La cinquième sera-t-elle la bonne ? Le Maroc est-il en mesure d’accueillir une Coupe du monde 2026 «XXL» avec 48 équipes ? Les questions ne manquent pas, au soir de la présentation par le Maroc d’une candidature officielle pour l’organisation du Mondial 2026. «La Fédération (royale marocaine de football) a déposé son dossier de candidature aux commissions compétentes de la Fédération internationale de football association -FIFA- pour accueillir cet événement mondial», peut-on lire dans le bref communiqué, publié vendredi sur le site de l’instance fédérale marocaine. Le mot est lâché : le Maroc est pour la cinquième fois de son histoire, après 1994, 1998, 2006 et 2010, candidat pour l’organisation de la Coupe du monde. En toute objectivité, nous avons recensé cinq raisons qui pourraient permettre aux Marocains de croire à la concrétisation d’un rêve, derrière lequel ils courent depuis près de trois décennies.

Les infrastructures sont bien réelles

Exit les maquettes et autres stades en carton. Le dossier de candidature peut s’appuyer sur des infrastructures bien réelles. Sur les 12 stades requis pour le Mondial 2026, quatre sont déjà prêts et accueillent même régulièrement des rencontres de haut niveau, dont deux éditions de la Coupe du monde des clubs et plus récemment le Trophée des champions de la Ligue française. Les stades d’Agadir, Marrakech, Tanger et Rabat disposent en plus des terrains annexes requis et les villes sont à jour, en termes d’infrastructures d’hébergement et de transport, à quelques exceptions près. «Le Maroc a tous les moyens d’organiser une Coupe du monde. Il a toutes les infrastructures nécessaires et pas seulement en ce qui concerne les stades de football», avait martelé Gianni Infantino en novembre 2016 à Marrakech.

Le soutien de la (nouvelle) CAF

«Nous sommes convaincus que le Maroc pourra organiser la Coupe du monde», avait lâché le président de la Confédération africaine de football, Ahmad Ahmad, lors de sa première visite officielle en tant que nouveau patron du ballon rond en Afrique. Nous sommes donc bien loin des années où les bonnes manières ne laissaient aucune place au discours pragmatique et où, bien souvent, le lobbying dans les couloirs de la CAF changeait au gré de la bonne volonté des individus.

Le rêve de tout un peuple

Personne au Maroc n’a oublié cette maudite journée de mai 2004, lorsque Sepp Blatter a tiré de son chapeau, ou de la fameuse enveloppe, un papier avec «Afrique du Sud» inscrit dessus. La déception et l’amertume des Marocains n’avaient alors pas d’égal. D’ailleurs, beaucoup avaient mis une croix définitive sur une possible organisation de la Coupe du monde au Maroc. Il s’agit désormais de préparer une bonne campagne médiatique pour remobiliser des Marocains conscients, aujourd’hui plus que jamais, de l’importance d’accueillir des événements internationaux.

Le legs des deux Mondiaux des clubs

Toutes proportions gardées, le Maroc organise régulièrement des événements d’envergure internationale : Trophée Hassan II de golf, Ligue de diamant d’athlétisme… Le Royaume peut s’enorgueillir d’avoir organisé, avec plus ou moins de succès, deux éditions de la Coupe du monde des clubs, en 2013 et 2014. Même avec l’épisode de «la raclette» au Complexe Moulay Abdellah, les Marocains ont su faire face à l’imprévu et ont tout fait pour que le fiasco s’arrête à la nuit des pluies diluviennes qui se sont abattues sur l’enceinte de Rabat. La FIFA, à l’occasion des deux éditions, avait manifesté ses remerciements et ses félicitations au Maroc, à travers la FRMF. Maintenant, il s’agit de multiplier les équipes participantes par sept.

Le changement du processus du vote d’attribution

Tout d’abord, le processus de candidature suit un acheminement et une chronologie bien définis (voir tableau des échéances). Si le dossier marocain «passe le cut» au Conseil de la FIFA, qui statuera d’ici juin 2018 sur la recevabilité des candidatures, il sera soumis lors du 68e congrès, à la veille de Russie 2018, au vote de toutes les fédérations membres. La tâche est rude pour aller convaincre plus de 200 associations, mais toujours est-il qu’elle est moins difficile que de se soumettre au bon vouloir du défunt comité exécutif de Blatter, qui faisait de la pluie et du beau temps, jusqu’à ce que cela cause sa perte. Le Maroc s’est manifesté dans le dernier jour pour déposer sa candidature. En face, il y a une candidature tripartite, qui se voyait promise à la Coupe du monde 2026, mais rien n’empêche de remettre au goût du jour la volonté de tout un peuple d’accueillir le monde.