La décision d'un sommet réunissant la Turquie, l'Iran et la Russie qui serait annoncée «plus tard» a été prise au cours d'un entretien téléphonique jeudi entre les Présidents Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine, ont affirmé des responsables au sein de la présidence turque. Moscou s'est toutefois montré moins affirmatif quant à l'organisation d'un tel sommet : «Il a été question d'une rencontre entre les trois présidents. Aucune date précise n'a été déterminée», a commenté le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à l'agence RIA-Novosti. La Russie et l'Iran, qui soutiennent le régime de Bachar Al-Assad, et la Turquie, qui appuie l'opposition, avaient tenu un premier sommet trilatéral dans la station balnéaire russe de Sotchi en novembre dernier. L'annonce par les Turcs d'un deuxième sommet survient alors que la Syrie, déchirée par un conflit ayant fait plus de 340.000 morts depuis 2011, connaît depuis plusieurs semaines un regain de violences sur le terrain. Le régime syrien, soutenu par Moscou et Téhéran, a lancé une nouvelle offensive contre la province rebelle d'Idleb (Nord-Ouest), et a renforcé cette semaine les bombardements contre l'enclave de la Ghouta orientale, près de Damas. En parallèle, la Turquie a lancé le mois dernier une offensive dans la région d'Afrine (nord-ouest de la Syrie) contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). Ce faisant, elle a ouvert un nouveau front dans un conflit déjà complexe. Si elles soutiennent des camps opposés en Syrie, la Turquie et la Russie ont renforcé ces derniers mois leur coopération sur ce dossier dans le cadre d'un réchauffement de leurs relations après une grave crise diplomatique fin 2015. Avec l'Iran, ces deux pays ont notamment parrainé des discussions dans la capitale du Kazakhstan, Astana, ayant abouti à la mise en place de plusieurs «zones de désescalade» en Syrie censées contribuer à faire taire les armes. Lors d'un discours jeudi, M. Erdogan a de nouveau qualifié M. Assad d'«assassin», excluant toute discussion avec lui.