Le Centre national de transfusion sanguine vient de lancer mardi dernier un appel national aux professionnels de la santé ainsi qu'aux fonctionnaires relevant du ministère de la Santé et des Centres régionaux de transfusion sanguine pour effectuer des dons de sang. Cette initiative vise, selon Mohammed Benaajiba, directeur du Centre national de transfusion sanguine et d’hématologie, à garantir une meilleure implication du personnel de ces centres dans les campagnes de collecte du sang. «Ce personnel est le premier responsable de la réussite des campagnes de sensibilisation et de collecte du sang et seule son adhésion pourra permettre une réussite à 100% des campagnes que nous lançons», affirme le directeur du centre dans une déclaration accordée au «Matin». Selon le même responsable, les CHU et les cliniques restent les premiers consommateurs des poches de sang, pourtant leur personnel n’est pas sensibilisé à toutes les étapes de sa collecte.

M. Benaajiba explique par ailleurs que le Centre national de transfusion sanguine se trouve actuellement dans la phase orange (une phase intermédiaire), c’est-à-dire entre une situation normale et une situation critique, quand les indicateurs sont au rouge. Concrètement, la phase orange se caractérise par l’existence d’un stock de réserves de sang ne dépassant pas les deux jours. «Nous disposons actuellement d’un stock de sang pour satisfaire une demande de 5 jours. Mais cette réserve pourra vite s’épuiser, compte tenu de la demande accrue sur cette matière. On estime en effet la consommation en poches de sang à plus 1.000 par jour», note M. Benaajiba qui a saisi l’occasion pour exhorter les citoyens à faire don de leur sang pour éviter une éventuelle rupture de stock. «La gestion du stock de sang est très délicate en raison de la nature de cette substance. En effet, tous les produits sanguins ont une durée de vie très limitée. La durée de vie des plaquettes ne dépasse pas les cinq jours. Les globules rouges ne peuvent pas dépasser 42 jours. Le centre est donc amené à étudier, en fonction du stock disponible, les périodes convenables où il faudra lancer une campagne de sensibilisation, de peur de constituer un stock qui serait par la suite périmé. Mais notre souci reste avant tout d’offrir le sang aux malades quand ils en ont besoin», conclut-il.