Alcatel-Lucent met fin à plusieurs jours de polémiques en décidant de réduire de près de moitié les primes versées à son ex-patron, Michel Combes. Ces dernières ont été ramenées d’environ 14 millions d’euros sur trois ans à 7,9 millions. «Dans la foulée de la révélation du montant des différentes primes et clauses liées en partie au départ de Combes, le Medef, ainsi que l'Association française des entreprises privées (Afep), avaient annoncé saisir leur Haut Comité de gouvernance des entreprises afin d'étudier les conditions de départ de l'ancien directeur général», affirme l’AFP.

L'Autorité des marchés financiers (AMF), qui avait émis un premier avis fin juillet, souhaitait désormais examiner de possibles «irrégularités» ; en particulier concernant des informations données à la presse ces derniers mois sur la rémunération de l’ex-patron, et quant à la clause de non-concurrence. Désormais, l'ex-directeur général du groupe percevra au maximum 4,8 millions d'euros correspondant à sa «rémunération variable pluriannuelle», et ce dans le cas unique de la «réussite de l'opération de rapprochement avec Nokia», a détaillé l'équipementier en télécoms dans un communiqué. Cette rémunération inclut les stock-options prévues dans son contrat, pour un montant maximum ramené à 184.000 euros, a-t-on précisé à l'AFP chez Alcatel-Lucent. Par ailleurs, Combes recevra 3,1 millions d'euros au titre de sa clause de non-concurrence, un montant revu à la baisse, «dans la moyenne de ce qui se pratique en France», précise le groupe, et pour une durée portée désormais à 40 mois, au lieu de 36 initialement.

«Quand il y a eu ouverture des négociations concernant la clause de non-concurrence avec Combes, il n'y avait aucune certitude quant au fait qu'il allait rejoindre Altice.
En revanche, cela a pu orienter son choix et le pousser à accepter cette position plutôt qu'une autre», explique-t-on chez Alcatel-Lucent pour justifier cette clause. Mais la pertinence de cette clause avait été remise en question par le cabinet spécialisé dans la gouvernance d'entreprises Proxinvest qui estimait qu'il y avait «eu modification des conditions que l'on met à la charge des actionnaires», le poussant, entre autres raisons à saisir l'AMF le 1er septembre.