Les banques françaises choisiront Paris pour rapatrier des effectifs au sein de l'Union européenne dans le cadre du Brexit. C’est ce qu’a déclaré en fin de semaine dernière la Fédération française du secteur (FBF), précisant que cela pourrait concerner près d'un millier d'emplois. «Ce sont près d'un millier d’emplois qui pourraient être concernés, dont l’effet d’entraînement est d’au moins trois emplois indirects pour un emploi direct», souligne la FBF, après une rencontre de ses représentants avec le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, cité par Reuters. Les grands groupes bancaires estiment que les mesures annoncées récemment par le gouvernement pour renforcer l'attractivité de la place de Paris «sont un signal fort pour les banques étrangères devant transférer des effectifs dans l’Union européenne, comme pour les grands groupes bancaires français». Ils soulignent, toutefois, que la France doit rassurer en matière de prévisibilité et de stabilité de sa politique fiscale.

«La trajectoire qui figurera dans les lois budgétaires de la rentrée sera donc essentielle, sur l’impôt sur les sociétés comme sur l’ensemble des prélèvements obligatoires», souligne la FBF. «Le dimensionnement des équipes qui s’installeront à Paris dépendra aussi des décisions réglementaires sur les conditions d'exercice des activités financières dans l'Union européenne, de la réglementation des activités de marché et de la localisation des infrastructures de marché qui sont des enjeux majeurs», estime la FBF. HSBC est pour l'heure la seule grande institution financière installée à Londres à avoir décidé officiellement de faire de Paris sa base européenne après le Brexit. Paris est non seulement en concurrence avec Francfort, siège de la Banque centrale européenne, mais également avec des places plus modestes comme Amsterdam, Dublin et Luxembourg.

Par ailleurs, Bank of America (BoA) a annoncé vendredi avoir choisi Dublin comme nouvelle base pour ses opérations dans l'Union européenne une fois que le Royaume-Uni aura quitté le bloc en mars 2019. BoA est le premier géant de Wall Street à choisir la capitale irlandaise, alors que Citigroup et Morgan Stanley ont préféré Francfort. Les banques internationales créent de nouvelles filiales pour pouvoir continuer à servir leurs clients au cas où leurs établissements britanniques perdraient le «passeport européen», qui leur permet d'opérer dans toute l'UE, après le Brexit.