«L'élection kényane 2017 est une fraude et le piratage a affecté la crédibilité de cette élection. Ces résultats sont faux, c'est une imposture», a accusé lors d'une conférence de presse Raila Odinga, le candidat de la coalition d'opposition Nasa. M. Odinga a précisé que mardi, en début d'après-midi, des pirates avaient accédé au système électronique de la Commission électorale (IEBC), en utilisant les codes d'accès de Chris Msando, responsable informatique de l'IEBC, dont le corps avait été retrouvé une semaine avant le scrutin, portant des traces de torture. Toujours d'après lui, ils ont aussi désactivé le système de synchronisation qui garantissait que les résultats remontés des bureaux de vote soient retranscrits automatiquement dans le système électronique.

Selon les résultats publiés mercredi matin par l'IEBC, portant sur plus de 90% des bureaux de vote, M. Kenyatta était crédité de 54,41% des suffrages, contre 44,72% pour M. Odinga, sur un total de 14,2 millions de votes comptabilisés. L'opposition a publié ses propres résultats, qui donnent M. Odinga en tête avec 8.452.134 voix, contre 7.846.528 pour M. Kenyatta. L'opposition avait déjà annoncé contester les résultats provisoires de l'élection. Elle avait alors reproché à l'IEBC de ne pas lui avoir communiqué les procès-verbaux susceptibles de corroborer les résultats transmis électroniquement et diffusés sur le site internet de la commission.