L’Institut Cervantès de Casablanca accueille jusqu’au 31 janvier une exposition portant sur un ensemble de portraits de la collection de la Maison de la photographie de Marrakech des 19e et 20e siècles.
L’exposition avait été présentée à Arles en 2014 et illustre la fascination européenne pour le Maroc et sa pléiade de formes et de couleurs entre 1850 et 1950. L’exposition comprend des œuvres de grands photographes tels qu’Antonio Cavilla, Marcelin Flandrin ou encore Georges Washington Wilson. Nous voyons donc représentées dans une sobriété et un purisme frappant la beauté et la force du sujet marocain, juif, arabe ou encore berbère perçant la lentille d’un regard droit et fier ou le détournant pris de surprise dans une scène du quotidien. Ces hommes et femmes anonymes, dont le reflet capturé à Tanger, Tétouan, Moulay Idriss, Meknès, Fès ainsi que dans la Chaouïa, le Haut Atlas ou au sud du Maroc, éblouit encore de mystère, portent 
le Maroc dans sa diversité.

Certains de ses clichés, particulièrement ceux du Français Jean Besancenot, avaient été spécialement conçus comme moyens de documentation visuelle des costumes et parures marocaines et le but a été atteint. Les visiteurs auront le plaisir de redécouvrir les caftans à l’ancienne, ceinturés et tissés de fil de soie, aux épaules tombantes et larges, les fibules aux formes et tailles diverses pendant aux oreilles de femmes tatouées, le «Melhfa» et le «Haïk», ainsi que le «Chèche», le burnous ou la «Derâa». Cette exposition transporte le Casablancais, enfermé dans un quotidien au rythme infernal, dans une époque autre si proche 
et pourtant si lointaine où le temps s’écoulait autrement. 
Safaa Loukili Idrissi (stagiaire)