GéoPolis

Venezuela

Dépression économique, crise humanitaire et géopolitique interne

author LE MATIN

Le Venezuela démarre l’année 2017 sous de mauvais augures. Fermeture d’école, pillages massifs, émeutes de la faim montrent que  la situation ne cesse de se détériorer au pays.

Le Venezuela démarre l’année 2017 sous de mauvais augures. Fermeture d’école, pillages massifs, émeutes de la faim montrent que la situation ne cesse de se détériorer au pays.

Grand producteur de pétrole, le Venezuela se classe au 11e rang mondial et au deuxième rang en Amérique latine derrière le Mexique. En termes de réserves, certains les estiment à 315 milliards de barils, représentant 20% des réserves mondiales, soit les premières du monde devant celles d’Arabie saoudite. En tant que membre influent de l’OPEP, le Venezuela a fait du pétrole une arme politique lui permettant, d’une part, de lutter contre l’influence des États-Unis et, d’autre part, de promouvoir son rôle en direction des Caraïbes.

Atteint par la malédiction des hydrocarbures, le Venezuela est une économie essentiellement dépendante de sa manne pétrolière et le tarissement proportionnel des devises a provoqué des tensions politiques intérieures dont la configuration et l'ampleur méritent d’être prises au sérieux.
Le pétrole, qui détermine la géopolitique et la politique étrangère de ce pays, est en train d’impacter sa géopolitique interne. En tant que membre influent de l’OPEP, le Venezuela a fait du pétrole une arme politique lui permettant, d’une part, de lutter contre l’influence des États-Unis et, d’autre part, de promouvoir son rôle en direction des Caraïbes. Au niveau interne, le pétrole est, pour Caracas, un moyen d’assistance aux catégories les plus pauvres de la population. Les politiques sociales ont ainsi occupé une place stratégique au Venezuela en parallèle aux politiques de sécurité intérieure.

Le Venezuela, un pays où l’essentiel de l’économie est trusté par l’armée qui gère par la même occasion le secteur des hydrocarbures et des mines, subit de plein fouet la chute des cours du pétrole qui constitue 95% des exportations et permet de drainer 96% des devises.
Au bord de l’effondrement économique et social, la réponse du gouvernement vénézuélien a été de décréter «l’état d’urgence». Depuis son instauration la mi-janvier 2016, celui-ci a déjà été prolongé à deux reprises. Le décret présidentiel du mois de juillet était on ne peut plus clair : «L’état d’exception et d’urgence économique est prolongé de soixante jours en raison des circonstances extraordinaires (…) qui affectent l’économie nationale». Ce qui ne semble pas être du goût de l’opposition qui considère que cet «état d'urgence» est politique et pas seulement économique. Concrètement, «l'état d'urgence» signifie donner tous les pouvoirs de décision à l'exécutif.

Ce pays sud-américain démarre l’année 2017 sous de mauvais augures. Fermeture d’école, pillages massifs et émeutes de la faim montrent que la situation ne cesse de se détériorer au Venezuela. Rien que dans l’État de Bolivar, il a été fait état de plus de 250 arrestations suite aux pillages.
D’après les responsables économiques locaux, dans 90% des cas, des magasins pillés dans la ville de Ciudad Bolívar étaient des magasins alimentaires.
La crise économique liée à la chute des cours du pétrole a fait exploser l'inflation qui a atteint, selon le Fonds monétaire international (FMI), 475% en 2016, un des plus forts taux au monde, ce qui a conduit à une pénurie des produits alimentaires et des médicaments. Le taux de mortalité infantile a été multiplié par 100 en 3 ans, faute de médicaments et de médecins.

Le mécontentement des Vénézuéliens, selon l’Institut Datanalisis, aurait atteint son plus haut niveau, 78,5% de la population rejetant la gestion gouvernementale. La frustration s’est renforcée lorsqu’à la veille de Noël, les Vénézuéliens se sont retrouvés à court de liquidité (voir encadré 2). Ces derniers partent se réfugier en Espagne et aux États-Unis. D’ailleurs, l’Espagne connait plus de demandes d'asile vénézuéliennes que syriennes et les États-Unis ont vu le nombre de demandeurs d’asile vénézuéliens multiplié par dix en l’espace d’une année.

Pour l'organisation Human Rights Watch, le Venezuela traverse actuellement «une crise humanitaire». De surcroît, face à la situation sécuritaire qui se dégrade, des comités locaux de citoyens se forment et endossent les responsabilités de «surveillance» et de «maintien de l’ordre» pour «garantir la sécurité et la souveraineté du pays». Une telle situation peut déboucher sur des affrontements civils. Une exaspération générale peut être utilisée par les opposants de Maduro pour accentuer la pression populaire.

Paradoxalement, cette situation ne profite pas à la Mesa de la Unidad Democrática (MUD, «Table de l’unité démocratique»), qui réunit les différentes forces de l’opposition et qui a remporté une grande victoire aux législatives de décembre 2015. Le soutien à celle-ci aurait chuté de 45 à 38% ces derniers mois, les citoyens semblant frustrés des désaccords et des échecs de la MUD.

Rappelons que la MUD avait appelé à une manifestation le 18 mai 2016 pour exiger du Conseil national électoral (CNE) l’organisation d’un «référendum révocatoire» contre Maduro. Un référendum qui devait avoir lieu vers fin 2016.

La MUD avait réussi à réunir les 1,8 million de signatures pour lancer le processus de ce référendum. Toutefois, le pouvoir judiciaire, comptant plusieurs alliés de Maduro, a pu jusqu’à présent contrer les initiatives de l’opposition, dont celle d'appeler l’armée à choisir entre la Constitution et le Président Maduro.
Les rivalités au Venezuela entre Chavistes et opposants au chavisme se sont intensifiées depuis que le pays connait une situation économique et politique catastrophique, suite à la chute du prix du pétrole.
Si la soif du pouvoir l’emporte sur le bon sens que dicte la recherche d’une réconciliation nationale, l’explosion sociale pourrait faire basculer le pays dans une guerre civile.


ALBA vs ZLEA

L’intégration économique proposait un cadre subtil et adéquat pour l’alliance vénézuelo-cubaine. Le Venezuela reste, d’ailleurs, le plus grand partenaire commercial de Cuba. Le premier pas vers cette intégration débuta en 2001, lorsque Chavez annonça, lors du IIIe Sommet des Chefs d’État et de gouvernement de l’Association des États des Caraïbes, un projet d’intégration des pays d’Amérique latine et des Caraïbes à travers l’Alternative bolivarienne pour l’Amérique (Alternativa Bolivariana para la América, ALBA). Beaucoup y ont vu une initiative qui s’opposait au projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). En 2004, la valeur totale des échanges de biens et services entre les deux pays avait atteint presque 2,4 milliards de dollars, puisque environ 200 projets bilatéraux d’une valeur de 874,6 millions de dollars avaient été initiés. À ce titre, il convient de souligner que les échanges entre les deux pays portent essentiellement sur le pétrole vénézuélien et sur l’envoi de médecins et autre personnel de soutien de la part de Cuba. Le soutien du Venezuela se manifestait aussi dans le rééchelonnement de la dette cubaine. Néanmoins, depuis la disparition d’Hugo Chavez et la crise du pétrole, le pays préfère s’occuper de ses problèmes intérieurs. Le soutien d’autres pays devenait plus que nécessaire.

Le Chaos monétaire

Annoncée le 11 décembre, la fin de la circulation des billets de 100 bolivars (0,15 dollar au cours le plus élevé), la coupure la plus utilisée au Venezuela, a dû être reportée au 2 janvier en raison de violentes manifestations, et de la pénurie des nouveaux billets. Dès le 12 décembre, la plupart des commerces refusaient les vieux billets, qui représentaient jusque-là près de 50% des espèces en circulation. De longues files d’attente se sont formées devant les établissements bancaires pour remettre les coupures hors d’usage. Mais à cause d’un retard de livraison, les banques se sont retrouvées dans l’incapacité de distribuer les billets à leurs clients, notamment en coupures de 500 bolivars. Les Vénézuéliens se retrouvaient ainsi privés d’argent liquide. Des manifestations ont alors éclaté à travers le pays. Le Venezuela s’est alors retrouvé, à quelques jours de Noël, en plein chaos monétaire. Pour Nicolas Maduro, la mesure a pour but de «lutter contre les mafias qui font de la contrebande de billets de 100 bolivars» à la frontière colombienne. Nicolas Maduro en avait profité pour ordonner la fermeture provisoire des frontières avec les voisins colombien et brésilien.

Le Parlement vénézuélien vote contre Maduro

L'opposition de centre droit, devenue majoritaire au Parlement fin 2015, livre une bataille sans merci contre le pouvoir exécutif socialiste de Nicolas Maduro, dauphin de l'ancien Président Hugo Chavez (1999-2013), dont elle demande le départ et des élections anticipées avant celles prévues en 2018. «Est approuvé l'accord selon lequel Nicolas Maduro est reconnu responsable de manquements aux devoirs de sa fonction et il est exigé une sortie électorale à la crise vénézuélienne pour que ce soit le peuple qui s'exprime dans un vote», a déclaré le nouveau président du Parlement Julio Borges, issu de l'opposition.
Selon ce texte, «Maduro a provoqué une crise sans précédent au Venezuela» et est «en marge de la Constitution» pour avoir provoqué «un marasme économique», «la rupture de l'ordre constitutionnel» et pour avoir «fait violence aux droits» des Vénézuéliens. En face, le député chaviste Hector Rodriguez a qualifié l'initiative d'«acte insensé et irrationnel». «Lorsqu'ils diabolisent les actions du Président, ils reconnaissent implicitement qu'il gouverne effectivement. C'est un opéra bouffe de plus», a également commenté le député chaviste Pedro Carreno.
Nicolas Maduro a nommé la semaine dernière comme vice-président Tareck El Aissami, un «dur» de son équipe, chargé de lui succéder au cas où il serait finalement destitué. Pour tenter de rassurer la population dans ce pays qui connaît une inflation vertigineuse, le dirigeant socialiste a annoncé dimanche soir l'augmentation de 50% du salaire minimum. Celui-ci s'élèvera désormais à un peu plus de 40.000 bolivars, soit 60 dollars au plus haut taux de change officiel, ou 12 dollars au marché noir. M. Maduro a aussi annoncé lundi l'entrée en circulation à partir du 16 janvier des nouvelles coupures de 20.000 bolivars. Le retrait brutal des billets de 100 bolivars, unité monétaire la plus élevée jusqu'ici, avait provoqué des émeutes, par crainte d'une pénurie d'argent liquide. Selon un récent sondage publié par Datanalisis, près de 80% des Vénézuéliens désapprouvent la politique de Nicolas Maduro.

… Et le Tribunal suprême de justice invalide la décision

Deux jours après le vote contre le Président Maduro, le Tribunal suprême de justice (TSJ) a estimé que le Parlement vénézuélien s'était placé en situation de «refus d'autorité» et que toutes ses décisions étaient nulles et invalidées. «Avec l'entrée en fonction de l'Assemblée nationale pour sa nouvelle session le 5 janvier et la nomination d'une nouvelle équipe dirigeante à sa tête, le pouvoir législatif s'est placé en situation de refus d'autorité, et toutes les décisions prises par lui depuis ce jour sont donc nulles», a annoncé le TSJ dans un communiqué de presse. Parmi ces décisions le TSJ mentionne spécifiquement le vote du 9 janvier par lequel les parlementaires vénézuéliens ont condamné le Président Nicolas Maduro pour «manquement aux devoirs» de sa fonction, lui attribuant la responsabilité d'une «crise sans précédent» qui secoue le pays.
Face à cette décision, qu'il avait qualifiée «d'appel à un coup d'État», le Président Maduro avait réagi en créant un «commando anti-coup d'État». Le 11 janvier 2016, le Tribunal suprême avait déjà déclaré nulles toutes les décisions du Parlement après que celui-ci avait investi trois députés anti-chavistes, malgré les soupçons entourant leur élection. Selon le Tribunal, la situation de refus d'autorité dans laquelle s'était placé le Parlement durant sa session 2016 ne pouvait être levée que par la direction sortante du Parlement, et non par la nouvelle direction mise en place le 5 janvier, avec notamment le remplacement de Henry Ramos Allup par Julio Borges au poste de président.

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