08 Décembre 2014 À 20:39
Après plusieurs mois de luttes intestines, la Confédération démocratique du travail (CDT) se sépare de son courant réformateur. Initié le 17 mai dernier par un groupe de militants, à leur tête Mustapha Chtatbi et Abdelali Gmira, le courant a fini par rompre définitivement avec le bureau central de la CDT et annoncer la création d’une nouvelle entité syndicale qui porte le nom de la Confédération générale du travail (CGT).
Réunis le 22 novembre dernier à Rabat, les membres du courant avaient élu Abdelali Gmira au poste de secrétaire général de la CGT. Les militants avaient aussi procédé à la préparation et l’adoption des statuts du nouveau syndicat et à l’élection de son conseil national constitué de 81 membres. La prochaine phase est la préparation du congrès national qui aura lieu avant la fin de l’année, nous apprend le vice-président de la nouvelle centrale, Mustapha Chtatbi. Le courant réformateur au sein de la CDT s’était réuni la première fois le 17 mai dernier, à Rabat, afin d’exprimer son rejet des méthodes de gestion du syndicat présidé par Noubir Amaoui depuis 1978. Contacté par «le Matin», M. Chtatabi a affirmé que des secteurs entiers ont quitté la CDT pour rejoindre les rangs du nouveau-né. Le responsable cite, entre autres, les représentants de l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE) et l’agence marocaine de presse (MAP). Revenant sur les raisons de cette rupture, M. Chtatbi dénonce «les interventions du bureau exécutif de la centrale dans les affaires internes des syndicats nationaux». Le syndicaliste souligne aussi que le courant a toujours demandé la tenue d’un congrès national extraordinaire afin d’élire les nouveaux leaders de la CDT et mettre fin à «la domination des retraités qui n’ont plus aucun droit légalement à la gestion du syndicat». Contactés par «Le Matin», au lendemain de l’émergence du courant réformateur, plusieurs dirigeants de la CDT avaient préféré garder le silence, certains d’entre eux avaient refusé d’accorder une grande importance au sujet, qui a fini pourtant par scinder à nouveau la centrale.