Avec une marge d'erreur de 2,5 points, les quatre favoris du premier tour demeurent exceptionnellement proches dans les sondages. Ainsi, le leader d'En Marche ! et la candidate du Front national gagnent chacun un demi-point dans le dernier sondage publié lundi soir par des médias français, avec respectivement 24 et 23%, suivis de François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, chacun en recul de 0,5 point à 19,5 et 18%. Par ailleurs, 73% des électeurs potentiels de Jean-Luc Mélenchon se déclarent désormais sûrs de leur choix (+11%), 72% chez Emmanuel Macron (+4%), et 76% pour François Fillon (+5%), relève la même enquête, faisant savoir que l'électorat de Marine Le Pen reste définitivement convaincu à 89%, à un niveau stable depuis longtemps déjà. Concernant le deuxième tour, prévu le 7 mai, Emmanuel Macron s'impose nettement dans les différentes hypothèses, avec 62% contre Marine Le Pen, 65% contre François Fillon et 59% contre Jean-Luc Mélenchon. Cette situation d'incertitude à moins d'une semaine du premier tour prévu dimanche prochain a été largement commentée par la presse quotidienne paraissant ce mardi. «Quatre têtes pour un casse-tête», titre «Libération» qui évoque un fait inédit, puisque le duel final reste, à en croire les sondages, imprévisible et son issue incertaine. Personne ne sait dire qui seront les finalistes de cette élection présidentielle, fait observer la publication, estimant qu'il s’agit d’une situation inouïe et inédite, d’autant plus que depuis le début de la Ve République, il n’y a généralement pas l’ombre d’un doute sur le nom des deux qualifiés.

Le journal précise que les quatre candidats les mieux placés, selon les sondages, à savoir Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon seraient tous entre 18 et 23%, enfermés dans cette marge d’erreur qui autorise tous les pronostics. «La toute dernière ligne droite est entamée. Mais, à moins d’une semaine du premier tour de la présidentielle, le résultat a rarement été aussi indéfini», décrit «Aujourd'hui en France», notant que la fameuse cristallisation du vote, cette phase où l’incertitude se transforme enfin en certitude, tarde à s’opérer. «Alors qu’elle était intervenue de longues semaines avant le scrutin en 2012, elle semble cette année devoir se jouer dans les tout derniers jours, voire dans l’isoloir», estime l'éditorialiste. Plus le premier tour approche, plus le suspense s'accroît, indique pour sa part «Le Figaro», ajoutant qu’à J-5, quatre candidats sont donc encore susceptibles de se qualifier pour le second tour, sans que les critères qui détermineront le choix des électeurs apparaissent clairement.

Dans ce contexte, la dernière ligne droite tourne au casse-tête pour les prétendants à l'Élysée, poursuit l’auteur de l’article, faisant remarquer que les quatre candidats qui font la course en tête peaufinent leur stratégie à l'approche du premier tour. «L'indécision, principal favori à une semaine du premier tour», titre «Le Monde», notant que les états-majors préparent le sprint final dans un contexte inédit. Impossible de prédire qui de Marine Le Pen (Front national), Emmanuel Macron (En marche !), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et François Fillon (Les Républicains) seront les deux qualifiés, dimanche 23 avril, pour le second tour de l'élection présidentielle, affirme la publication. Le journal croit savoir que les quatre candidats favoris partagent le même objectif : grappiller auprès des – nombreux – indécis et abstentionnistes potentiels les quelques points qui pourraient leur permettre de faire la différence. Si le duel final de ce scrutin reste imprévisible, il y a aussi une autre inconnue, à savoir le taux de participation. Ce sondage a ainsi montré que l'incertitude quant au taux de participation reste très élevée, puisque seules 68% des personnes interrogées se déclarent «certaines d'aller voter». «L’abstention, premier parti de France ?» se demande «Aujourd'hui en France», précisant que le premier tour de la présidentielle pourrait être marqué par un triste record, celui de l’abstention. «L’abstention risque d’atteindre des sommets pour une présidentielle, dépassant le record de 2002. Elle avait alors culminé à 28,4%», rappelle la publication, estimant qu'il s'agit d'une rupture, d'autant plus que traditionnellement, la course à l’Élysée est le scrutin qui mobilise le plus (près de 80% de participation), loin devant les batailles locales. Plus inquiétant encore, un jeune de 18-25 ans sur deux se dit prêt à boycotter ce droit et devoir citoyen, acquis en 1848 pour les hommes et en 1944 pour les femmes, fait observer l'auteur de l'article. Face au risque d'une abstention élevée et d'un grand nombre d'électeurs indécis, les quatre favoris se tiennent donc dans un mouchoir de poche et les Français doivent attendre dimanche soir pour connaître les deux finalistes de la course à l'Élysée.