Monde

La guerre est aussi économique

Haftar contrôle les champs pétroliers, la production est gérée par la compagnie nationale de Tripoli et l’argent par la Banque centrale de l’ouest du pays.

21 Mai 2019 À 18:17

En Libye, où les deux camps rivaux sont dans l’impasse sur le terrain militaire, la bataille risque de s’envenimer autour de l’économie et de la gestion des ressources de ce riche pays pétrolier.r>Six semaines après le début de l’assaut sur Tripoli du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est du pays, les positions militaires sont figées aux portes de la capitale où siège le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez Al-Sarraj. Minée par les luttes d’influence depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est dirigée par deux autorités rivales: le GNA reconnu par la communauté internationale et un cabinet parallèle installé dans l’Est et soutenu par le maréchal Haftar. Chacun des deux camps dispose de sa «Banque centrale» et de sa «compagnie nationale» de pétrole (NOC) dans un pays en crise économique profonde depuis 2014. Si l’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal Haftar contrôle depuis l’été 2018 les plus importantes installations pétrolières du pays, la commercialisation et la gestion des revenus du brut reviennent à la compagnie pétrolière nationale (NOC) et à la Banque centrale (BCL) basées à Tripoli.

Des résolutions de l’ONU stipulent, en effet, que le pétrole doit rester sous le contrôle exclusif de la NOC basée dans la capitale. Et c’est à Tripoli de verser chaque mois les salaires des fonctionnaires dans tout le pays, y compris aux forces loyales au maréchal Haftar qui combattent pourtant le GNA. Le chef du GNA avait d’ailleurs promis de priver les membres de l’ANL de leurs salaires, après le lancement de l’assaut contre la capitale, qui aurait été motivé, entre autres, par des raisons économiques, selon des analystes. Dans sa contre-offensive contre le maréchal Haftar, le GNA semble vouloir profiter des atouts économiques dont il dispose pour affaiblir ses rivaux. Fin avril, la Banque centrale à Tripoli a ainsi limité l’accès aux fonds à des banques basées dans l’est du pays, invoquant des «irrégularités» constatées dans les transactions des établissements financiers en question pour justifier ces restrictions. 

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