Éco-Conseil : En quoi le management sensoriel est-il différent des autres types de management ?
Leïla Naïm : Le management sensoriel est différent des autres types de management dans le sens où il applique les techniques du marketing sensoriel. L’aspect démarquant dans ce type de management est qu’il fait en sorte de créer une atmosphère de bien-être au travail dans laquelle chacun est dans la capacité de produire, certes, mais surtout de travailler dans les conditions du bien-être physique et moral. C’est une réflexion nouvelle sur le management. Un état d’esprit différent !

Comment peut-on stimuler chacun des cinq sens du collaborateur pour augmenter sa motivation
et sa productivité ?
La stimulation des cinq sens se fera dans l’environnement du travail. Ainsi, stimuler la vue se fera par le biais du choix des couleurs qui influencent la motivation. Les couleurs ternes et le manque de luminosité font baisser de façon systématique la motivation chez les salariés. Les espaces sont réfléchis de façon à augmenter la luminosité et agir sur l’état d’esprit des collaborateurs. L’ouïe est liée au bruit. Le bruit au travail nuit énormément à la concentration. Aujourd’hui, des managers autorisent leurs collaborateurs à mettre des casques pour entendre, chacun, une musique qu’ils aiment et qui stimule la concentration, voire la motivation. Nous partons du principe que l’on ne pourrait pas imposer le même style musical à tous en le faisant diffuser en entreprise, vu que les goûts sont différents.
La démarche du management sensoriel implique ainsi pour le manager de bien connaître ses collaborateurs tout en considérant chacun comme un individu unique avec des préférences et des goûts qui lui sont propres. Les odeurs sont des stimulateurs de mémoire. L’entreprise peut travailler sur une identité olfactive en recherchant avec l’aide d’experts (nez professionnels) des parfums stimulateurs d’énergie qui impacteraient la performance en entreprise. Il suffirait d’élaborer un sondage auprès des collaborateurs sur les parfums naturels qu’ils préfèrent. L’odeur a souvent un effet physiologique qui peut même créer des ancrages.

Le toucher est un sens qu’il faudra gérer avec beaucoup de précautions, mais qui reste important à stimuler. Dans l’ère de l’entreprise connectée, les collaborateurs échangent très souvent par mailing ou d'autres moyens et se rencontrent rarement. Il serait intéressant de créer des occasions où les collaborateurs pourraient se voir et se connecter à travers des poignées de mains chaleureuses. Les poignées de main sont perçues comme des signes de reconnaissance non verbale qui renforcent l’appartenance aux équipes et qui stimulent directement la motivation.
Pour le goût, plusieurs idées pourraient être mises en place. Outre la machine à café que l’on retrouve traditionnellement dans les entreprises aujourd’hui, l’on pourrait réfléchir à des produits plus sains, plus variés et avec une très bonne qualité gustative. Des thés avec des arômes différents par exemple et que l’on pourrait proposer dans des salles aménagées spécialement avec fauteuils et canapés, voire musique de fond. Cela booste assurément la motivation et met en place une atmosphère de bien-être au travail.

Quels pourraient être les limites de ce type de management ?
Les limites de ce type de management sont les mêmes que celles du marketing sensoriel. Ce sont les perceptions. Chaque collaborateur a un vécu particulier et une culture personnelle, chose qui pourrait limiter la réceptivité. C’est pour cela que les sondages avant la mise en place de n’importe quelle action relative au management sensoriel sont impératifs. Ils permettent de bien connaître la cible, ses goûts et ses préférences pour une action managériale optimale.