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Renforcement de la coopération Sud-Sud

Un moteur de croissance économique pour les pays africains

author 0 LE MATIN

La conjoncture économique internationale, qui continue de pâtir des retombées de la crise financière internationale, ne fait que se dégrader davantage, comme le laissent croire les derniers rapports des institutions internationales. Une situation économique qui pèse lourdement sur les économies africaines et principalement celles dont les exportations et les recettes budgétaires reposent sur les produits de base.

Vers une réinvention de la diplomatie 

Les dernières projections laissent penser à une poursuite durable de la chute des prix des matières premières. Ce qui veut dire que l’Afrique sera privée, dans les années à venir, de l’un des trois éléments ayant nourri la croissance économique régulière qui s’est étalée sur la période allant de 1990 à 2008, à savoir l’appréciation des cours des produits de base. Toutefois, cette analyse devrait être nuancée dans la mesure où la croissance africaine repose sur d’autres moteurs. Il s’agit des réformes économiques et politiques internes : amélioration de la gouvernance et du climat des affaires, investissement dans les infrastructures et la mise en place de nouvelles politiques d’industrialisation.
Aussi, la coopération Sud-Sud devrait être considérée, au regard des promesses de transfert technologique, d’échanges d’expériences, de formation des ressources humaines, de renforcement de l’intégration africaine, de redéfinition de la place de l’Afrique dans la nouvelle gouvernance mondiale, comme un déterminant important de la croissance économique en Afrique. D’où l’importance, malgré la conjoncture défavorable, de poursuivre les efforts consentis en ce sens. L’objectif étant de faire émerger, chemin faisant, de nouveaux modèles de développement, qui ne dépendent pas uniquement de la conjoncture internationale. Il s’agit, entre autres, de la mobilisation des sources de financement endogène, de la création des complémentarités entre pays africains, de la valorisation des ressources spécifiques et la création de nouveaux avantages comparatifs collectifs et dynamiques, etc.

Il est important de souligner, à cet égard, que le renforcement de la coopération Sud-Sud nécessite des diplomates rompus à la culture de notre continent. En effet, la connaissance et la maîtrise de la culture et des spécificités africaines devraient être un préalable au recrutement des diplomates appelés à servir leurs pays dans d’autres pays africains. Toute diplomatie, qu’elle soit conventionnelle ou économique, faisant fit des spécificités africaines sera vouée à l’échec en termes de réalisation des objectifs assignés à la politique étrangère de chaque État africain.

De même, la diplomatie traditionnelle est appelée, étant donné le contexte international changeant, à se réinventer. En effet, la mission conventionnelle et traditionnelle d’un diplomate se contentant de faire acte de présence (simple représentation diplomatique de son pays) n’est plus suffisante, voire de plus en plus inopérante. Le diplomate est invité à jouer le rôle de l’entrepreneur organisationnel capable de coordonner l’action de l’ensemble des acteurs nationaux présents dans un pays étranger, d’organiser des rencontres en vue de faire connaître son pays et de faire des efforts considérables en matière d’ouverture des pans de dialogue entre les peuples africains. L’objectif étant de renforcer davantage l’intégration africaine par tous les moyens disponibles et possibles.

Cela est d’autant plus important que l’Afrique croit de plus en plus aux vertus de la coopération Sud-Sud et souhaite en faire un véritable levier de développement. Un développement qui tienne compte de certaines particularités africaines et qui repose sur des ressorts locaux (épargne, ressources humaines, ingénierie locale, etc.), sans fermer la porte à la coopération internationale.

Le Maroc ambitionnait de devenir un hub régional : un souhait qui est devenu réalité

Les stratégies adoptées ces dernières années par les grands opérateurs économiques marocains revêtent un caractère de plus en plus multidimensionnel et tendent à s’orienter vers des secteurs à fort potentiel économique et social. C’est ainsi que Royal Air Maroc (RAM) a joué un rôle primordial dans le rapprochement entre le Maroc et les autres pays africains. En effet, en reliant le Maroc à au moins 32 pays africains, elle s’érige en acteur majeur de la diplomatie marocaine en Afrique. Ainsi, en raccourcissant la distance entre le Maroc et les autres pays africains, RAM aura contribué majoritairement au renforcement de l’intégration africaine. L’image dont jouit cette compagnie en Afrique est telle qu’il faut prendre garde à la gouvernance de cette entreprise et principalement aux relations entreprise-clients. Une relation qui prend effet à l’aéroport et se poursuit jusqu’à l’arrivée à destination. RAM est appelée à renforcer sa politique de fidélisation de sa clientèle. Il en va de son image ainsi que celle du Maroc en Afrique. D’où l’importance d’investir dans l’amélioration de la qualité de l’accueil à l’aéroport : sensibilisation des ressources humaines, ajouter aux aéroports une touche africaine moyennant la mise en place de stands dédiés à la mise en valeur de l’artisanat (on pourrait s’inspirer en la matière de l’Afrique du Sud), être très méticuleux par rapport aux services à bord. Il ne faut pas perdre de vue que les Africains sont très sensibles à la qualité de l’accueil offert par d’autres Africains.

Améliorer la qualité d’accueil des étudiants venant d’autres pays d’Afrique

Quant à la coopération scientifique et compte tenu de sa place cruciale dans le renforcement de la coopération Sud-Sud, il est opportun de souligner que les étudiants en provenance d’autres pays africains en vue de poursuivre leurs études au Maroc doivent bénéficier d’un bon accueil. Certes, l’Agence marocaine de coopération internationale fait des efforts incommensurables dans ce domaine. Mais il faut en faire davantage afin que le Maroc puisse devenir un hub régional en matière de formation des ressources humaines africaines. Une ambition d’autant plus légitime que le Maroc s’est doté ces dernières années des infrastructures éducatives et universitaires lui permettant de continuer à jouer ce rôle, ô combien important pour le développement du continent. Il faut faire en sorte que les étudiants subsahariens s’épanouissent au Maroc en facilitant leur intégration et en mettant à leur disposition des structures d’accueil afin de leur faciliter tout ce qui a trait aux démarches administratives et aux conditions de logement. N’oublions pas, tout de même, que la plupart des étudiants subsahariens qui viennent faire leurs études ici sont issus de familles aisées qui ont choisi le Maroc, eu égard à l’image positive qu’il commence à envoyer en Afrique et l’attrait que son modèle de développement exerce sur nombre de pays africains. Pour conclure, nous devons reconnaître que le diplomate marocain, en dépit des efforts et des avancées considérables réalisés, sous l’impulsion de S.M. le Roi, ne semble pas encore saisir l’importance de la culture, de l’économique et de la coopération Sud-Sud dans la mission qu’elle lui incombe. Alors que le continent semble à un tournant majeur de son histoire et le modèle marocain est de plus en plus vanté par les pays africains. Effectivement, le Maroc est de plus en plus sollicité pour jouer un rôle de première importance en matière de renaissance africaine. Plus encore, son absence de l’Union Africaine est considérée par nombre de pays africains comme un manque à gagner pour la diplomatie africaine sur la scène internationale. Les responsables et intellectuels africains revendiquent de plus en plus un État stratège et fort plutôt qu’un éclatement des États. L’exemple du Soudan et de l’Érythrée est éloquent à cet égard. D’autant plus que les liens historiques et séculaires entre le Maroc et ses provinces sahariennes ne se sont jamais estompés et que le Maroc est un État-nation âgé de 12 siècles. 

Hicham HAFID, Professeur d’économie à l’Institut des études africaines Université Mohamed V, Rabat

Mhammed ECHKOUNDI, Professeur d’économie à l’Institut des études africaines Université Mohamed V, Rabat

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