Entretien avec Saâd Eddine El Othmani, Chef du gouvernement

«Les réformes structurelles doivent s’inscrire dans la durée et ne pas subir les aléas politiques»

Brahim Mokhliss,LE MATIN
13 Septembre 2017
Saad-Eddine-El-Othmani-b.jpg Saâd Eddine El Othmani, Chef du gouvernement.

Saâd Eddine El Othmani vient de présenter le bilan des 120 premiers jours de son gouvernement. Il y a défendu les principales mesures prises par son équipe durant les quatre premiers mois de son mandat. Dans un entretien accordé au «Matin», M. El Othmani explique sa vision de la réforme, les principaux chantiers ouverts et les futures priorités. «Nous allons, dès les prochaines semaines, entamer un dialogue social que nous voulons sincère, équilibré et efficace avec tous les partenaires concernés. Nous allons également adopter la loi-cadre sur la réforme éducative et la mettre en œuvre le plus rapidement et efficacement possible», a-t-il affirmé.

Le Matin : Quelle lecture faites-vous du bilan des 120 jours du gouvernement présenté lundi dernier ?
Saâd Eddine El Othmani : Le bilan que nous avons présenté à l’opinion publique démontre la volonté du gouvernement de tenir ses priorités et de s’inscrire rapidement dans l’action. Il constitue un premier aperçu de nos réalisations durant les 120 premiers jours d’un mandat qui devrait durer cinq ans et où beaucoup de choses restent à faire pour répondre davantage aux aspirations de nos concitoyens. À la question de savoir si le gouvernement actuel poursuit ou non les réformes enclenchées par le gouvernement précédent, la réponse est oui. Nous le faisons d’abord parce que les réformes structurelles doivent s’inscrire dans la durée et ne pas subir les aléas politiques liés aux différentes élections. C’est le cas par exemple pour l’adoption des textes déclinant la Constitution de 2011. Mais nous le faisons également parce que la majorité précédente a été reconduite et élargie. Notre gouvernement s’inscrit donc dans la continuité de celui qui l’a précédé, ce qui ne nous empêche pas d’apporter des améliorations ainsi que les nouvelles réformes nécessaires pour notre pays, le tout dans une atmosphère d’écoute et de dialogue avec l’ensemble des parties prenantes.

Quels sont les chantiers qui permettent à l’actuel gouvernement de se démarquer par rapport au précédent ?
Pour répondre à cette question, je citerai deux exemples qui sont de la plus haute importance pour notre pays et sur lesquels nous allons continuer à travailler durant ce mandat. Le premier est la réforme structurelle de l’administration et la simplification des procédures pour le citoyen et les entreprises. C’est en ce sens que nous avons par exemple lancé la Stratégie nationale de lutte contre la corruption et l’avons dotée d’un cadre institutionnel. Nous avons également travaillé à la mise en place du numéro vert 3737 qui aide aujourd’hui les citoyens à s’orienter sur des sujets administratifs et agit pour la facilitation des opérations de «copie conforme» qui ont longtemps pesé sur le quotidien de nos concitoyens.
Le second exemple concerne le chantier de l’éducation qui est la première de nos priorités, comme je l’ai rappelé lors du Conseil du gouvernement de la semaine dernière. Nous nous sommes tous, en tant que gouvernement, mobilisés pour la mise en œuvre de la vision de réforme, en particulier sur le volet de la qualité, de la pédagogie centrée sur l’élève, la mise à niveau du cadre d’apprentissage et l’amélioration du management des établissements. Une des décisions importantes a été le recrutement de plus de 23.000 enseignants contractuels afin de lutter contre l’encombrement des classes, qui est un véritable fléau. Nous avons également travaillé à l’élargissement de la bourse à la formation professionnelle, ce qui représente un signal fort du gouvernement en faveur de cette branche et une aide significative pour les étudiants et apprentis de cette branche qui en ont souvent besoin.

À quel horizon les futures actions mises en avant dans le bilan présenté devraient-elles être réalisées ?
Le gouvernement s’est engagé à poursuivre les réformes en cours et à lancer, dès les prochains mois, de nouveaux grands chantiers pour continuer à travailler dans le cadre de notre ambition qui est de servir au mieux le citoyen. Nous travaillons à l’élaboration d’un agenda de mise en œuvre de ces réformes tout au long du mandat et qui sera communiqué au moment opportun. Pour l’heure, nous allons par exemple entamer, dès les prochaines semaines, un dialogue social que nous voulons sincère, équilibré et efficace avec tous les partenaires concernés. Nous allons également adopter la loi-cadre sur la réforme éducative et la mettre en œuvre le plus rapidement et efficacement possible. Nous travaillons également sur le projet de loi de Finances pour l’année 2018, un texte qui devrait contenir des mesures fortes pour promouvoir l’investissement privé et la création d’emplois. Autant d’exemples de projets sur lesquels le gouvernement est mobilisé et ambitionne d’aller vite.

Le gouvernement compte-t-il maintenir la même cadence pour la réalisation de ses chantiers futurs, avec en moyenne une mesure chaque jour ?
Il nous faut concilier la réalisation de quantités d'objectifs sans sacrifier la qualité des réformes. Je rappelle que le gouvernement s’est engagé, dès le premier jour, à adopter un rythme d’action soutenu pour mettre en place les réformes nécessaires à notre pays et répondre aux besoins de nos concitoyens. Cet effort est d’autant plus à saluer qu’il repose sur l’écoute et la concertation avec les acteurs politiques et économiques, les partenaires sociaux et la société civile. Nous avons réitéré notre engagement lundi dernier lors de la présentation du bilan des 120 premiers jours et comptons bien le tenir. 





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