Emploi

Transformation des entreprises

Digitalisation, l’inévitable chemin pour la pérennisation des TPME

Hafsa Sakhi,

Se digitaliser ou ne pas se digitaliser ? La digitalisation est-elle un facteur clé pour réussir son activité ? La transformation est-elle vraiment inévitable ?... Ce sont là les principales questions que se posent les TPME marocaines face au phénomène 4.0. Des interrogations qui trouvent tout leur intérêt dans le fait que la digitalisation apporte son lot de contraintes et de défis notamment financiers et humains.

Le numérique prend de plus en plus une place importante dans notre quotidien, au point de ne plus réussir à s’en passer. Le monde s’est tellement digitalisé qu’on a du mal à croire que certains n’arrivent pas encore à emprunter ce virage. Et pourtant, c’est le cas de certaines entreprises, et surtout les Très petites et moyennes entreprises (TPME).
En effet, si la majorité des sociétés sont conscientes de l’importance de la transformation digitale pour tous les avantages qu’elle apporte, elles doivent faire face à plusieurs défis et contraintes pour se lancer.
Afin de dresser l’état des lieux du phénomène 4.0 dans l’entreprise marocaine, notamment les TPME, le Conseil stratégique et d’accompagnement opérationnel, Officium et l’Observatoire marocain des pratiques de management (OMPM) ont réalisé une enquête dans ce sens, dont les résultats préliminaires ont été rendus publics récemment.
Invité de «Matin TV», Réda Taleb, consultant en transformation digitale, CEO & Founder Officium Maroc, nous a dévoilé les nouveaux résultats intermédiaires : «L’étude est toujours en cours, mais nous avons déjà une base suffisamment solide pour pouvoir partager les premières conclusions».
Il ressort de cette étude que près de 80% des TPME marocaines sont conscientes de la transformation digitale et considère que le phénomène 4.0 est associé à une entreprise intelligente et communicante. «Lorsqu’on pose la question sur le phénomène 4.0, 57% des patrons d’entreprises interrogés nous révèlent que ce phénomène est associé à une entreprise intelligente et communicante. C’est dire que ces patrons sont déjà conscients de l’intérêt d’avoir une entreprise qui se transforme», précise Réda Taleb.
Un constat confirmé par Hatim Ibn Talib, directeur d’une TPME : «La transformation digitale de l'entreprise n'est plus un choix que l'on qualifierait de secondaire. Au contraire, c’est un virage inévitable au risque de perdre en termes de productivité et de compétitivité».
Concrètement, quel est l’apport de la transformation 4.0 pour l’entreprise ?
Pour une grande majorité de compagnies, la digitalisation est surtout un moyen d’optimiser les ressources et de gagner en rendement et en relation clients. «Plus de 67% des répondants révèlent l’enjeu de l’augmentation de l’efficience et non pas de l’efficacité, tandis que 57,9% des répondants mettent en avant l’enjeu de l’innovation pour les TPME marocaines», souligne le CEO & Founder Officium.
«Nous avons choisi la voie de la digitalisation avec la création d’un site web et des pages Facebook et Instagram. Pourquoi ? Parce que les réseaux sociaux nous permettent de mieux nous faire connaitre et de mieux prospecter pour entrer en contact avec la cible/marché que nous cherchons. Les publicités sur Facebook, nous renseignent à un très haut niveau sur les données de nos contacts (ville, secteur, âge, centre d’intérêt, heure de connexion…)», explique de son côté Bouchra El Fatemi, directrice et fondatrice d’une TPME. Et d’ajouter que «Grâce à un formulaire intégré à notre site, nous recueillons une base de données précieuse (téléphones, emails, villes) de nos clients potentiels ainsi nous pouvons rester en contact avec eux dans le cadre d’une promotion, ou du lancement d’un nouveau produit/service, et affiner nos offres pour mieux répondre à leurs besoins».
Face à tous ces avantages, la question est de comprendre pourquoi toutes les TPME marocaines n’arrivent pas à franchir le cap de la digitalisation. «Le premier frein qui bloque les entreprises est l’incapacité des dirigeants à sortir de leur zone de confort et d’apporter ce changement de fond. À cela s’ajoute le fait que la plupart d’entre eux lient cette transformation aux réseaux sociaux uniquement», relève Hatim Ibn Talib.
Pour Bouchra El Fatemi, la principale contrainte est d’ordre financier. «Avant le démarrage de l’activité, nous avons axé notre stratégie marketing et communication sur le digital. Partant de zéro, nous n’avons rencontré aucune contrainte à part, peut-être le coût de création et de gestion des pages. Et comme toute activité, il faut rester constamment en contact “virtuel” avec les clients», indique-t-elle.
Des constats confirmés par Reda Taleb qui considère qu’aucune transformation digitale n’est possible avec zéro investissement. «Au-delà d’adopter la culture et d’avoir une ambition, le chemin de la transformation digitale nécessite de se donner les moyens nécessaires». L’autre point à ne pas négliger, selon l’expert c’est l’importance de l’accompagnement des TPME. «Aujourd’hui, il y a un réel besoin pour les TPME de se faire accompagner par les experts. On demande aux entreprises d’être expertes dans leur domaine, mais en revanche, elles doivent être accompagnées pour réussir la transformation digitale», insiste-t-il.
Par ailleurs, l’étude sur le phénomène 4.0 fait ressortir d’autres obstacles qui entravent la transformation digitale chez les TPME, à savoir le défi humain (67.5%), la ré-ingénierie des méthodes de travail et des procédés (50.5%), et une certaine résistance au changement. «Le défi n’est pas technologique et technique, mais plutôt humain. D’ailleurs, à peu près la moitié des dirigeants d’entreprises affirment qu’ils ne disposent pas de ressources humaines suffisantes pour réussir la transformation digitale. D’un autre côté, il ne s’agit pas seulement d’avoir la technique et le soft nécessaires, mais plutôt de fonctionner différemment. Ce défi est à combiné avec un autre lié à la culture, dans le sens où il faut d’abord comprendre en quoi consiste la transformation digitale et quel est l’enjeu du phénomène 4.0», conclut Réda Taleb. 


Entretien avec Réda Taleb, consultant en transformation digitale, CEO & Founder Officium Maroc

«Le digital constitue un virage important qui doit être porté par la direction générale, car c’est le seul moyen de le faire avancer»​

Management & Carrière : Pourriez-vous nous communiquer les premiers résultats de l’étude portant sur la transformation digitale des TPME ?
Réda Taleb : Je tiens, tout d’abord, à préciser que l’étude est toujours en cours, mais nous avons déjà une base suffisamment solide pour pouvoir partager les premières conclusions. Le premier constat qui relève de cette étude est qu’il y a un peu moins de 80% des TPME qui disent être conscientes du phénomène 4.0. Ces entreprises regroupent un certain nombre de concepts autour de la transformation digitale et réfléchissent encore à la manière avec laquelle elles peuvent s’organiser pour ne pas rater ce virage. Je tiens aussi à souligner que l’enquête, de façon générale, a porté sur l’ensemble des tailles des entreprises, mais nous allons zoomer sur les résultats qui concernent les TPME. 

Quelle lecture faites-vous de ces résultats et quels sont les constats les plus marquants ?
Les résultats de cette étude sont d’une richesse inouïe du fait qu’à ma connaissance, il n’y a pas eu auparavant une enquête qui donne vraiment la parole aux patrons des TPME et qui leur permet de s’exprimer sur ce sujet. Cette étude a déjà le mérite d’exister puisqu’elle nous apporte un ensemble d’éclairages, soit pour confirmer des appréciations qu’on peut déjà avoir, soit pour nous apprendre de nouvelles choses. À titre d’exemple, lorsqu’on pose la question sur le phénomène 4.0, quelque 57% des patrons d’entreprises interrogés nous disent que ce phénomène est associé à une entreprise intelligente et communicante. C’est dire que ces patrons sont déjà conscients de l’intérêt d’avoir une entreprise qui se transforme, non seulement en adoptant des réflexes technologiques, mais plutôt en devenant plus intelligente et plus communicante tout en mobilisant les ressources internes. Autre constat marquant : 30% des patrons confirment que la transformation digitale est une réalité qu’ils ont intégrée dans leurs projets d’entreprises à travers une réflexion et une mobilisation des moyens. Un autre tiers des patrons nous disent qu’ils sont conscients du phénomène, mais ils ne savent pas par où commencer. Un troisième tiers des entreprises nous disent plutôt que la transformation digitale n’est pas du tout un axe inscrit dans leurs projets. Cela nous interpelle du fait qu’en 2019, est-il vraiment permis à un chef d’entreprise de dire que son entreprise n’est pas encore impliquée dans la transformation digitale, sachant que le prix à payer pour les entreprises qui ratent ce chemin est clairement l’échec et la contre-performance.

On a l’impression que la transformation digitale au niveau des TPME est l’affaire de la direction générale. Comment expliquer cela ?
Effectivement et c’est déjà une très bonne nouvelle en soi. Cette vérité a été constatée à la fois pour les TPME, mais aussi pour les grandes entreprises. Il faut savoir que l’essentiel des projets de la transformation digitale est porté par la direction générale, ce qui veut dire qu’on accorde à ce chantier toute l’importance qu’il mérite. Le digital constitue un projet de transformation réel qui concerne l’ensemble des salariés et qui ne doit pas être vu uniquement sur l’axe technologique. Dans le cadre des TPME particulièrement, le résultat tiré de l’enquête ne nous étonne pas du tout du fait que les ressources disponibles sont limitées. En effet, le digital constitue un virage important qui doit être porté par la direction générale, car c’est le seul moyen de le faire avancer et de lui donner le «sponsorship» qu’il lui faut en interne. 

Outre la composante financière, quels sont les freins qui entravent la transformation digitale chez les TPME ?
Au niveau de l’étude, le défi humain revient à 67,5%. Aujourd’hui, nous sommes conscients que pour instaurer la transformation digitale, le défi n’est pas technologique et technique, mais plutôt humain. De même, plus de 56% des répondants pensent que ce défi est étroitement lié à celui des compétences. D’ailleurs, à peu près la moitié des dirigeants d’entreprises ayant répondu à l’étude affirment qu’ils ne disposent pas de ressources humaines suffisantes pour réussir la transformation digitale. Autre défi : la réingénierie des méthodes de travail et des procédés. Aujourd’hui, pour réussir la transformation digitale, il ne s’agit pas seulement d’avoir la technique et le soft nécessaires, mais plutôt de fonctionner différemment. Cela s’explique par le fait qu’on est amené à fonctionner différemment avec différents publics et marchés. L’enjeu pour les entreprises est de repenser la manière avec laquelle elles fonctionnent. Ce défi est à combiner avec un autre qui est celui lié à la culture. Plus de 40% des répondants soulignent qu’il existe un défi culturel dans le sens où il faut d’abord comprendre en quoi consiste la transformation digitale et quel est l’enjeu du phénomène 4.0. 

À votre avis, pourquoi la digitalisation est-elle si importante pour les TPME marocaines ? 
Aujourd’hui, on considère que la transformation digitale est un moyen d’améliorer ce qu’on fait déjà. Plus de 67% des répondants révèlent l’enjeu de l’augmentation de l’efficience et non pas de l’efficacité. C’est dire que les entreprises y voient un moyen d’optimisation des moyens qui se traduit, notamment par un gain de temps avec moins de déperditions. Une réflexion qui trouve toute sa logique partant du principe que l’enjeu principal pour la TPME est de gagner en compétitivité. Celle-ci passe par l’optimisation des moyens et donc la digitalisation peut apporter une solution aux TPME qui souhaitent gagner en performance. Autre élément et non des moindres : le digital permet de favoriser l’innovation. 57,9% des répondants mettent en avant l’enjeu de l’innovation pour les TPME marocaines. Cela concerne aussi bien les produits et les services, mais aussi la manière de fonctionner. Cet enjeu est important aussi bien pour les TPME que pour les grandes entreprises, partant du principe que moins on a de moyens, plus on a besoin d’améliorer notre façon de faire pour un meilleur impact sur le marché. Autres facteurs à citer : l’agilité dans les équipes, la réduction du «time to market» ainsi que l’optimisation des moyens de production. À travers les points que je viens de citer, on voit très bien que la transformation digitale a un enjeu fondamental pour la TPME marocaine qui est celui de l’amélioration de sa compétitivité.

En tant qu’expert dans le domaine, comment les TPME marocaines peuvent-elles aujourd’hui emprunter le chemin de la transformation digitale ?
Outre le défi humain, la TPME marocaine fait face à un véritable enjeu qui est celui de la mobilisation des ressources financières permettant aux patrons d’entreprises de se doter des moyens pour réussir la transformation digitale. Il faut tout de même l’admettre : on ne commence pas la transformation digitale avec zéro investissement. Pour répondre à votre question, je dirai qu’au-delà d’adopter la culture et d’avoir une ambition, le chemin de la transformation digitale nécessite de se donner les moyens nécessaires. Les entreprises ont aujourd'hui compris qu’il faut emprunter le chemin du digital tout en adoptant une méthode et des moyens adéquats et qu’au bout de champ, il y aura un retour sur investissement. Autre point à ne pas négliger : l’importance de l’accompagnement des TPME. Il y a actuellement un réel besoin pour les TPME de se faire accompagner par les experts. On ne peut pas demander à un chef d’entreprise opérant dans un secteur donné d’être également expert dans la transformation digitale. On demande aux entreprises d’être expertes dans leur domaine, mais en revanche, elles doivent être accompagnées pour réussir la transformation digitale. 
Entretien réalisé par Nabila Bakkass

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