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Émancipation économique des femmes : le Maroc bien positionné, mais peut mieux faire

Najat Mouhssine Najat Mouhssine,

Émancipation économique des femmes : le Maroc bien positionné, mais peut mieux faire

Quelle place aujourd’hui pour les femmes dans l’économie en termes de mobilité, de travail, de rémunération et d’entrepreneuriat… ? Dans un rapport publié tout récemment par la Banque mondiale, le Maroc a réalisé, ces dernières années, des progrès notables, mais beaucoup reste à faire ! Les résultats doivent inciter non seulement à maintenir la position actuelle mais à la renforcer.

C’est un fait. Aucun développement ne peut s’opérer s’il n’a pas pour base le respect de l’égalité des chances, combiné à une émancipation économique des femmes et leur participation active dans le processus de transformation de l’économie et de son développement. Il est indéniable que les pays qui sont parvenus à un stade avancé ont mis en œuvre des politiques, des stratégies et des réformes offrant aux femmes l’opportunité de s’épanouir et de devenir un acteur indispensable qui participe à la mutation de la société. En témoigne le dernier rapport «Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2020» publié récemment par le Banque mondiale (BM). Sixième d’une série d’études, ce rapport analyse les lois et réglementations affectant les opportunités économiques des femmes dans 190 économies mondiales. Le projet démontre, encore une fois, que «l’égalité des chances économiques et l’équité devant la loi ne sont pas seulement une politique sociale avisée, mais constituent aussi une politique économique judicieuse». Par ce travail, la BM souhaite mettre à la disposition des États sondés des indicateurs et de mesures de progrès clairs permettant d’analyser, d’une part, les domaines de croissance en termes d’émancipation féminine et, d’autre part, les points à améliorer dans une perspective de contribuer à la réflexion sur le débat.
Le rapport a pris en compte huit indicateurs – «Mobilité», «Travail», «Rémunération», «Mariage», «Parentalité», «Entrepreneuriat», «Actifs» et 
«Retraite» –, structurés autour des interactions des femmes avec la loi à mesure qu’elles entament, poursuivent et achèvent leur carrière. Ces indicateurs, expliquent les concepteurs, s’alignent sur les décisions économiques que les femmes sont amenées à prendre à différentes étapes de leur vie.
Globalement, «le rapport de cette année nous donne des raisons d’être optimistes», indique David R. Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale, affirmant que «Parmi les dix économies qui ont affiché le plus de progrès, neuf se situent au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne. Nombre de leurs efforts se sont concentrés sur les domaines du travail et de l’emploi après avoir eu des enfants. Il s’ensuit une amélioration de la capacité des femmes à entrer et à rester dans le monde du travail». Néanmoins, insiste-t-il, «il reste encore bien du travail à faire. Nous ne serons pas satisfaits tant que chaque jeune fille ne pourra pas évoluer dans la vie sans être confrontée à des entraves juridiques qui font obstacle à son succès. Le Groupe de la Banque mondiale se tient prêt à soutenir cette mission».

L’autonomisation économique des femmes : le Maroc bien positionné dans la région MENA
Dans cette mise à jour sur le progrès économique de femmes publiée tout récemment, «Le Maroc obtient un score de 75,6 sur 100 dans l’indice “Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2020”. Le score global du Maroc est supérieur à la moyenne mondiale de 75,2 et également supérieur aux moyennes régionales observées au Moyen-Orient et Afrique du Nord (49,6) et en Afrique subsaharienne (69,9)», explique au «Matin-Éco» Jesko Hentschel, directeur du Département Maghreb à la Banque mondiale.
Dans les détails, la BM explique que «Le Maroc obtient un score de 100 dans les indicateurs “Mobilité”, “Travail” et “Entrepreneuriat”. Les femmes marocaines ne sont donc pas restreintes par la loi dans leur liberté de mouvement, d’accès au marché du travail et d’entreprendre. Par exemple, elles sont légalement protégées contre le harcèlement sexuel au travail et peuvent immatriculer une entreprise de la même manière que les hommes». 
Autre point important soulevé est l’effort effectué par le Maroc au cours des dernières années notamment la réforme contre la violence domestique qui a été citée dans le rapport. Pour s’inscrire dans une démarche intégrée, Jesko Hentschel incite le gouvernement marocain à réformer dans d’autres domaines notamment le Code du travail pour permettre aux femmes d’accéder à des emplois de la même manière que les hommes (comme les exploitations minières). Le rapport relève, par ailleurs, que «les réformes dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) représentent presque le tiers des économies affichant une évolution positive significative observée au cours des deux dernières années. Néanmoins, il reste encore bien du chemin à parcourir».

En finir avec les stéréotypes : les pistes
«Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2020» est l’occasion de faire le point sur l’état d’avancement du débat. Pour apporter un peu plus d’éclaircissement sur cette question, «Le Matin-Éco» a contacté également des experts spécialisés. 
«La place de la femme dans notre pays n’est pas digne de notre monde en 2020. Le monde a radicalement muté dans un nouveau paradigme et nos mentalités sont restées ancrées dans un autre siècle. L’humanité est composée quasiment de 50% de femmes et celles-ci ne sont toujours pas en équation dans les stratégies politiques, économiques, sociales», ne cesse de le dire et de le répéter Jamal Belahrach, expert en ressources humaines, et CEO chez DEO Conseil International. 
Pour Asmâa Morine, experte en intelligence économique, «Il y a toujours ce décalage entre les textes qui globalement consacrent l’égalité entre les femmes et les hommes et la réalité du vécu et de l’interprétation des textes. Néanmoins, à se comparer aux autres pays arabes, le Maroc reste bien positionné, mais il y a vraiment un effort à faire en matière d’inclusion économique des femmes et sur la discrimination en termes de rémunération». Malheureusement, mais sans grande surprise, «Au Maroc et dans la région MENA, l’inclusion économique des femmes a été plus lente à venir vu la structure patriarcale de la famille dans ces régions. Et à ce jour, la tendance est très ralentie quand elle ne s’inverse pas. Au Maroc, le taux d’activité des femmes s’est même dégradé ces 20 dernières années», se désole l’experte. 
C’est ainsi que l’idée d’un vrai changement s’impose par le biais de la pleine autonomisation économique des femmes, comme le précise Mme Morine : «Toutes les études le prouvent, les répercussions positives sur la communauté sont incalculables quand la femme est économiquement indépendante. Elle sait défendre ses droits, ses enfants sont mieux scolarisés et cela se répercute sur le niveau de vie de toute la famille».
Jamal Belahrach reste, quant à lui, convaincu que «Sans révolution culturelle, sans un changement de mentalités, nous aurons beaucoup de mal à nous développer sur cette question et sur les autres également, car le lien est évident». Cette révolution culturelle doit être menée dans le cadre d’un nouveau contrat social qui accepte le rôle plein et entier des femmes dans le futur de la nation, suggère l’expert en ressources humaines.
Concrètement, cela passe aussi par la mise en avant «des modèles de réussites de femmes pas uniquement dans les villes, mais aussi et surtout dans le monde rural, valoriser le travail de la femme et lui reconnaître son droit au travail dans les faits», recommande Mme Morine. 


Émancipation économique de la femme marocaine : la BM poursuit son engagement

Interrogé sur les actions de la Banque mondiale en faveur de l’autonomisation des femmes au Maroc, Jesko Hentschel, directeur du Département Maghreb à la Banque mondiale, a assuré au «Matin-Éco» que l’institution mène une étude en coordination avec le Haut-Commissariat au Plan qui contribuera à mieux informer les discussions autour de cette question. «Nous menons actuellement une étude en coordination avec le Haut-Commissariat au Plan qui contribuera, nous l’espérons, à mieux informer les discussions autour de cette question. Les résultats préliminaires montrent que la population inactive est constituée à 80% de femmes, soit 8 millions au total. La grande majorité d’entre elles est peu qualifiée, mais plus de 2 millions de ces femmes ont un niveau d’éducation secondaire, voire supérieur. Nous cherchons donc à travers cette étude à mieux comprendre les raisons qui excluent ces femmes du marché du travail donc des opportunités et d’une autonomie financière». Les résultats de cette étude permettront de mieux informer les décisions du gouvernement pour mettre en place les mécanismes incitatifs nécessaires en faveur de l’activité féminine», assure le responsable.


Entretien avec Jesko Hentschel, directeur du département Maghreb à la Banque mondiale

«La Banque mondiale appuie, à travers le Programme pour l’inclusion financière et de l’économie numérique, une série de mesures pour améliorer l’accès des femmes à l’autonomie financière»â€‹

Management et Carrière : Vous venez de rendre public l’indice «Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2020». Comment évaluez-vous le score du Maroc par rapport à ses voisins arabes et africains ?
Jesko Hentschel
: Le Maroc obtient un score de 75,6 sur 100 dans l’indice «Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2020». Le score global du Maroc est supérieur à la moyenne mondiale de 75,2 et est également supérieur aux moyennes régionales observées au Moyen-Orient et Afrique du Nord (49,6) et en Afrique subsaharienne (69,9).
Le Maroc obtient un score de 100 dans les indicateurs «Mobilité», «Travail» et «Entrepreneuriat». Les femmes marocaines ne sont donc pas restreintes par la loi dans leur liberté de mouvement, d’accès au marché du travail et d’entreprendre. Par exemple, elles sont légalement protégées contre le harcèlement sexuel au travail et peuvent immatriculer une entreprise de la même manière que les hommes. L’indice «Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2020» a souligné la récente réforme au Maroc qui protège désormais les femmes contre la violence domestique. De concert avec le Maroc, la Tunisie et Djibouti ont également introduit des réformes similaires, élargissant ainsi le champ de protection des femmes de la région contre la violence. Six des dix économies qui ont le plus progressé vers l’égalité sont situées dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) : l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, Djibouti, la Jordanie et la Tunisie. Afin de s’inscrire dans ce mouvement régional positif, le Maroc peut poursuivre ses réformes dans d’autres domaines pour faire progresser l’égalité femmes-hommes dans le pays. Par exemple, à l’image du Niger et du Soudan du Sud qui ont supprimé les restrictions qui s’appliquaient à l’emploi des femmes dans les exploitations minières, la construction et la fabrication, le Maroc peut reformer son Code du travail pour permettre aux femmes d’accéder aux emplois dans les exploitations minières de la même manière que les hommes. Enfin, afin d’améliorer son score le plus bas, à 40 pour l’indicateur «Actif», le Maroc peut se pencher sur les inégalités persistantes dans le domaine des droits successoraux. L’équipe chargée du rapport «Les Femmes, l’Entreprise et le Droit» actualise les données de son rapport tous les ans et espère voir, dans les prochaines années, de nouvelles réformes au Maroc pour l’émancipation économique des femmes.

Comment la Banque mondiale appuie-t-elle les actions des gouvernements notamment au Maroc pour une émergence économique des femmes ?
L’autonomisation des femmes est un axe transversal des priorités du Cadre de partenariat entre le Royaume du Maroc et le Groupe de la Banque mondiale pour la période 2019-2024 et, à ce titre, plusieurs de nos programmes comprennent une composante visant à renforcer cet aspect.
Afin de répondre à la problématique de l’autonomisation des jeunes et notamment des femmes, nous appuyons, à travers le programme de «Soutien à l’inclusion économique des jeunes» des interventions qui cherchent à offrir des opportunités aux jeunes femmes marocaines, sur la base d’une analyse approfondie des obstacles auxquels elles sont confrontées pour accéder aux services d’orientation professionnelle, à la formation et au soutien à l’entrepreneuriat. Ce Programme innovant qui associe secteur privé, secteur public et société civile, a été lancé à titre pilote dans la région de Marrakech et servira de modèle à d’autres régions intéressées.
Autre mécanisme important permettant une sécurité économique des femmes : l’inclusion financière. La Banque mondiale appuie, à travers le Programme pour l’inclusion financière et de l’économie numérique (approuvé en février 2019), une série de mesures pour améliorer l’accès des femmes à une autonomie financière. En effet, selon la base de données Findex (https://globalfindex.worldbank.org/), seuls 17% des femmes marocaines possédaient un compte en banque en 2017. Le programme vise à améliorer la collecte des données pour assurer un meilleur suivi des disparités entre hommes et femmes et fournir aux responsables publics des éléments pertinents pour remédier à ces inégalités. Cette comptabilisation comprend également les programmes dont bénéficient les femmes marocaines dans le domaine de la microfinance et le crédit agricole. Enfin, en matière de représentation féminine dans les postes de décision, les femmes élues sont passées de 0,5% en 2003 à 12% en 2009 et 21% en 2015, en raison de la réforme du Code électoral introduisant une action positive sous la forme d’un quota de genre. Cependant, seules 21 femmes ont été élues présidentes d’un conseil municipal. Consciente que cette faible représentativité contribue à creuser les disparités sociales et de genre, la Banque mondiale soutient les interventions à travers le programme de performance municipale du Maroc qui vise à renforcer la voix des femmes et leur participation à la prise de décision dans la gouvernance locale, en particulier en promouvant l’élaboration et la mise en œuvre de Plans d’action communaux (PAC) qui identifient et répondent aux besoins spécifiques des femmes et des hommes en matière d’infrastructure et de prestation de services.
De façon générale, la sécurité économique des femmes passe par leur autonomisation et donc par leur accès au marché de l’emploi. Or au Maroc, la participation des femmes au marché du travail est extrêmement faible, notamment dans les villes où 82% des femmes ne travaillent pas. Dans le secteur privé, seuls 10% des nouvelles entreprises sont créées par des femmes. Nous menons actuellement une étude en coordination avec le Haut-Commissariat au Plan qui contribuera, nous l’espérons, à mieux informer les discussions autour de cette question. Les résultats préliminaires montrent que la population inactive est constituée à 80% de femmes, soit 8 millions au total. La grande majorité d’entre elles est peu qualifiée, mais plus 
de 2 millions de ces femmes ont un niveau d’éducation secondaire, voire supérieur. Nous cherchons donc à travers cette étude à mieux comprendre les raisons qui excluent ces femmes du marché du travail donc des opportunités et d’une autonomie financière. Les résultats de cette étude permettront de mieux informer les décisions du gouvernement pour mettre en place les mécanismes incitatifs nécessaires en faveur de l’activité féminine.

Quelles sont vos recommandations ?
En somme, l’autonomisation des femmes est un défi complexe nécessitant des interventions complémentaires aussi bien en termes de réglementation et d’incitatifs économiques que d’infrastructures et de sensibilisation. Lever les obstacles à la participation de la femme au marché de l’emploi est donc un axe stratégique pour le développement du Maroc lorsque l’on estime que cela peut contribuer à augmenter le PIB de près de 35%. 


Les chiffres à retenir :

• Le score global du Maroc est supérieur à la moyenne mondiale de 75,2.
• Le score global du Maroc est supérieur aux moyennes régionales observées au Moyen-Orient et Afrique du Nord (49,6) et en Afrique subsaharienne (69,9).
• En matière de représentation féminine dans les postes de décision, les femmes élues sont passées de 0,5% en 2003 à 12% en 2009 et 21% en 2015.
• La participation des femmes au marché du travail est extrêmement faible, notamment dans les villes où 82% des femmes ne travaillent pas. 
• Dans le secteur privé, seuls 10% des nouvelles entreprises sont créées par des femmes.
• Le taux d’activité des femmes dans notre pays ne dépasse pas les 24%.


Questions à Asmâa Morine, experte en intelligence économique

Management et Carrière : Quelle est votre lecture générale des résultats du rapport «Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2020» ?
Asmâa Morine
: Nous constatons que l’égalité parfaite entre les femmes et les hommes à l’échelle mondiale n’est pas encore pour demain avec une forte disparité entre le Nord et le Sud et entre les nations développées et les autres. Néanmoins, des efforts sont constatés même dans des pays traditionnellement connus pour leur forte discrimination à l’égard des femmes. Le combat continue et il faut persévérer.
Les résultats concernant le Maroc ne surprennent pas, car ils reflètent la réalité de l’égalité hommes-femmes au Maroc, il y a toujours ce décalage entre les textes qui globalement consacrent l’égalité entre les femmes et les hommes et la réalité du vécu et de l’interprétation des textes. Néanmoins, à se comparer aux autres pays arabes, le Maroc reste bien positionné, mais il y a vraiment un effort à faire en matière d’inclusion économique des femmes et sur la discrimination en termes de rémunération. Nous constatons que des pays de l’Afrique subsaharienne ont fait mieux que le Maroc et leur évolution concernant l’égalité hommes-femmes a été plus spectaculaire sans parler de l’Afrique du Sud qui est clairement au-dessus du lot en Afrique.

Bien que beaucoup d’économies aient pris des mesures pour réduire les obstacles à la participation des femmes à la vie économique, les progrès accomplis ne peuvent pas être assimilés à une réussite, souligne le rapport… Pourquoi à votre avis ?
Vous savez, les femmes n’ont réellement investi la sphère économique d’une manière structurée qu’après les deux guerres mondiales. En France, les femmes mariées n’ont obtenu le droit d’ouvrir un compte bancaire et administrer leurs biens qu’en 1965… C’est dire le retard qu’ont dû rattraper les femmes de par le monde. Au Maroc et dans la région MENA (Moyen-Orient/Afrique du Nord), l’inclusion économique des femmes a été plus lente à venir vu la structure patriarcale de la famille dans ces régions. Et à ce jour, la tendance est très ralentie quand elle ne s’inverse pas. Au Maroc, le taux d’activité des femmes s’est même dégradé ces 20 dernières années. Et c’est pourtant par le biais de l’autonomisation économique des femmes que nous pouvons espérer développer notre pays. Toutes les études le prouvent, les répercussions positives sur la communauté sont incalculables quand la femme est économiquement indépendante. Elle sait défendre ses droits, ses enfants sont mieux scolarisés et cela se répercute sur le niveau de vie de toute la famille.

Quels sont les principaux défis que doit relever le Maroc dans les prochaines années pour augmenter son score ? Et quelles actions concrètes doivent prendre les institutions et les responsables publics dans ce sens ?
Le défi est celui de l’éducation et de l’évolution des mentalités. Autant le taux de scolarisation des filles même dans le milieu rural a atteint des taux satisfaisants et même si les taux sont à la quasi-parité dans le supérieur, cela ne se traduit pas par une insertion professionnelle comparable à celle des hommes. Et là, il y a un effort à faire sur l’évolution de la société dans sa globalité, faire évoluer la notion de couple et abandonner le modèle patriarcal qui pénalise notre société.
L’État a un rôle à jouer, outre l’éducation et la création d’emploi, je pense que de la sensibilisation sur l’égalité hommes-femmes via les médias nationaux est vraiment souhaitable et pourrait avoir un impact considérable. Mettre en avant des modèles de réussites de femmes pas uniquement dans les villes, mais aussi et surtout dans le monde rural, valoriser le travail de la femme et lui reconnaître son droit au travail dans les faits. Je cite ici la mise en place de crèches communales gratuites qui pourraient décharger la femme et la déculpabiliser quand elle souhaite 
mener une carrière professionnelle. 


Questions à Jamal Belahrach, CEO DEO Conseil International

Management et Carrière : Quelle est votre lecture générale des résultats,  en particulier le score enregistré par le Maroc ?
Jamal Belahrach
: C’est une étude très intéressante qui doit nous interpeller politiquement, économiquement, socialement et sociétalement. La place de la femme dans notre pays n’est pas digne de notre monde en 2020. Le monde a radicalement muté dans un nouveau paradigme et nos mentalités sont restées ancrées dans un autre siècle. L’humanité est composée quasiment de 50% de femmes et celles-ci ne sont toujours pas en équation dans les stratégies politiques, économiques, sociales. Sans révolution culturelle, sans un changement de mentalités, nous aurons beaucoup de mal à nous développer sur cette question et sur les autres également, car le lien est évident. Le Maroc est loin de beaucoup de pays frères africains et de la Turquie. C’est dire que nous devrions engager les réformes afin de rattraper ce grand retard qui, encore une fois, peut être également un indicateur de sous-développement. Nous avons de grandes ambitions, mais préalablement, il est impératif de réduire cette fracture sans quoi, nous resterons dans le bas du classement. Mais si nous le voulons, nous pouvons faire partie des bons élèves. J’espère, pour ma part, que notre futur modèle de développement aura raison de cette injustice.

Quels devraient être, selon vous, les axes prioritaires d’action à mettre en œuvre ?
Il faut d’abord une révolution culturelle dans le cadre d’un nouveau contrat social qui accepte le rôle plein et entier des femmes dans le futur de la nation. Ensuite, le reste est essentiellement une question de politique volontariste des parties prenantes pour changer les choses. Je rappelle qu’il y a un enjeu économique majeur derrière cette question, car le taux d’activité des femmes dans notre pays ne dépasse pas les 24%. C’est dire que la création de valeur de notre pays pâtit de ce taux anormalement bas. Par conséquent, plus vite nous créerons les conditions nécessaires pour cela, plus vite notre taux de croissance évoluera.
Outre les questions de droit que l’on connaît et qui ont un lien avec la religion (héritage, mariage, liberté individuelle…), il y a les conditions de travail : flexibilité, services en cas de maternité, crèches entreprises, les politiques de rémunérations, annuler les freins à la mobilité et à la gestion de carrières.

En un mot…
La place des femmes dans le futur modèle de développement est clé et seule cette condition fera de notre pays un modèle dans sa région et ouvrira les portes de nouvelles perspectives. 

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