Cet artiste passionné de son art, dont le talent a commencé à donner de ses nouvelles depuis un âge bien précoce, a aiguisé ses armes au sein des beaux paysages de sa ville natale, Oulmès, où il était attiré par les arbres, les collines, les ruisseaux et tout ce qui fait la beauté naturelle des lieux. Ses premiers pas dans l’univers des arts plastiques, au début des années 1990, l’ont motivé à avancer dans ses recherches de couleurs, de matières, de supports et de thématiques pour ses futures créations.

L’écrivain et critique d’art Daniel Couturier le considère comme l’un de ces artistes qui sont des êtres sincères et naïfs (dans le sens noble du terme), qui émerveillent et enthousiasment les phénomènes de la vie et de la nature. Puisqu’il a continué à célébrer dans ses toiles la beauté de la nature marocaine aux côtés de ses merveilleux monuments historiques, comme les anciennes portes et les Casbahs. «J’aime peindre tout ce qui se rapporte à la vie traditionnelle marocaine. Mais il faut dire que ma rencontre avec de nouveaux amis artistes et ma participation à de nombreux événements artistiques et expositions m’ont permis d’enrichir mes connaissances à différents niveaux», souligne Aomar Chenaai.

C’est tout un voyage plastique qui atteste la sérénité du peintre et la force de son pinceau qui ne manquent pas de séduire les plus fins connaisseurs. Le critique Daniel Couturier le compte parmi «ceux dont on peut toujours attendre plus parce qu'ils sont éminemment perfectibles et parce que le travail est le but de leur vie. Omar Chenaai se veut libre et exempt de toute contrainte. Aujourd'hui, il s'adonne plutôt à la peinture au couteau et à la précision du dessin et l'harmonie des couleurs, il tend à l'abstraction en simplifiant son style qui gagne en géométrie, mais conserve la représentation de cette foule qui se presse ondulante devant ces portes monumentales, ces fontaines, ces marchés qui ont fait sa renommée». C’est ce travail et cette recherche de plus en plus profonde que lui reconnaissent les professionnels du monde plastique, que ce soit au Maroc ou ailleurs. Daniel Couturier reconnaît, à ce propos, que même si Aomar Chenaai définit toujours lui-même le sujet de ses toiles, qui est une conception générale de la vie marocaine, montrant chez lui quelque chose de plus que la possession de son milieu, il arrive à distinguer la peinture littéraire fondée sur un sujet relevant de «l'anecdotique» composée plus artificiellement, mais dont il revendique aussi la création. Et d’ajouter que «Chenaai peint avec des pinceaux étalant des couleurs drues, mais transparentes qui imprègnent la matière. Sa peinture est serrée et sombre comme le velours, sans fissures et douce à la fois, apte à prendre toutes les tonalités».