Congrès mondial de la statistique à Marrakech

La communauté statisticienne internationale décrypte les meilleures pratiques

Mokhtar Grioute,LE MATIN
17 Juillet 2017
Congres-mondial-de-la-statistique-a-Marrakech.jpg les profondes mutations de l’économie mondiale exigent le renforcement des systèmes nationaux d’information statistique.

Près de 2.000 experts et statisticiens en provenance de 180 pays prennent part Le soixantième et unième Congrès mondial de la statistique qui s’est ouvert le 16 juillet à Marrakech. Espace d’échange et de débats, ce congrès a jeté la lumière sur l’importance de la statistique dans l'élaboration des indicateurs socio-économiques et environnementaux et dans le suivi des Objectifs de développement durable.

Le soixantième et unième Congrès mondial de la statistique s’est ouvert, le 16 juillet à Marrakech, avec la participation de près de 2.000 experts et statisticiens en provenance de 180 pays des quatre coins de la planète. Placé sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI et initié par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) et l’Institut international de la statistique (ISI), cet événement de grande envergure est l’occasion pour la communauté statisticienne internationale d’échanger les idées, de partager les expériences et de croiser les regards sur le rôle de l’information statistique dans la nouvelle société du savoir. Aux yeux des organisateurs, ce congrès de six jours revêt une importance particulière de par notamment sa contribution au développement des pays africains à travers la mise à leur disposition d’expertises et de savoir-faire en matière de plans et de statistiques de la part de pays comme le Maroc. Intervenant à l’ouverture de cette rencontre, le ministre de l’Économie et des finances, Mohamed Boussaïd, a mis en évidence le rôle fondamental de l’information dans l’édification d’une véritable société démocratique et en tant que facteur de production, de par sa contribution à éclairer les décideurs politiques et économiques quant aux choix stratégiques à opérer pour assurer un développement durable et inclusif. Il est impératif pour toute économie qui se veut compétitive de disposer d’un appareil statistique dont la fiabilité, la transparence, l’objectivité et la rigueur scientifique soient unanimement reconnues, a-t-il insisté.

Conscient de l’importance primordiale de la statistique et de l’information pour tout processus de développement, le Maroc a consenti des efforts conséquents en vue de consolider et d’améliorer constamment son système d’information au service de sa dynamique réformatrice, a signalé le ministre, pour qui ces efforts ont été consacrés dans l’article 27 de la Constitution et se sont également manifestés à travers l’adaptation de l’appareil statistique national et sa conformité avec les standards internationaux. Et d’ajouter que l’amélioration continue dudit appareil figure aujourd’hui parmi les préoccupations majeures du Royaume, particulièrement dans un contexte d’intégration croissante de l’économie nationale dans le continent africain. À ce titre, M. Boussaïd a souligné que le retour du Maroc à l’Union africaine et sa future adhésion à la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) témoignent de l’engagement sincère du Royaume, sous l’impulsion de notre Souverain, en faveur du continent. À son tour, le Haut-Commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi Alami, a estimé que les profondes mutations de l’économie mondiale, de la société du savoir, des valeurs et des rapports internationaux exigent le renforcement des systèmes nationaux d’information statistique dans les pays en développement, notamment en Afrique. Après avoir relevé l’urgence d’un développement rapide de la statistique environnementale et d’un accès plus large de ces pays aux bénéfices de la révolution des données que connait aujourd’hui le monde, il s’est prononcé pour l’intensification des efforts pour ériger l’aide au développement de la statistique au rang d’impératif catégorique dans l’Agenda 2030 du développement durable.

Sur cette même question, le président de l’ISI, Pedro Luis Silva, a rappelé l’adoption, la semaine dernière, par l’Assemblée générale des Nations unies des Objectifs de développement durable (ODD) et du cadre des indicateurs indispensable pour le suivi des évolutions que l’Agenda est appelé à connaître d’ici 2030. Les statistiques ont atteint une centralité toute particulière dans le débat politique et sont au cœur des efforts déployés par toute l’humanité, a-t-il dit, estimant que la communauté statisticienne a de quoi être fière aujourd’hui de sa grande contribution et de ses succès notoires en termes de résultats scientifiques. La cérémonie d’ouverture a été marquée, entre autres, par la remise du Premier Prix international de statistique à l’éminent statisticien britannique David Cox pour son modèle d’analyse des données de survie. Considéré comme la plus haute distinction honorifique dans le domaine de la statistique, le Prix est décerné tous les deux ans à une personne ou une équipe pour leurs remarquables réalisations statistiques.

Cette grand-messe de la communauté statisticienne internationale a été précédée d’un événement spécial organisé à sa marge par le HCP et la Division de statistique des Nations unies (UNSD) sur le thème «Quelles approches statistiques pour la mesure de l’environnement et des effets du changement climatique ?» Au cours de cette rencontre, initiée en partenariat avec la présidence marocaine de la COP 22, M. Lahlimi a souligné que le Maroc est très engagé en faveur de la gestion de la question de l'environnement à travers l'instauration de politiques appropriées à notre paysage environnemental, tout en se souciant de la préservation de l'avenir des générations futures. Il n’a pas manqué non plus de relever que les statisticiens se trouvent parfois freinés dans leur élan de construire des comptes satellites pour moult dimensions environnementales, telles l’énergie, l’eau et la forêt, à cause de la diversité des intervenants.

Lui succédant, le président de la COP 22, Salaheddine Mezouar, a réitéré l’engagement constant du Maroc aux côtés des pays africains en termes notamment de développement de savoirs, d’expertises, de technologies et du financement. La COP 22, qui a propulsé le Maroc au-devant de la scène mondiale, a été à la fois une satisfaction et une responsabilité vis-à-vis de notre continent, a-t-il dit, mettant l’accent sur la nécessité pour l’Afrique de ne pas rester confinée dans les modèles et les choix du passé et de s’inscrire désormais dans l’avenir et d’être un acteur clé dans le nouveau monde.

Pour sa part, Ronald Jansen, responsable à l’UNSD, a souligné l’impératif d’élaborer un système intégré des données statistiques inhérentes aux différents secteurs d’activité, dont la dimension environnementale, dans l’optique de pouvoir disposer de rapports consolidés et d’indicateurs performants.





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