Nation

Entretien avec Driss Guerraoui, président de l’Université ouverte de Dakhla

«La Rencontre africaine de Dakhla a pour objectif de lancer les bases d’une instance panafricaine appelée à promouvoir l’intelligence économique en Afrique»

author El Mahjoub Rouane,

Driss Guerraoui.

Driss Guerraoui.

Dakhla accueille les 4 et 5 mai une Rencontre africaine sur l’intelligence économique, «Expériences nationales et partenariats africains». Cette Rencontre est organisée, sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dans le cadre de l’Université ouverte de Dakhla par l’Association d’études et de recherches pour le développement, en partenariat avec l’Agence marocaine de coopération internationale et l’appui du Groupe OCP. Le point avec Driss Guerraoui, président de l’Université ouverte de Dakhla.

Le Matin : Pourquoi une Rencontre africaine sur l’intelligence économique ?
Driss Guerraoui
: L’appropriation des pratiques de l’intelligence économique est devenue pour l’Afrique une condition incontournable pour accompagner son projet ambitieux que constitue la construction d’une nouvelle Afrique unie et forte. Car cette option impose au contient de disposer d’une stratégie de veille stratégique collective portée par la promotion de bonnes pratiques en cette matière pour assurer sa sécurité économique globale. Cet objectif est devenu essentiel pour une Afrique qui évolue dans un monde de plus en plus global, ouvert, interdépendant et connecté, connaissant l’émergence de formes atypiques d’insécurité, générant une nouvelle génération de guerres portées par des acteurs d’un genre nouveaux, utilisant des armes de plus en plus sophistiquées que les outils de la révolution numérique rendent complexes à affronter. Ces insécurités nouvelles rendent la compétition économique de plus en plus rude parce que soumise à des incertitudes et des risques majeurs difficiles à anticiper et donc à prévoir à l’échelle d’un seul État. De plus, sur un tout autre plan non moins important, ces insécurités nouvelles mettent les États africains devant des difficultés croissantes à lutter efficacement contre le terrorisme, le radicalisme, l’économie du crime, les trafics de tout genre, les migrations massives et forcées et les nouvelles générations de contestations et de révoltes.
Fait important à signaler dans ce cadre : face à ces insécurités, les États du continent se trouvent devant une situation de profusion de l’information économique, financière, juridique, scientifique, technologique, militaire et de renseignement qu’il convient de mieux analyser en vue de prendre les décisions les plus appropriées du point de vue des intérêts supérieurs de leurs nations. Cette complexité est accentuée et aggravée en Afrique par des situations sociales difficiles, notamment le chômage des jeunes et le creusement des inégalités, la faiblesse des systèmes de recherche scientifique, technologique et d’innovation et les impacts imprévisibles divers dus aux changements climatiques, qui sont en train de créer de nouvelles vulnérabilités pour les économies et les sociétés africaines. Dans ce contexte, disposer de systèmes nationaux de veille stratégique et de politiques publiques d’intelligence économique est forcément une condition indispensable pour préparer les pays africains à la Nouvelle Économie mondiale du XXIe siècle.

Où en est justement la situation de l’intelligence économique en Afrique ?
Comme je l’avais signalé dans une de mes contributions sur ce sujet, en l’absence d’études comparatives représentatives sur l’état de l’intelligence économique en Afrique, il est très difficile de faire un bilan général raisonné de toutes les expériences menées par tous les pays du continent. Toutefois, à partir de contributions disparates produites par des experts, des chercheurs et des institutions dédiées, plusieurs constats peuvent être dressés. Hormis quelques exceptions, l’intérêt des décideurs publics et des chercheurs africains pour les pratiques de l’intelligence économique est récent, embryonnaire et disparate. Il existe, certes, des initiatives, œuvres soit d’universitaires, soit d’acteurs institutionnels publics ou privés, mais celles-ci restent éclatées et sans retombées effectives en termes de structuration nationale du champ de l’intelligence économique. Dès lors, il n’y a pas en Afrique de politiques publiques à proprement parler dédiées à l’intelligence économique, gouvernées à partir d’un pilotage institutionnel unifié à une échelle élevée de l’État. Les structures existantes sont le produit soit de grands groupes bancaires et financiers, soit des quelques champions nationaux, soit tout simplement de firmes transnationales opérants dans les pays africains concernés.
La prise de conscience relativement tardive de l’intérêt pour l’intelligence économique découle du peu d’importance qu’accordent les dirigeants africains à cette dimension stratégique de la gouvernance de leurs économies et de leurs sociétés. Elle trouve aussi sa raison d’être dans le caractère déconnecté des structures d’enseignement et de recherche par rapport aux évolutions qu’a connues le champ du savoir économique et des sciences de management en matière de veille stratégique et d’intelligence économique. Elle est due, enfin, à la dépendance des pays africains des grands think tanks internationaux qui opèrent dans le monde avec les conséquences qui en découlent en termes d’émergence et de développement de démarches endogènes d’intelligence économique, de formation des compétences en cette matière et surtout de production autonome d’une pensée stratégique propre à chaque pays et par extension propre à l’ensemble du continent.

Est-ce qu’on peut dire que la Rencontre africaine de Dakhla vise à répondre à ces réalités et attentes ?
La Rencontre africaine de Dakhla, qui va réunir des spécialistes venant de 23 pays d’Afrique anglophones, lusophones et francophone et du Maghreb, a justement pour objectif de lancer les bases d’une instance panafricaine appelée à promouvoir l’intelligence économique en Afrique. Il s’agit d’un Forum qui va fédérer les associations africaines spécialisées dans ce domaine stratégique d’avenir pour le continent. Il aura pour missions de diffuser auprès des entreprises, des administrations, des collectivités territoriales, des universités et des centres de recherches la connaissance, le savoir et les savoir-faire en matière d’intelligence économique et de veille stratégique en Afrique, de développer les échanges et partager les expériences entre les associations membres de ce forum, d’approfondir l’examen des dimensions géostratégiques du continent africain, d’aider à la création d’associations nationales d’intelligence économique dans les pays africains qui n’en disposent pas encore, d’assurer des formations en intelligence économique et en veille stratégique au profit des institutions publiques et privées, de mener des études et des recherches dans ce domaine et d’organiser des activités scientifiques, culturelles et tout autre événement rentrant dans le cadre des objectifs du forum.

Quelles sont les retombées attendues par l’Université ouverte de Dakhla avec la création du Forum des Associations africaines d’intelligence économique ?
Comme l’indiquent les termes de la convention qui va l’instituer, ce Forum entend contribuer à élever le niveau de formation, de qualification et d’expertise des opérateurs économiques, des acteurs institutionnels, des collectivités territoriales et des étudiants du continent africain en matière de pratiques d’intelligence économique et de veille stratégique, mettre à la disposition de ces opérateurs et acteurs les e-documents (livres, publications, audio et vidéo books ou tout autre moyen) susceptibles de favoriser le développement auprès de leurs membres de la connaissance et des applications des méthodes et outils de l’Intelligence économique, favoriser le transfert des bonnes pratiques entre les pays africains dans ce domaine, développer des partenariats entres les pays du continent en matière d’intelligence économique et de veille stratégique, lancer les bases de la création d’un Centre africain d’études et de recherches en intelligence économique et veille stratégique et enfin initier et développer des partenariats avec les associations non africaines d’intelligence économique poursuivant les mêmes objectifs. 

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