Rapport de 2016

Le CESE dévoile les actions lancées en 2016 pour lutter contre le stress hydrique

Yousra Amrani,LE MATIN
12 Septembre 2017

La lutte contre le stress hydrique est désormais placée parmi les priorités nationales. En témoignent les différents plans et programmes engagés pour lutter contre ce fléau. Selon le dernier rapport annuel du Conseil économique, social et environnemental (CESE), des actions sont engagées sur différents niveaux pour préserver cette substance vitale notamment dans le domaine de la rationalisation de l’usage de l’eau dans l’irrigation, le dessalement de l’eau ou encore l’approvisionnement groupé des zones rurales en eau potable. Sur le plan législatif, le Royaume s’est enfin doté d’un cadre institutionnel de préservation de l’eau à travers la publication au Bulletin officiel, en août 2016, du Dahir portant promulgation de la loi 36-15 sur l’eau.

Le Maroc poursuit fermement ses efforts pour lutter contre le stress hydrique. Selon le rapport annuel du Conseil économique social et environnemental publié récemment et qui a traité de ce volet, le Royaume a engagé un certain nombre de plans et de mesures dans l’objectif d’atténuer les effets des aléas climatiques sur la mobilisation des ressources hydriques. Ainsi, en plus de l’effet stabilisateur des barrages qui a permis d’agir sur l’offre hydrique (le Royaume compte 140 grands barrages, avec une capacité de stockage de 17,6 milliards de m3 et 12 grands barrages en cours de construction), la mise en œuvre du Plan Maroc vert a également contribué à répondre à la demande en eau émanant de l’agriculture, en visant une diversification des terres en faveur de cultures plus résistantes aux aléas climatiques, un élargissement de l’utilisation des semences sélectionnées et des techniques efficientes d’irrigation. En outre et parallèlement à ce plan, le ministère de l’Agriculture s’est engagé, en 2016, à poursuivre la mise en œuvre du Programme national d'économie d'eau en irrigation avec pour objectif d'équiper 50.000 hectares de fermes agricoles d’un système d'irrigation localisée et de moderniser les réseaux d'irrigation sur une superficie de 120.000 ha. Aussi, des efforts sont consentis dans le cadre de la Vision 2020 du Programme national d’assainissement liquide (PNA) qui concerne 365 villes et centres au Maroc. D’après le rapport du CESE, la mise en œuvre de ce programme a permis de réaliser, à fin 2016, un taux de raccordement d’environ 75% et un taux d’épuration de près de 45%, au lieu de 7% en 2006. Des résultats qui ont pu être réalisés, selon le rapport, à travers 117 stations d’épuration d’eaux usées. Par ailleurs, le Programme d’approvisionnement groupé en eau potable des populations rurales, lancé en 1995, a permis d’atteindre, à fin 2016, un taux d’accès à l’eau potable en milieu rural de 96%, bénéficiant à près de 12,8 millions d’habitants.

S’agissant du dessalement de l’eau de mer, un programme qui s’avère d’une importance capitale pour certaines régions notamment au sud et au nord du pays, le CESE souligne qu’un intérêt particulier est accordé à l’augmentation du volume d’eau traitée. Notons ici que la capacité actuelle est estimée autour de 109,5 millions de m3/an et que l’ambition du département concerné est de renforcer cette capacité pour atteindre 400 millions de m3/an en 2030. D’ailleurs pour atteindre cet objectif, plusieurs stations de dessalement sont en cours de réalisation, notamment dans les villes d’Agadir, de Sidi Ifni et de Tan Tan. Une généralisation de ces procédés qui pourrait, selon le CESE, améliorer l’offre hydrique dans plusieurs régions touchées par des coupures intermittentes et des durées d’arrêt d’approvisionnement prolongées. Il convient de souligner que parallèlement aux différentes actions engagées pour lutter contre le stress hydrique, le cadre institutionnel de préservation de l’eau a été renforcé par la publication au Bulletin officiel, en août 2016, du Dahir portant promulgation de la loi 36-15 sur l’eau. Cette loi intègre, notamment, un cadre juridique pour le dessalement de l’eau de mer, l’obligation de doter les agglomérations urbaines de schémas directeurs d’assainissement liquide et la valorisation des eaux pluviales et des eaux usées. En outre, un Plan national de réutilisation des eaux usées, qui vise à définir un cadre institutionnel, organisationnel et financier pour ce secteur, est en phase de finalisation. 





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