Bonne nouvelle pour les établissements de l’enseignement privé et surtout leurs étudiants. Le département de l’Enseignement supérieur a ouvert la voie devant les établissements privés (écoles et universités) pour l’obtention de la reconnaissance d’État de leurs diplômes. En d’autres termes, les lauréats auront la possibilité de postuler autant dans le secteur privé que dans le secteur public. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie du ministère visant à renforcer le rôle de l’enseignement supérieur privé comme partenaire majeur de son «homologue» public dans la formation, l’enseignement et la recherche scientifique.
«La loi 01-00 portant organisation de l’enseignement supérieur a été élaborée en 2000, mais le décret d’application des articles 53 et 54 relatifs à la délivrance de la reconnaissance d’État n’a été publié qu’en novembre 2014. Juin 2015, un cahier des charges a été mis en place et une commission a vu le jour pour étudier les demandes des établissements d’enseignement privé désirant obtenir la reconnaissance», indique la Direction de l’enseignement supérieur.

À ce titre, neuf établissements ont d’ores et déjà reçu le fameux sésame, alors que le cas de 13 autres établissements est toujours en cours d’étude par la Commission chargée de la reconnaissance. Il s’agit de : l'Université internationale de Rabat (UIR), l’Université Mohammed VI des sciences de la santé de Casablanca, l’Université internationale Abulcasis des sciences de la santé de Rabat, l’Université internationale de Casablanca (UIC), l’Université privée de Marrakech-Tensift Al Haouz (UPM), Universiapolis (Agadir), ESCA École de Management, l’École d’architecture de Casablanca (EAC) et l’École Centrale de Casablanca.
«La reconnaissance de l’UIR par l’État constitue en soi une expression de la qualité aussi bien des programmes de formation et de recherche, du personnel d’encadrement que des infrastructures scientifiques et socioculturelles de l’université. C’est la consécration des multiples efforts entrepris par tous les acteurs de l’université (responsables, enseignants, personnels administratif et technique, étudiants...) durant ces six dernières années pour créer un cadre pédagogique de qualité, développer des cursus de formation d’excellence, pris en charge par des équipes pédagogiques qualifiées et offrir un cadre de vie convivial aux étudiants. Cette reconnaissance de l’État constitue également un véritable gage de qualité et de sérieux des pôles de formation mis en place, du corps enseignant et de l’effort en R&D au sein de l’établissement», souligne fièrement l’UIR.

De son côté, ESCA École de Management considère cette reconnaissance comme un moment historique. «En tant qu’école reconnue par l’État, la reconnaissance témoigne de la qualité des enseignements dispensés dans les différents programmes d’études et de la conformité de son modèle pédagogique aux standards les plus élevés définis par l’État. Elle représente aussi la consécration de nos investissements matériels, immatériels et en ressources humaines que nous avons initiés depuis plusieurs années. Elle confère également aux diplômés de l’ESCA l’équivalence aux diplômes nationaux et leur offre, par conséquent, la possibilité d’accéder à la fonction publique», témoigne-t-on auprès de l’école. Afin d’accorder la reconnaissance d’État aux établissements d’enseignement privé, la commission veille à vérifier que les établissements en question répondent aux critères spécifiés dans le cahier des charges établi par le département de l’Enseignement supérieur. Il s’agit notamment de :
• Le nombre des étudiants, fixé à 300 au minimum.
• Les filières doivent être accréditées par l’autorité chargée de l’enseignement supérieur conformément aux textes de loi en vigueur.
• Les établissements doivent répondre aux critères techniques et pédagogiques relatifs aux équipements, à l’encadrement et aux programmes d’enseignement, de formation et des activités de recherche.
• Les établissements doivent tenir une comptabilité qui permet d’avoir une image concrète de leur situation financière et de leurs résultats.
• Les établissements doivent disposer d’un corps professoral permanent qui couvre au moins 60% du temps annuel global des formations, à condition que 50% des membres du corps professoral permanent aient au moins un doctorat ou son équivalent.
• Dans le domaine des sciences de la santé, l’établissement doit disposer d’un enseignant pour 10 étudiants au maximum, un enseignant pour 20 étudiants au maximum pour les sciences et techniques et sciences d’ingénierie et un enseignant pour 25 étudiants dans les domaines de management, de gestion et de commerce.
En outre, les établissements doivent aussi avoir un système de gouvernance qui fixe les missions et les responsabilités de gestion, ainsi qu’un système d’évaluation interne. «La reconnaissance par l'État des établissements d’enseignement supérieur privé constitue un changement historique pour le secteur. En effet, le département de l’Enseignement supérieur ambitionne de créer une nouvelle dynamique pour l’enseignement supérieur privé en publiant un ensemble de textes organiques depuis 2014 relatifs à la mise en application des dispositions des articles 53 et 54 de la loi 01-00», note la Direction de l’enseignement supérieur.