A bientôt 30 ans, Messi vit une période paradoxale : le quintuple Ballon d'or affiche des statistiques brillantes ; et pourtant, les contretemps se sont accumulés sur le plan sportif. Il y a eu la défaite de l'Argentine en finale de la Copa America en juin dernier, puis la perte du Ballon d'or 2016 au profit de son grand rival Cristiano Ronaldo en décembre. Il y a eu le traumatisme de son vrai-faux départ de la sélection, finalement ajourné l'été dernier, puis sa suspension pour quatre matchs avec l'équipe d'Argentine pour avoir insulté un arbitre assistant. Et malgré ces coups durs, Messi a continué d'enchaîner les exploits avec son club, le FC Barcelone. Cette saison, «La Puce» compte 45 buts inscrits en 44 matchs officiels avec le Barça. Et c'est le meilleur marqueur des grands championnats européens (29 buts) et de la Ligue des champions (11 buts) cette saison.

Ce rythme effréné lui a permis d'atteindre un total de 498 buts inscrits sous le maillot barcelonais, à deux longueurs de la barre symbolique des 500 buts. Cela tombe bien : le Barça va avoir grand besoin de son efficacité dans une semaine à couper le souffle... Cette saison, l'équipe catalane a semblé très dépendante de son génie argentin, à mesure que se réduisait l'influence dans le jeu du capitaine Andres Iniesta, souvent blessé. Vice-capitaine, Messi a porté le brassard plus souvent. Et il a régulièrement pris l'animation offensive à son compte, se retrouvant à la dernière ou l'avant-dernière passe en faveur de ses compères d'attaque Luis Suarez et Neymar. «Nous avons vu des saisons où “Leo” était presque exclusivement un buteur et maintenant il évolue comme un footballeur total, capable de faire tout ce qu'il veut en attaque et en défense», a souligné son entraîneur Luis Enrique. D'où le spectre de la «Messi-dépendance» : si le feu-follet argentin est en forme, le Barça aussi. Et si les défenses adverses le musellent bien, comme la Juventus en quart aller de C1 (défaite 3-0) mardi dernier, le Barça étouffe. «Il serait naïf de penser que nous ne dépendons pas du meilleur joueur du monde», a tranché Luis Enrique. Au passage, l'annonce du départ du technicien en fin de saison a un peu éclipsé les débats sur l'avenir de Messi. Mais dans les semaines à venir, la priorité du Barça reste de prolonger le bail de l'Argentin, en fin de contrat en 2018.