Emploi

Global Women Summit

Changer les règles du jeu et agir pour la diversité et l’inclusion

author Souad Badri,

Arrivera-t-il un jour où l’on va cesser d’appeler à la diversité et à l’inclusion des femmes, non parce qu’on a assez de le faire, mais parce que l’accès à l’emploi et aux postes de responsabilité serait basé uniquement sur les compétences  ? Dans un monde qui se métamorphose sans cesse, les efforts réalisés en faveur de l’égalité et de la diversité n’ont visiblement pas encore tenu toutes leurs promesses. C’est le constat dressé par plusieurs enquêtes qui pointent encore du doigt les discriminations.

Selon le World Economic Forum, au rythme actuel, il faudrait plus d’un siècle pour parvenir à la parité. C’est dire que les inégalités entre les sexes dans le monde professionnel sont très fortes, voire bien enracinées. Un autre rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) explique qu’«en comparaison avec les hommes, les femmes sont moins susceptibles d’occuper un emploi à plein temps, ont plus de chances d’occuper un emploi à bas salaire et ont moins de chances de progresser professionnellement. En conséquence, les femmes continuent à gagner moins que les hommes et ont un plus grand risque de finir leur vie dans la pauvreté». Un troisième rapport, élaboré cette fois-ci par l’Organisation mondiale du travail (OIT), indique que les disparités professionnelles entre hommes et femmes n’ont pas connu de véritable diminution depuis 20 ans et que l’écart entre les taux d’emploi des hommes et celui des femmes n’a diminué que de moins de deux points de pourcentage.

Face à ces constats, d’autres études mettent en évidence l’impact positif de la diversité et de l’inclusion sur la productivité des entreprises et plus généralement sur la croissance économique. Ainsi, et selon une étude du Fonds monétaire international (FMI), les femmes et les hommes apportent au monde du travail des compétences et des optiques différentes, et ont notamment une approche distincte du risque et de la collaboration. Les recherches réalisées par le FMI ont aussi montré que les entreprises voient leurs résultats financiers s’améliorer lorsque la composition de leurs conseils d’administration est plus équilibrée entre hommes et femmes. En effet, selon des données, macroéconomiques, sectorielles, et au niveau des entreprises, les femmes et les hommes sont complémentaires dans le processus de production, ce qui bénéficie davantage à la croissance que le seul fait d’augmenter le taux d’emploi des femmes. Autrement dit, l’accroissement du nombre de femmes dans la population active devrait entraîner des bienfaits économiques plus importants qu’un accroissement équivalent du nombre d’hommes. Une analyse signée Christine Lagarde, directrice du FMI, va encore plus loin en affirmant que «l’inégalité des chances entre femmes et hommes représente des coûts économiques colossaux et peut porter atteinte à la santé économique des nations. Nous découvrons aujourd’hui que ces coûts sont même supérieurs à toutes nos estimations précédentes».

Que manque-t-il pour changer ?
«Maintenant que nous sommes face au tableau complet de la situation, il est d’autant plus impérieux de tout mettre en œuvre pour améliorer l’équité entre les femmes et les hommes», lance la directrice du FMI. Le même combat est mené par l’OIT qui consacre une section entière pour les questions de parité dans le milieu professionnel. Dans son dernier rapport, l’Organisation appelle à agir en urgence pour réaliser l’égalité entre les sexes en entreprenant des changements politiques et en agissant dans toute une série de domaines qui se renforcent mutuellement. C’est dans ce même esprit que s’est inscrite la dernière édition du Global Women Summit (GWS) qui s’est tenue à Casablanca les 25 et 26 avril dernier, sous la Présidence d’Honneur de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem. Orientée principalement vers la diversité et l’inclusion des femmes, cette édition s’est ouverte sur l’Afrique pour élargir le débat et rendre compte des problématiques genre qui subsistent dans tout le continent. «La plupart des sociétés, du fait de leur transformation digitale, passent aujourd’hui par une phase de transition avec son lot de perturbations. Elles tentent de faire évoluer leur business model, voire de le changer en profondeur, d’innover et surtout d’exister. La reconnaissance de la diversité et la diversité genre est essentielle : il est souvent plus difficile de changer pour innover, alors que c’est plus facile d’amener plus de diversité dans ses rangs ; de faire corps avec la réalité, être le plus représentatif de la société actuelle. Diversité et performances sont intimement liées», explique Hanane Ait Aissa, directrice de Startup Grind et fondatrice du Global Women Summit (GWS). 

À travers des thématiques comme le «Game Chengers In Diversity & Inclusion», «Managing Success & Career Guidance», ou «Leading & Empowerment», les intervenants au GWS ont unanimement appuyé l’urgence de réagir et prendre les choses en main pour élaborer un plan d’action en matière d’équité, de diversité et d’inclusion. «L’inclusion des femmes a un impact direct sur la croissance. La mixité devrait faire partie naturellement de toutes les instances de gouvernance et dans le business parce qu’une société est faite de toutes ses composantes. Mais la situation est tout autre et il est urgent de réagir en prenant compte des études qui démontrent que la diversité et l’inclusion sont les clés de la croissance», indique Hind Lfal, DGA en charge du Pôle Colis & Logistique à Barid Al-Maghrib. Même son de cloche chez Amina Figuigui, DG de l’Office national des pêches, qui a noté, par ailleurs, que le changement doit émaner de la femme elle-même, mais que la contribution de toutes les parties prenantes est nécessaire tout en insistant sur le rôle des politiques et du pouvoir institutionnel.
Pour sa part, Zakia Hajjaji, DRH chez Orange Maroc, a défendu l’idée qu’il faut qu’on arrive à dépasser ces questions de parité et de diversité et se rendre à l’évidence que la femme agit et avance au même pied d’égalité que l’homme et qu’elle excelle dans tous les domaines. Sana Griguer, DRH chez Swissport, partage ce même avis et affirme que la femme participe de manière active dans le développement du pays et aussi au niveau du continent. «Nous sommes actuellement à l’ère de la mobilisation pour le Women Empowerment», positive Salma Adnan, présidente de Women Innovation Network. Et d’ajouter que la situation actuelle, au Maroc et en Afrique, dénote d’une réelle prise de conscience par rapport à la question de la diversité et de l’inclusion, «beaucoup de choses ont été faites, mais nous avons encore un chemin à parcourir et il faut profiter des signes positifs que nous constatons actuellement pour aller de l’avant».
La voie donc est toute tracée, celle d’abord du respect des droits qui est le fondement d’un monde plus équitable, et celle de la diversité et de l’inclusion comme leviers de croissance. 


Déclaration de Hanane Ait Aissa, directrice de Startup Grind et fondatrice du Global Women Summit

«Ce sommet a été un moment pour apporter des éléments de réponse en vue d’accompagner les chefs d’entreprises et dirigeants dans le design et le déploiement des stratégies disruptives en agissant sur : la Diversité genre, la Technologie & l’Inclusion. Le choix de cette thématique nous a été inspiré par le fait que la plupart des sociétés, du fait de leur transformation digitale, passent aujourd’hui par une phase de transition avec son lot de perturbations. Elles tentent de faire évoluer leur business model, voire de le changer en profondeur, d’innover et surtout d’exister. La reconnaissance de la diversité et la diversité genre est essentielle : il est souvent plus difficile de changer pour innover, alors que c’est plus facile d’amener plus de diversité dans ses rangs ; de faire corps avec la réalité, être le plus représentatif de la société actuelle. Diversité et performances sont intimement liées.
 Axé sur l’action, le GWS a été marqué cette année par le lancement du programme “Growth Women” qui consiste à supporter les femmes et leur donner le soutien pour qu’elles puissent prendre en main leur destin, via des séances de mentoring & coaching, des ateliers de formations, et un espace de networking. Ce Global Women’s Summmit, qui a eu lieu autour de la thématique “The Future is African” a permis aux dirigeants et aux organisations d’établir des liens, d’apprendre et d’agir sur la diversité, l’inclusion et la diversité genre dans un monde qui évolue et qui se métamorphose.»


Déclaration de Hicham Serghini, CEO Caisse Centrale de Garantie

«L’inclusion des femmes passe également par l’accès au financement. Cet élément a toute son importance pour promouvoir l’inclusion. Nous parlons notamment pour les TPE, les startups, mais également pour les particuliers à travers l’accès au logement par exemple. Cette ouverture donne ainsi accès au financement à des tranches auparavant exclues du secteur financier. L’idée également centrale de ce sommet est de mettre l’accent sur l’approche genre et comment parvenir à promouvoir l’entrepreneuriat féminin. Au Maroc, il faut noter un certain nombre d’actions, notamment celles initiées par la Caisse Centrale de Garantie, que ce soit à travers des outils de garantie qui permettent à des TPE d’accéder au financement. Il ne faut pas oublier le partenariat féminin à travers le programme “Ilayki” pour booster et favoriser l’entrepreneuriat au féminin. L’offre aux startups est également importante puisqu’elle permet de mieux accompagner ces projets et participer ainsi à la réduction de la faille du marché qui existe au Maroc. L’objectif de toutes ces actions est d’arriver, dans les prochaines années, à ce que la question de financement, qui fait partie de la problématique globale de l’inclusion financière, puisse être réduite.»

Déclaration de Xavier Reille, Country manager Maghreb-World Bank Group

«Il est important de traiter du thème de l’inclusion et de l’employabilité féminine au Maroc et en Afrique. Les femmes sont un vivier de talents pour l’entreprise marocaine, il est d’ailleurs prouvé que les organisations qui comptent des femmes dans leur conseil d’administration ont une meilleure performance que celles qui n’en ont pas. On sait aussi que les femmes contribuent à la création de richesse et au PNB, et on sait aussi que les femmes aident à avoir moins d’inégalité dans la société puisqu’elles contribuent au niveau financier. Tout cela prouve que c’est vraiment important qu’on travaille tous ensemble pour pousser vers une participation encore plus déterminante de la femme dans la croissance économique. 
C’est également un élément que le groupe Banque mondiale érige en priorité qu’on gère de manière inclusive en aidant notamment les entreprises qui veulent employer plus de femmes à déployer des politiques qui leur permettent de recruter de les recruter et de les aider à développer leur carrière. Sur le plan de l’inclusion financière, le groupe Banque mondiale agit aux côtés des banques pour les aider à considérer le marché féminin comme un marché d’opportunité pour leur business. 
Nous mettons ainsi à leur disposition les outils, les financements et le savoir-faire pour promouvoir la bancarisation des femmes de manière durable. Si l’on veut identifier quelques axes sur lesquels il faut accentuer le travail, nous dirons  :
1. Mesurer pour pouvoir suivre la performance : aujourd’hui, il faut qu’on ait des indicateurs clairs sur le nombre d’entreprises féminines et qu’on puisse suivre leur développement dans le temps. À ce sujet, je dirai qu’il faut travailler sur la définition même de l’entreprise féminine.
2. Travailler sur l’employabilité des femmes et veiller à ce qu’elles prennent place dans les postes de responsabilité au niveau du middle et du senior management et au conseil d’administration.
3. Agir au niveau de l’inclusion financière pour promouvoir la bancarisation des femmes. 17% seulement des femmes ont un compte bancaire, c’est un seuil qu’il faut dépasse.
Il faut, par ailleurs, rester positif et croire notamment en l’opportunité qu’offre la digitalisation pour changer les règles du jeu et faire des bonds en avant.»

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