Le Maroc ambitionne d’éradiquer l’épidémie des hépatites virales C (HVC) d’ici 2030 à travers son nouveau plan national de lutte contre les HVC, développé récemment par le ministère de la Santé, a indiqué, lundi à Casablanca, le directeur de la Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de la Santé, Abderrahman Maâroufi.

Intervenant lors d'un panel sur «Hépatite C : quelle prise en charge en 2017 ?», initié dans le cadre de la première rencontre «Menafrique-Santé», Maâroufi a fait valoir que «ce plan vise à éliminer l’HVC en tant que problème de santé publique conformément aux orientations et objectifs du développement durable», précisant que le ministère de la Santé s’apprêter à lancer ce plan au niveau des différentes structures du Royaume.
Ledit plan s’appuie sur cinq axes principaux, dont le dépistage actif de l’HVC auprès des populations les plus exposées à cette maladie, la prise en charge des personnes dépistées, la prévention de la transmission de la maladie, le développement d’un système d’information et de surveillance pour suivre l’impact et la mise en œuvre du plan au niveau national ainsi que la mise en place d’un comité national de coordination et de gouvernance de ce plan stratégique, a-t-il précisé.

Et d’ajouter que cette nouvelle stratégie prévoit une prise en charge et un traitement à faible coût des personnes atteintes grâce à la généralisation du Régime d'assistance médicale (Ramed) et à la mise sur le marché des médicaments génériques (notamment le Sofosbuvir) grâce à l’engagement de l’État et à la forte mobilisation de la société civile. Par ailleurs, Madoky Diop, médecin interniste et expert sénégalais des HVC, a fait observer que l’hépatite virale est une maladie silencieuse vu que la plupart des porteurs ignorent qu’ils en sont atteints, soulignant que l’infection évolue lentement et seules la sensibilisation et la prévention peuvent aider.
L'expert a fait savoir que les nouveaux traitements médicaux augmentent considérablement les chances de guérison des personnes atteintes d'hépatite B ou C, appelant vivement les gouvernements africains à renforcer la coopération Sud-Sud dans ce domaine afin de mettre à la disposition de personnes atteintes de cette maladie, au niveau du continent, toutes les nouvelles thérapies mises au point contre les inflammations
aiguës et chroniques.