment bien plus bas au sein du Royaume, la profession se développe tout de même depuis quelques années. Ce sont généralement des personnes ayant de petites sociétés employant une dizaine de personnes.

C’est le cas de Fatima-Zahra Hillion, une «Wedding Planner» qui a lancé son entreprise il y a bientôt cinq ans. «Au début, ce qui a lancé ma société “La Comtesse”, c’est tout simplement le bouche à oreille», explique la jeune femme âgée d’une trentaine d’années. «Le fait que mes clients me recommandent, mais également les médias, a vraiment permis de me faire connaitre. Les réseaux sociaux ont eux aussi leur part là-dedans». D’autre part, la jeune femme confie que le fait que son métier soit trop peu connu des Marocains lui fait de la peine : «Ce n’est pas ma société que j’aimerais faire connaître en premier lieu, mais plutôt ce métier, car on le confond toujours avec celui du traiteur ou de la “neggafa”», ajoute-t-elle.

On ne peut pas plaire à tout le monde

Le développement de cette profession émane de l'augmentation de la charge de travail liée à l'organisation d'un mariage. En effet, face à des tâches toujours plus complexes, les mariés préfèrent demander de l’aide aux professionnels. Le niveau d'exigences et de préparation d'un tel évènement nécessite d’ailleurs beaucoup de temps. Et dans une société où les mariés (et même les parents) travaillent, il est difficile de trouver le temps de tout organiser.
Bien évidemment, la famille est encore très présente lors des préparatifs. Et c’est souvent accompagnés de leurs mères respectives que les mariés rendent visite à leur conseiller. Fatima-Zahra se souvient de ces moments : «J’assiste souvent à un conflit de génération entre les mariés et leurs mères», indique la «Wedding Planner». Avant de reprendre. «Les mamans restent accrochées aux traditions alors que leurs enfants veulent que je leur apporte la touche de modernité dont ils rêvent tant. Alors j’essaye d’être diplomate et de satisfaire tout le monde. Mais ma priorité reste évidemment les mariés. Ainsi, sans jamais rien imposer, j’essaye de conseiller au mieux les futurs mariés», révèle Fatima-Zahra. «Évidemment ça m’est arrivé de faire face à des mamans pas satisfaites. Parfois, quand tout se termine, je fais face à des critiques de leur part et je deviens quelque peu le bouc émissaire. Mais ce qui m’importe tant c'est le bonheur des mariés. Et ma plus grande satisfaction est quand les mariés viennent me voir après la réception pour me dire que c’était exactement comme cela qu’ils imaginaient leur mariage», confie la «Wedding Planner».

Des prestations à la carte

Généralement, les «Wedding Planners» couvrent l’ensemble du territoire. Et pour ce qui est des prestations, tout le monde y trouve son compte. «Mes prestations commencent à partir de 12 000 DH», souligne Mme Hillion. «Bien sûr, il a beaucoup de critères à prendre en compte comme le choix de la ville, le nombre d’invités ou des préparatifs à organiser». Chez «La Comtesse», on distingue trois prestations différentes que nous explique la «Wedding Planner».
Il y a tout d’abord, l’organisation totale qui inclut donc une prise en charge de l'organisation du mariage de A à Z. Puis, il y a l’organisation à la carte. Si jamais les futurs mariés ne trouvent pas d’artistes ou de décorateurs qui leur plaisent, la «Wedding Planner» complète les besoins restants.
Enfin, il y a la coordination du jour J. Suite à quelques entretiens pour faire connaissance, la «Wedding Planner» propose ses services pour veiller au bon déroulement de la réception.



Questions à : Fatima-Zahra Hillion, âgée de 36 ans,

«Wedding Planner» depuis cinq ans Quelle est votre formation ?
Je suis diplômée de l’Université de Montpellier (en France). J’ai un cursus de gestion touristique. Ensuite, j’ai fait une formation dans la communication et l’événement. Malheureusement, je n’ai pas encore eu la chance de faire de stage au sein d’une agence de Wedding Planning, mais je projette d’aller aux États-Unis pour suivre une formation (lors de la basse saison).
Cela me permettra d’approfondir mes connaissances. D’ailleurs, les gens sont maintenant mieux renseignés sur le métier et deviennent donc plus exigeants. Alors je dois vraiment parfaire mes connaissances pour moi-même, mais aussi pour créer ma propre formation (qui serait la première du genre au Maroc, ndlr).
Sinon, j’ai plusieurs collaborations avec de prestigieux prestataires. J’ai également un partenariat avec un cabinet de Wedding Planner en France. De plus, j’ai un suivi avec une conseillère en image et une décoratrice. Et depuis le lancement de mon entreprise, il y a presque 5 ans, j’ai organisé 35 mariages.

Quelle est la plus grosse folie qu’on vous ait demandé de réaliser ?
C’était une arrivée en montgolfière, le mariage se déroulait à Marrakech et pour l’occasion, on a fait venir la montgolfière de France. Il y a eu beaucoup de choses à régler comme les éclairages, car ils devaient être spécifiques…
Mais en réalité, j’avais surtout très peur que quelque chose se déroule mal. Mon cœur s’est calmé une fois seulement que les mariés avaient les deux pieds sur le sol !
N’est-ce pas difficile de concilier ce métier et une vie de famille ?
Il est vrai que c’est difficile de se fixer un jour de repos ou de prendre des congés. En fait, quand il y a de la demande, je travaille. Pendant le mois de ramadan par exemple, j’avais envie de prendre une pause, mais j’ai eu des appels et il m’était impossible de ne pas y répondre. C’est très éprouvant comme métier, alors pour ne pas être surchargée, je n’accepte pas plus d’un mariage par semaine. Heureusement, je ne suis pas seule. J’ai une équipe de six assistants qui m’aident à tout encadrer. Et le jour J, je peux également engager une quinzaine de personnes pour des extras. Généralement, tout le monde me parle du stress, mais moi ce stress me booste. Sinon, lors de la basse saison, j’en profite pour faire des repérages sur tout le Maroc.

E-MATIN
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