Nation

Se disant «diabolisées» par la presse

Les cliniques privées réclament plus d’avantages pour renforcer leurs prestations

author Ayoub Lahrache,

Les cliniques privées réclament plus d’avantages pour renforcer leurs prestations

Les propriétaires des cliniques privées n’ont pas bonne presse auprès de beaucoup de Marocains, et ils ne le savent que trop. Ils estiment que cette mauvaise réputation est injustifiée puisque l’exercice de la médecine libérale demande de gros investissements, mais ne génère qu’une faible rentabilité. C’est pourquoi l’Association nationale des cliniques privées est montée au créneau réclamant la révision de la tarification nationale de référence ainsi que des avantages fiscaux.

L’offre médicale privée joue un rôle essentiel dans le secteur de la santé au Maroc. Mais malgré l’importance de ce rôle, les cliniques privées trainent une mauvaise réputation auprès de l’opinion publique. Et pour cause, la qualité de l’accueil, jugé inhumain, ainsi que certaines pratiques qui frôlent l'illégalité et trahissent des fins mercantiles. Des pratiques que le nouveau bureau de l’Association nationale des cliniques privées (ANCP), élu en mars dernier, se dit engagé à combattre. Tenant une conférence de presse, lundi dernier à Casablanca, les nouveaux dirigeants de l’Association ont dénoncé ce qu’ils ont appelé «une diabolisation» du secteur des cliniques privées.
Pour l’ANCP, la presse y est pour beaucoup dans la mesure où elle véhicule l’image d’un secteur qui ne s’intéresse qu’au gain matériel et qui fait peu de cas de l’éthique inhérente à l’exercice de la médecine. Mais si l’Association s’obstine à affirmer que cette image est très loin de la réalité, il est difficile d’en convaincre beaucoup de citoyens qui ont vécu pour la plupart une expérience malheureuse en ayant affaire aux services de certaines cliniques privées.
La presse n’y est donc pour rien. Elle joue simplement son rôle en attirant l’attention sur les dysfonctionnements qui touchent nombre de secteurs, dont celui de la santé. Quand un responsable de l’ANCP affirme que «certaines informations publiées sans vérification par la presse risquent d’avoir des effets néfastes sur des patients qui renoncent aux soins après la lecture des journaux», on ne peut que se demander sur la relation de causalité dans ses propos n'est pas inversée.

Quoi qu’il en soit, l’Association tient à présenter les cliniques privées comme des projets demandant un grand investissement et générant une faible rentabilité, mais sans donner plus de précisions ou de chiffres étayant cela. En revanche, elle a affirmé que plus de 90% des malades ayant une couverture sociale ont recours systématiquement aux cliniques du secteur libéral. «Environ 60% de la population générale est prise en charge par l'hospitalisation privée», a confirmé le président de l’Association, Dr Redouane Semlali, qui a présenté ce secteur comme l’un des plus performants au monde, notamment en termes d’accessibilité aux soins.

Mais malgré les «performances remarquables du secteur», comme le décrivent les responsables de l’ANCP, certains freins entravent son développement. Dans ce sens, le président de l’Association a fait savoir que l’assurance maladie, mise en place depuis 10 ans, n'arrive toujours pas «à être en adéquation avec le système de soins efficient auquel aspire le citoyen marocain». Selon Dr Semlali, la tarification nationale est également «en hibernation et ne permet pas d’assurer une prise en charge médicale de qualité». La revalorisation de cette tarification est «indispensable pour permettre un accès aux soins fluide», a souligné le responsable.
Sur la liste des doléances de l’ANCP, on retrouve également des revendications d’ordre fiscal. En effet, une réforme de la TVA figure en tête des discussions menées avec le ministère de tutelle. Selon les explications données par Dr Semlali, les cliniques ne peuvent pas récupérer la TVA et au final c’est le patient qui la paye. «Ceci devrait être revu dans l’intérêt clair du citoyen, car il faut donner aux cliniques la possibilité de garantir la meilleure médecine à notre population», a-t-il estimé. 

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