Économie

Échanges extérieurs

Le patriotisme économique des Marocains du monde

author LE MATIN

Presque un touriste sur deux (48% des touristes) est un MRE, selon les statistiques du ministère du Tourisme. Ils sauvent ainsi doublement notre balance des paiements (transfert durant l’année et dépenses touristiques pendant  les vacances).

Presque un touriste sur deux (48% des touristes) est un MRE, selon les statistiques du ministère du Tourisme. Ils sauvent ainsi doublement notre balance des paiements (transfert durant l’année et dépenses touristiques pendant les vacances).

C’est la fin de la période estivale et les Marocains résidant à l’étranger (MRE) prennent le chemin du retour vers leurs pays d’accueil. Pendant toute une année, loin des leurs, dans des pays de plus en plus islamophobes, ils vont transférer des fonds en devises qui viendront payer la plus grande partie de nos importations et permettront à des familles entières de disposer d’une source de revenus. Si les chiffres de l’Office des changes concernant ces transferts nous éclairent sur l’importance financière des Marocains du monde, les faits nous forcent à considérer à sa juste valeur et à respecter leur soutien à l’économie de leur pays.

Les transferts des MRE avaient atteint, pour la seule année 2014, le montant de 59,9 milliards de dirhams, en progression de 3,7% par rapport à 2013. En 2015, ils ont franchi la barre symbolique des 60 milliards, à 61,7 milliards de dirhams, soit une variation de 2,9%. Sur une plus longue période, entre 1980 et 2014, les flux de revenus en provenance de nos compatriotes à l’étranger ont augmenté en moyenne de 8,2% par an, soit un 1 point de plus que toute l’économie marocaine, dont le PIB s’est accru de 7,2% sur la même période. Cette évolution a renforcé la dépendance de l’économie nationale des transferts des MRE. Alors qu’ils représentaient à peine 4,8% du PIB en 1980, ils en pèsent désormais 6,5% en 2015, après avoir culminé à 8,5% en 2007.
Depuis l’éclatement de la crise de 2008, la cadence des transferts a sensiblement baissé, mais demeure globalement dans la moyenne historique (6,6% du PIB entre 1980 et 2014). En effet, la crise économique qui perdure dans les principaux pays d’accueil et qui affecte en particulier la population des immigrés, notamment ceux en situation irrégulière, obère cette capacité de transfert.

Par pays, la France est la première zone de transfert des Marocains du monde avec plus de 36% du volume en 2014, suivie de loin par l’Italie à 9,3% et l’Espagne à 8,5%. Le poids important de la France s’explique par des raisons historiques liées à l’ancienneté de la présence marocaine sur son territoire. Celle-ci est observée dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec les efforts de reconstruction d’un pays ravagé par la guerre et auxquels la première génération d’immigrés marocains avait fortement contribué. Toutefois, cette prédominance a tendance à s’estomper avec le temps. Ainsi, en 1982 les transferts en provenance des Marocains de France représentaient 71,2% de l’ensemble des flux, soit environ deux fois plus que leur niveau en 2014. Notons que depuis 2008, la physionomie des transferts des MRE a été modifiée au profit des pays arabes, notamment les Émirats arabes unis (7% des transferts en 2014 contre 2,3% en 2004) et l’Arabie saoudite (6,1% en 2014 contre 1,6% en 2004). Ces deux pays du Golfe sont désormais classés respectivement quatrième et cinquième, en termes de transferts.

Importance et impact

Les flux des MRE sont la première source de devises étrangères pour le Maroc. Ainsi en 2014, ils représentaient 17,8% des recettes externes devant le Tourisme (14% des entrées en devises), les exportations d’automobiles et de ses composantes (11,9%), les exportations de phosphates et ses dérives (11,5%), et les investissements directs étrangers (8,9% des devises). En 2015, ces transferts en provenance de nos compatriotes à l’étranger ont permis de financer 40,8% du déficit de la balance commerciale, soit un record depuis 2007 (où ils avaient financé 40,5% du déficit). En 2015, ces mêmes transferts ont payé plus de 93% de notre facture énergétique.

Les entrées en devises en provenance des MRE permettent non seulement de combler le déficit chronique des échanges extérieurs du Maroc, signe d’une insuffisante compétitivité à l’export de nos entreprises, mais créent également une dynamique économique intérieure. Ainsi, leurs transferts constituent une part importante des revenus de plusieurs banques et compagnies d’assurances qui font de l’attraction de ce segment de clientèle une priorité stratégique. Par ailleurs, presque un touriste sur deux (48% des touristes) est un MRE, selon les statistiques du ministère du Tourisme. Ils sauvent ainsi doublement notre balance des paiements (transfert durant l’année et dépenses touristiques pendant les vacances). Ils représentent par conséquent le véritable Capital immatériel du Maroc. Les MRE sont également de gros investisseurs, notamment dans l’immobilier et l’été est une période de forte activité commerciale pour les promoteurs immobiliers qui y réalisent une part substantielle de leurs chiffres d’affaires.

Sur le plan social, les transferts des Marocains du monde permettent à des familles, pour ne pas dire des régions entières, de disposer d’une source de revenus, compensant le manque d’opportunités de travail, notamment dans les zones les plus défavorisées du Royaume. Le déracinement de millions de Marocains à l’étranger, dont certains ont entrepris le périple au risque de leurs vies, est un acte héroïque qui mérite de notre part du respect, voire de l’admiration.

Leurs transferts apportent une bouffée d’oxygène dont le Maroc ne peut se passer, car les sources alternatives sont très insuffisantes et moins «fidèles» (comme le montre le graphique). Aujourd’hui, quand on paye son plein de diesel, lorsqu'on achète des médicaments de l’étranger ou qu’on se bouscule au Salon de l’automobile pour se procurer le dernier modèle, n’oublions pas qu’on le paye en grande partie grâce au travail de nos compatriotes à l’étranger. 


Par Nabil Adel
M. Adel est chef d'entreprise, consultant et professeur d’Économie, de stratégie et de finance. Il est également directeur général de l'Institut de Recherche en Géopolitique et Géo-économie à l'ESCA.
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