La politique africaine menée sous la conduite éclairée de S.M. le Roi Mohammed VI ne cesse de porter ses fruits et de démontrer au fil des mois sa pertinence et sa clairvoyance. Après son retour à l’Union africaine en janvier dernier lors du Sommet d’Addis-Abeba, le Maroc a obtenu dimanche 4 juin 2017 l’accord de principe pour son adhésion à la Communauté économique des États de l'Afrique de l’Ouest. Le Sommet de Monrovia a en effet avalisé le principe d’admission du Royaume, comme membre à part entière, à ce groupement sous-régional. Une victoire de plus pour le Royaume qui a érigé depuis plusieurs années déjà la coopération avec les pays africains en axe majeur de sa diplomatie. Pour le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, l’accord de principe à la demande d’adhésion du Maroc à la Cédéao est «une reconnaissance de l’engagement personnel de S.M. le Roi Mohammed VI dans cette région».

De son côté, Mehdi Khoali, économiste à la Banque africaine de développement (BAD), estime que l’accord de principe accordé au Maroc est un pas important vers une intégration sous-régionale réussie, à même de servir de source d’inspiration au niveau de tout le continent. «Cet accord de principe témoigne clairement du rôle de taille que peut jouer le Maroc, sous la conduite éclairée de S.M. le Roi Mohammed VI, au sein de ce groupement sous-régional et de la forte impulsion que le Royaume ne cesse de donner à la coopération Sud-Sud et, surtout, aux liens séculaires et multidimensionnels qu’il tisse avec les pays membres de ce bloc économique sous-régional», a-t-il précisé. Une idée que partage le politologue Mohamed Benhammou, président du Centre marocain des études stratégiques (CMES).

«La présence du Maroc en tant que membre au sein de ce groupement régional va donner encore plus de poids, de force et de dynamisme à ce groupement et le hisser encore plus haut, que ce soit par son rang et son poids économique ou par sa place en tant que marché», a souligné M. Benhammou. Pour le directeur de l’Observatoire des menaces terroristes, des radicalismes, des risques criminels et cindyniques (OM2R), Abdoul Latif Aidara, l’accord de principe donné par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest à la demande d’adhésion du Maroc à ce groupement régional est «un succès diplomatique» justifié par l’ancrage du Royaume dans la région. Rappelons que les 15 pays membres de la Cédéao ont également décidé d’inviter S.M. le Roi Mohammed VI à la prochaine session ordinaire de l’organisation qui aura lieu au Togo en décembre prochain. À présent que l’accord de principe, qui est une sorte de caution politique, est acquis, quelle sera la prochaine étape ? Elle sera juridique et permettra à la commission d’examiner les dispositions juridiques à adapter pour rendre cette adhésion effective. De son côté, le Maroc entreprendra un travail juridique par rapport aux textes fondateurs de la Cédéao. Selon le chef de la diplomatie marocaine, l’aspect technique permettra, quant à lui, par la suite, de négocier les différents secteurs et domaines qui constituent l’acquis de la Cédéao.

Principal partenaire africain de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest sur le plan économique, le Royaume pourra apporter à ce groupement sous-régional une expertise et un savoir-faire avérés dans de nombreux domaines. La future adhésion du Maroc donnera à l’évidence un sérieux coup de fouet aux échanges commerciaux et aux relations de partenariat économique entre les deux parties et, partant, permettra de créer une dynamique économique profitable aux populations des deux côtés. C’est ce que confirme d’ailleurs une analyse d’Oxford Business Group (OBG). Le cabinet d’étude britannique estime en effet que l’adhésion du Maroc à la Cédéao permettra au Royaume de renforcer ses liens commerciaux en Afrique de l’Ouest, grâce à des relations étroites avec l’Union européenne (UE) et à une base industrielle croissante. L'OBG fait remarquer en outre que la demande d’adhésion du Maroc à la Cédéao survient au lendemain de la signature, le 18 mai, de deux protocoles d'accord entre le Royaume et le Nigeria, le principal État membre de la Cédéao en termes de population et de produit intérieur brut.
Le premier de ces protocoles fixe les modalités d'un partenariat entre la Nigerian National Petroleum Corporation, la compagnie pétrolière nationale du Nigeria, et l’Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc, dans le cadre duquel les deux organismes assumeront conjointement la gouvernance, la gestion et le financement d’un gazoduc qui reliera les deux nations.

Ce gazoduc régional devrait bénéficier à plus de 300 millions de personnes. Au cours des deux prochaines années, les deux organisations se pencheront sur la réalisation d’une étude de faisabilité ainsi que sur les études d'ingénierie et de conception d'avant-projet.
Le second protocole d’accord définit les modalités du deuxième volet d’un accord bilatéral relatif aux engrais, appelé «Fertiliser Initiative». Selon Jean Abi Nader, directeur exécutif du Conseil maroco-américain pour le commerce et l’investissement, cité par l’OBG, l’intégration progressive du Maroc aux marchés de l’Afrique subsaharienne est révélatrice des difficultés que rencontre l’Union du Maghreb arabe pour progresser de façon concrète vers ses objectifs économiques.