Économie

Vision 2020

Tourisme national : Et pourtant ce n’est pas très compliqué !

author LE MATIN

Tourisme national : Et pourtant ce n’est pas très compliqué !

Le tourisme national continue d’être un sujet de préoccupation, tant ses résultats sont décevants, en dépit d’une conjoncture internationale favorable et des atouts indéniables dont dispose le Maroc dans le domaine. Ainsi, au gré des gouvernements et des cabinets d’études, un secteur aussi important pour notre économie n’arrive toujours pas à trouver son rythme de croisière. Au grand décalage entre les attentes des touristes et l’offre du Royaume, s’ajoutent les insuffisances de financement et la piètre mise à niveau. Jusqu’à quand ?

Pourquoi peinons-nous à faire décoller cette activité ?
Avec la fin de la période estivale, il est autorisé d’effectuer une analyse de la campagne touristique de l’année 2017, même si les chiffres réels et définitifs du nombre de touristes ayant foulé le territoire national et y ont dépensé leurs devises ne sont pas encore définitifs. Mais au vu des premiers éléments, nous sommes loin des 20 millions de touristes prévus dans la Vision 2020. Ainsi, le nombre d'arrivées de non-résidents a atteint à peine 10,33 millions de touristes en 2016, en hausse de 1,5% (contre +5% au niveau international). En management, quand les réalisations sont aussi éloignées des prévisions, cela signifie que les plans ont été fantaisistes ou que leur exécution a été médiocre. Or, compte tenu de la dotation naturelle unique du Maroc, pouvant en faire une des meilleures destinations touristiques mondiales, l’échec est davantage celui de la mise en œuvre et, plus précisément, celui de la mobilisation des moyens pour accompagner la vision. Ceci nous ramène à cette question gênante, tant elle est élémentaire : les promoteurs de la Vision 2020 n’ont-ils pas sécurisé son financement avant de la rendre publique ? Les cabinets internationaux de consulting n’y avaient-ils pas pensé ? Cela fait pourtant partie des règles élémentaires de gestion de projets. D’autre part, une fois les capitaux mobilisés, ne fallait-il pas intégrer les délais d’extension des capacités d’hébergement et des infrastructures touristiques dont la réalisation peut dépasser l’horizon de la vision, c'est-à-dire au-delà de l’année 2020 ? Aujourd’hui, nous sommes réduits à commander une kyrielle de nouvelles d’études pour comprendre les raisons pour lesquelles les premières études avaient échoué à voir l’essentiel. Et avec toute la bonne volonté du monde, l’équipe actuelle aux commandes du ministère du Tourisme mettra au moins une année à comprendre les enjeux du secteur et les attentes de ses opérateurs, à laquelle il faut ajouter les six mois de tractations déjà perdues dans la formation du gouvernement. Autant de temps perdu pour un secteur qui n’en a pas besoin.

Un problème de fond non encore résolu

En dépit de son unique position géographique, à proximité de l’un des plus gros marchés émetteurs de touristes au monde (l’Europe), le Maroc peine encore à en tirer profit, pour une raison quasi évidente : alors que nous passons notre temps à vendre notre nature et notre culture, ce qui attire les touristes et les fidélise, ce sont nos infrastructures. Et à ce niveau, la comparaison avec d’autres destinations (Espagne, Portugal, Turquie, Grèce, pays de l’Europe de l’Est, etc.) est à notre total désavantage. Quand l’activité touristique est réduite à un commerce de sommeil dans les hôtels qui compensent en activités internes le vide sidéral en la matière dans les villes qui les abritent, on comprend aisément les raisons du marasme du secteur et les prix exorbitants de certains hôtels pour une offre somme toute fort modeste.

Il est certes important de raisonner en termes de capacités d’hébergement et de nombre de lits, mais les touristes ne veulent pas passer leurs séjours enfermés dans un hôtel. Or faute d’avoir investi dans l’offre touristique des différentes villes, c’est ce qu’ils font malheureusement. C’est ainsi que toute la réflexion des différents plans sectoriels s’est focalisée davantage sur l’extension des capacités et pas assez sur la mise des villes touristiques aux normes internationales. Ceci a eu pour conséquence de limiter fortement les effets d’entraînement du secteur sur le reste de l’activité économique, car il est resté limité à l’activité hôtelière. Par mise aux normes internationales, il faut entendre la transformation des villes touristiques en véritables centres de revenus, en mettant sur pied des offres de divertissement, de culture, de shopping et d’activités pour enfants et adolescents. Autrement dit, que propose nos villes touristiques à leurs visiteurs pendant cinq jours, une semaine, dix et quinze jours de vacances en termes d’activités, jour par jour ? C’est cet aménagement des villes, couplé à l’extension des capacités d’hébergement et à la qualification du capital humain dédié au secteur, qui fera sortir le Maroc de la logique de commerce du sommeil et le positionnera dans le club fermé des pays attirant plus de 20 millions de touristes. Ce n’est pas si compliqué et pourtant ! 

Le tourisme au Maroc en chiffres

• Deuxième contributeur à l’économie nationale : 11,4% du PIB.
• Deuxième créateur d’emplois : 515.000 emplois directs en 2016 (5% de l’emploi dans l’ensemble de l’économie).
• Contributeur important à la balance des paiements : recettes générées par les touristes étrangers de 63,2 milliards de dirhams, soit 19% des exportations des biens et services.
• Le solde du tourisme a couvert 27% du déficit de la balance commerciale.
• Le tourisme international : nombre d'arrivées de touristes non-résidents de 10,33 millions de touristes.
• Capacités d’hébergement : capacité litière classée de 242.624 lits, en progression de près de 11.290 lits supplémentaires par rapport à 2015.
• Les hôtels 3*, 4*, 5* et les hôtels clubs constituent 58% du total du parc de l’hébergement touristique classé.
Source : ministère du Tourisme au titre de l’année 2016

 

Par Nabil Adel
M. Adel est chef d'entreprise, consultant et professeur d’Économie, de stratégie et de finance. Il est également directeur général de l'Institut de Recherche en Géopolitique et
Géo-économie à l'ESCA.
[email protected]

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