Économie

Gouvernance publique

Il n’y a pas de mystère !

author LE MATIN

Instaurer une forte culture d’imputabilité, c'est le point de départ de toute action publique qui veut s’inscrire dans la performance et surtout dans la durée.

Instaurer une forte culture d’imputabilité, c'est le point de départ de toute action publique qui veut s’inscrire dans la performance et surtout dans la durée.

Par Nabil Adel M. Adel est chef d'entreprise, consultant et professeur d’Économie, de stratégie et de finance. Il est également directeur général de l'Institut de Recherche en Géopolitique et Géo-économie à l'ESCA. [email protected]

Au moment où l’État se veut stratège dans ce pays, ses actions sont de plus en plus inefficaces, comme en témoignent nos faibles taux de croissance économique, nos taux de chômage structurellement supérieurs à 9% (soit plus d’un million de Marocains à la recherche d’un emploi) et l’incapacité des différents plans sectoriels à produire les résultats escomptés. Derrière cette faiblesse de l’action publique, il y a pourtant une explication qui tient à la qualité de la gouvernance. Celle-ci doit faire l’objet d’une refonte profonde pour cesser d’être un handicap. Ça dure depuis plusieurs années déjà et il est temps d’agir.

Aujourd’hui, l’État doit être au centre des initiatives de développement, en tant que stratège, car le secteur privé peine à être une vraie locomotive pour l’économie nationale, en raison de ses propres faiblesses. Le rôle qui convient le mieux à notre stade de développement est celui d’un État qui se substitue par moments au privé. Il s’agit d'un État investisseur, gestionnaire et même employeur, en plus de ses attributions régaliennes. Cette lourde charge, à ce tournant décisif de notre histoire, peut toutefois se révéler néfaste, si les conditions de bonne gouvernance publique ne sont pas réunies. En effet, sans gouvernance forte et un strict contrôle de ses actions par les citoyens, à travers des institutions démocratiquement élues, un État, disposant des moyens financiers que lui procurent les impôts et la parafiscalité, les revenus des entreprises publiques et enfin l’endettement, tend à dégénérer en instrument de répression dont les actions économiques sont inefficaces, voire contreproductives. Le Maroc ne souffre ni de trop ni de peu d’administration. Le problème est ailleurs. Il réside dans l’insuffisante prise en compte par les décideurs de la dimension qualitative de l’action publique. Celle-ci se résume, à notre sens, à deux dimensions fondamentales.

La première dimension est celle de la conception et de l’exécution des politiques de développement. Si la démarche est indéniablement volontariste, elle pèche, en revanche, par excès d’optimisme dans la conception et les projections, et par limite dans l’allocation tant qualitative que quantitative des moyens nécessaires à leur bonne exécution. Le Plan Azur nous fournit, à ce titre, une illustration qui se passe de tout commentaire. Alors que le Maroc visait à atteindre 20 millions de touristes en 2020, ils ne sont que 10,2 millions de touristes à avoir choisi le Maroc en 2015, dont plus de 45% sont des Marocains résidant à l'étranger. Certains de nos compatriotes à l’étranger font même plusieurs entrées et sorties dans l’année et sont donc comptabilisés autant de fois. Quant aux moyens, alors qu’on devait se doter d’une capacité additionnelle de 200.000 lits à l’horizon 2020 (soit 20.000 lits supplémentaires par an), nous n’en avons réalisé que 7.735 par an entre 2010 et 2013. En 2015, cette capacité a certes grimpé à 9.017 lits, mais demeure largement en deçà des objectifs.

La fortune de beaucoup de projets lancés en grande pompe n’est hélas pas différente de celle du Plan Azur. Tout se passe comme si nos responsables se sentent obligés, sous les dictats des caméras, d’annoncer des chiffres trop ambitieux pour que leurs plans jouissent de la crédibilité nécessaire et se soucient très peu de leur réalisme, dont ils n’auront certainement pas à rendre compte, le moment venu. Ceci nous amène à notre deuxième grande lacune, en matière de gouvernance et d’exécution des politiques économiques, à savoir la quasi-absence de la culture d’imputabilité et le devoir de «rendre des comptes». Pour s’en convaincre, il suffit de retracer le sort réservé aux différents rapports de la Cour des comptes lorsqu’ils pointent des manquements flagrants à la bonne gestion des administrations et des établissements publics. Ainsi, quand la dilapidation des deniers publics, la faible exécution des projets (en termes de qualité, de délais et de budgets) ou la mauvaise gestion des organisations publiques ne sont pas sanctionnées et deviennent des actes normaux, le pays cultive la corruption, la médiocrité et le laxisme qui l’enfoncent davantage dans le sous-développement économique et la misère sociale. Rares sont les pays qui ont réussi leur décollage sans avoir assaini profondément leurs administrations et instauré une forte culture d’imputabilité. C’est le point de départ de toute action publique qui veut s’inscrire dans la performance et surtout dans la durée.

D’ailleurs, le classement de la Banque mondiale des pays selon leur capital immatériel (sur lequel nous émettons beaucoup de réserves tant idéologiques que méthodologiques) consacre une part non négligeable à l’efficacité et à l’indépendance des institutions politiques, outre la qualité du capital humain. En effet, des ressources humaines bien formées et épanouies sont nécessaires au développement d’un pays, mais sont insuffisantes en l’absence d’institutions publiques dotées d’une gouvernance forte, à même d’encadrer la tendance naturelle des individus au laxisme et à la négligence, en l’absence de contrôle et de sanction.
Le manque de sérieux et de rigueur dans notre gestion publique est à l’origine de nos performances économiques moyennes et de notre recul continu dans les classements internationaux. L’incapacité des politiques économiques menées par les différents gouvernements à opérer la rupture nécessaire trouve son origine dans notre faible modèle de gouvernance de l’action publique, censée pourtant être la pierre angulaire de la politique de développement. Après avoir été la 55e économie mondiale en termes de produit intérieur brut en 2000, nous sommes désormais 62es. Décevant pour un pays aspirant à l’émergence !


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