Nation

Entretien avec Ousmane Amadou Sy, ambassadeur de la République du Mali au Maroc

«Le Maroc et le Mali prônent un partenariat gagnant-gagnant»

author El Mahjoub Rouane,

Ousmane Amadou Sy.

Ousmane Amadou Sy.

L’ambassadeur de la République du Mali, Ousmane Amadou Sy, aborde dans cet entretien les différents volets de la coopération entre son pays et le Maroc. Le diplomate analyse la situation politique au Mali, qui se prépare à l’élection présidentielle, prévue pour le 29 juillet.

Le Matin : Votre accréditation depuis 2014 à Rabat, en tant qu'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, explique la portée de la coopération entre le Maroc et le Mali, matérialisant ainsi la volonté de S.M. le Roi Mohammed VI et du Président Ibrahim Boubacar Kéïta de donner une nouvelle dimension aux relations bilatérales entre les deux États amis et frères. Quelle lecture faites-vous de cette coopération ?
Ousmane Amadou Sy
: Il convient de revisiter un peu la particularité des relations qui ont toujours existé entre nos deux pays. Le Maroc et le Mali sont liés par des relations multiséculaires et multiformes à la fois politiques, commerciales, culturelles, cultuelles et scientifiques. En effet, durant des siècles, à travers les routes caravanières, ces deux peuples à force de brassages et d'échanges ont entretenu et partagé des valeurs communes, à la fois, sociales, culturelles et religieuses. Au moment où l'intégrisme religieux cause du tort à l'Islam et à ses adeptes, nos deux pays ont toujours vécu durant des siècles plutôt un Islam modéré et de tolérance. De 1960 à nos jours, près d'une cinquantaine d'instruments juridiques régissent les relations de coopération entre nos deux pays. Une réelle impulsion a été donnée à cette coopération lors des deux visites historiques de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Bamako en 2013 et 2014. La première visite eut lieu du 18 au 22 septembre 2013 à l'occasion de l'investiture du Président de la République du Mali. La présence du Souverain à cette occasion a été pour nous une grande marque de considération et d'estime. La visite d'État du Souverain, quelques mois seulement après la première, du 18 au 23 février 2014, a revêtu un caractère exceptionnel, car elle a donné lieu à la signature de 17 conventions de coopération englobant tous les secteurs d'activité. Je citerai entre autres la coopération dans les domaines économique, financier, commercial, du développement rural, les mines, l'eau, l'énergie, l'équipement, les transports, les communications, les nouvelles technologies, l'artisanat, le tourisme, l'éducation, l'emploi et la formation professionnelle. Un satisfecit et une profonde reconnaissance du rôle ô combien précieux de l'apport de l'Agence marocaine de la coopération internationale. Nous ne la remercierons jamais assez pour sa disponibilité, son écoute pour la formation de nos étudiants dans les universités et les écoles d'enseignement supérieur et de formation professionnelle du Maroc.

Concrètement, quelle est votre analyse du partenariat économique entre les deux États ?
À tout point de vue, il s'agit d'un partenariat exemplaire, solidaire, dans un esprit «gagnant-gagnant» et non uniquement mercantile. L'expertise marocaine est reconnue et ses multiples preuves sont visibles de partout. Ce qui est extraordinaire, c'est la disponibilité et la disposition du Royaume à partager et à échanger avec ses frères subsahariens cette expertise. Je citerai le secteur bancaire où les résultats engrangés de part et d'autre sont excellents avec un apport significatif à l'économie nationale. Le Groupe BMCE Bank a une présence remarquée au sein de la première banque du Mali, en l'occurrence la Banque de développement du Mali (BDM). Le contrat d'assistance technique qui liait les deux banques dans les années 1984 s'est transformé en une prise de participation de BMCE Bank dans le capital de la BDM, qui s'est implantée dans certains pays de la sous-région, notamment la Guinée-Bissau, le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire, avec des résultats d'exploitation probants. Aujourd'hui, la BDM SA est la première banque au Mali et l'une des plus importantes dans l'espace UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine). Le groupe Attijariwafa bank est quant à lui l'actionnaire majoritaire de la Banque internationale pour le Mali (BIM) et est présent sur toute l'étendue du territoire. Elle vient en soutien aux sociétés coopératives de producteurs de coton et participe beaucoup au financement de l'économie nationale. D'autres banques de la place comme la Banque Atlantique et la Bank Of Africa sont contrôlées partiellement ou totalement par les banques marocaines. Il en est de même au niveau des télécommunications et des nouvelles technologies. Le groupe Maroc Telecom a pris le contrôle de l'opérateur historique de télécommunications au Mali, Malitel, et tient tête à la concurrence sur le marché local face à la multinationale Orange.

Votre pays organise le 29 juillet l'élection présidentielle, quels sont les enjeux de cette consultation. Sur le plan interne, beaucoup de choses ont été dites sur la sécurité dans le pays, notamment dans le Mali septentrional. Qu’en est-il exactement ?
Le Mali est un vieux pays, héritier d'une vieille et riche culture. À l'indépendance, nous étions l'un des rares pays à revendiquer le concept de nation. Le pays a toujours été à l'abri des soubresauts identitaires, ethniques ou religieux. Au moment où les démons de la division et du terrorisme nous guettent, il nous faudra puiser dans cette histoire commune. Les autorités maliennes ont réaffirmé à de multiples occasions que l'élection présidentielle prévue le 29 juillet prochain aura bel et bien lieu. L'enjeu de ce scrutin est d'être en phase avec les dispositions constitutionnelles et qu'il se tienne à la date indiquée, évitant tout vide juridique. Toutes les dispositions légales et règlementaires ont été prises pour que les élections se déroulent normalement dans la transparence et la quiétude. Le fichier électoral, objet souvent de contestation, a été audité et déclaré très fiable par des organismes internationaux, notamment les experts de la francophonie et ceux de l'Union africaine. Les cartes d'électeur biométriques sont disponibles sur toute l'étendue du territoire et leur distribution se poursuit. Il s'agira, plus que jamais à travers cette élection, de consolider et parachever les acquis de l'accord d'Alger sur la paix et la réconciliation nationale, de poursuivre le retour de l'administration dans les zones durement touchées par l'insécurité et favoriser ainsi le retour des réfugiés.

Quel message envoyez-vous à l'adresse de vos compatriotes résidant au Maroc ?
La communauté malienne résidant au Maroc est majoritairement composée d'étudiants. Certains, au terme de leurs études, décident de s'établir ici, et surtout ceux d'entre eux qui y ont trouvé l'âme sœur et fondé une famille. La décision pour ceux-ci de rester s'explique en partie par la qualité de l'accueil qu'ils ont reçu, la chaleur de leur intégration dans un pays ami et frère. Ils servent de courroie de transmission des valeurs du vivre ensemble auprès des étudiants et stagiaires maliens au Maroc. Ils se retrouvent au sein du Conseil de base des Maliens du Maroc. Une association reconnue tant au Maroc qu'au Mali. Je les invite à toujours être en règle avec les lois du pays d'accueil et les portes de la chancellerie leur seront toujours ouvertes pour les informer et les assister dans les différentes démarches administratives. Je leur conseille surtout d'observer une stricte neutralité vis-à-vis de la vie politique et institutionnelle du Royaume. S'agissant des migrants maliens, nous avons toujours des contacts avec eux, et tenons avec eux un langage de vérité, de conseil et, surtout, nous mettons en exergue la décision historique de Sa Majesté de régulariser tous ceux qui le voudront. Le premier souci qui sous-tend cette extraordinaire décision, c'est la conservation et la protection de leur dignité d'être humain. Nous avons des contacts soutenus avec l'Organisation internationale pour les migrations et grâce à cette bonne collaboration nous enregistrons, pour les retours volontaires au pays, une moyenne de 10 à 15 personnes par semaine, sans compter ceux qui repartent par eux-mêmes par voie terrestre.

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