Société

Travail des enfants

Un collectif associatif fustige le projet de loi  sur le travail domestique

author LE MATIN

La moitié des familles émettrices des «petites bonnes» sont pauvres et analphabètes à 94% pour les mères et 72% pour les pères.

Le Collectif pour l’éradication du travail des petites bonnes vient de communiquer sur son plaidoyer à l'occasion du dépôt des amendements concernant le projet de loi 19.12. Le Collectif plaide pour la fixation d’un âge limite de 18 ans au lieu de 16, comme prévu dans le projet de loi.

Le Collectif pour l’éradication du travail des petites bonnes fait encore parler de lui. Cette fois-ci, c'était à l’occasion de la présentation par les groupes parlementaires de leurs propositions d’amendements concernant le projet de loi 19.12 relatif au travail domestique auprès de la commission des affaires sociales de la première Chambre du Parlement. Il est à rappeler que ce projet de loi fixe l’âge minimum pour exercer le travail domestique à 16 ans. «Ceci est en contradiction avec les engagements tels que ratifiés par le Maroc dans le cadre des conventions et instruments internationaux, en particulier les conventions 138 et 182 de l’Organisation internationale du travail (OIT) et la Convention internationale des droits de l’enfant.

Il est également en contradiction avec les avis des deux institutions constitutionnelles, le Conseil national des droits humains et le Conseil économique, social et environnemental, des institutions intergouvernementales, l'Unesco, l’Unicef, de l'Agence des Nations unies chargée du suivi de la Convention internationale des droits de l’enfant et contre les avis des organisations de la société civile investies dans la protection de l’enfant», soutient le Collectif dans un communiqué de presse.
Le Collectif associatif interpelle ainsi «solennellement et à nouveau» les chefs des groupes parlementaires et tous les députés et leur demande de présenter des amendements portant à 18 ans le minimum d’âge pour accéder au travail domestique.

«Le Maroc a ici une occasion de démontrer très concrètement son engagement pour améliorer les conditions de vie de ses enfants et leurs droits, en éradiquant une pratique indigne qui n’honore pas notre pays et qui est contraire aux référentiels internationaux et nationaux en matière des droits humains», précise le Collectif. Tout en soulignant son attachement à l’âge de 18 ans comme minimum pour le travail domestique, le Collectif a réitéré ses doléances au gouvernement pour mettre en œuvre une politique intégrée et multisectorielle de protection de l’enfant contre toutes formes de privation de droits et toutes pratiques qui leur portent atteinte.

Il faudrait également donner un caractère pénal à l’emploi des mineurs dans le travail domestique et se doter d'instruments et de moyens efficaces pour sa mise en œuvre, dont le flagrant délit, propose le Collectif.
Ce dernier recommande par ailleurs la mise en œuvre des dispositions, des instruments et des moyens humains et matériels pour extraire les «petites bonnes» des maisons, les réhabiliter physiquement et psychiquement et les réinsérer en famille et à l’école.

Enfin, il s’agit d’organiser des actions de conscientisation et de sensibilisation, principalement pour les familles et les intermédiaires, pour consolider les droits de l’enfant et mettre en exergue les dangers de l’emploi des mineurs dans le travail domestique.

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