La sortie médiatique du président de la Confédération africaine de football, Ahmad Ahmad, lors d’une visite au Burkina Faso ce weekend, n’est pas passée inaperçue. Et pour cause. Le nouveau patron du football africain a déclaré que le Cameroun n'était «pas prêt à accueillir» la Coupe d’Afrique des nations, prévue en 2019. Une sortie médiatique qui a déchainé les passions au pays de Samuel Eto’o. Dans un long communiqué, publié lundi sur son site officiel, la Fédération camerounaise de football est montée au créneau. «La Fédération camerounaise de football (Fécafoot) a pris connaissance avec une profonde consternation des récentes déclarations du président de la CAF selon lesquelles, en l'état actuel des choses, aucun site au Cameroun n'est en mesure d'accueillir la CAN», lance d’emblée la Fécafoot. L’instance fédérale camerounaise s’interroge sur «l’opportunité même» de la visite d’inspection de la CAF, prévue du 20 au 28 août, «dès lors que les résultats semblent déjà arrêtés au niveau le plus élevé de la CAF».

La Fécafoot crie au complot, Hayatou sort de son silence

Tout en s’appuyant sur le succès de la CAN féminine, organisée au Cameroun en 2016, la Fécafoot estime qu’il est «difficile, après les propos du président de la CAF, de ne pas prêter attention aux rumeurs persistantes sur l’existence d’une conspiration visant à retirer au Cameroun l’organisation de la CAN 2019 au profit d’un autre pays», avant de charger l’instance continentale au sujet des décisions prises lors de l’assemblée générale de la CAF, tenue le 20 juillet à Rabat. La rétroactivité de l’application des nouvelles dispositions d’organisation de la CAN ne passe pas. Appliquer les réformes dès la CAN 2019 «équivaut à un changement des règles du jeu en cours de match». Avant de conclure sur un ton laconique, «la Fecafoot réaffirme solennellement que le Cameroun sera prêt pour l’organisation de la CAN 2019».

Mardi, c’était au tour du prédécesseur d’Ahmad Ahmad, Issa Hayatou himself, de sonner la charge. Dans une déclaration à la presse locale, Hayatou dit «regretter ce qui a été dit, parce qu'il faut d'abord venir constater avant de sortir ce qu'il (Ahmad Ahmad) a sorti», a-t-il commenté. L’ancien président de la FIFA par intérim se permet même un petit tacle à l'adresse de son successeur. «Quand la CAF a eu à retirer la CAN à des États, c’était parce que ce sont eux qui n’avaient rien fait. Par exemple, quand on a retiré la CAN à Madagascar, c’était au mois de janvier pour une compétition prévue en mai (2017). Donc, quatre mois avant. Pour le cas du Cameroun, il n’y a encore eu aucune inspection, et les gens disent que nous n’avons rien.» Le bras de fer semble engagé. Les quelques semaines à venir s’avèreront décisives et si aucune partie ne tente d’apaiser les tensions, on se dirige vers la toute première crise de l’ère Ahmad Ahmad.