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Entretien avec le politologue Mustapha Sehimi

«Le Maroc et la Mauritanie, un exemple de bonne coopération fraternelle au niveau du Maghreb»

Ayoub Lahrache Ayoub Lahrache,

Mustapha Sehimi.

Mustapha Sehimi.

Pour le politologue Mustapha Sehimi, la pose de la première pierre du nouveau complexe diplomatique mauritanien à Rabat illustre la volonté de la Mauritanie d’élargir et de renforcer sa présence au Maroc. «Il s’agit donc d’un signe encourageant», dit-il, précisant que les relations entre Rabat et Nouakchott sont profondes et multidimensionnelles. «Je pense qu’on est en présence d’un exemple de bonne coopération au Maghreb», précise-t-il. S’agissant de la question du Sahara marocain, M. Sehimi a affirmé que l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, Staffan de Mistura, dont la candidature sera soumise à l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU, devrait reprendre là où son prédécesseur s’était arrêté. Autrement dit, relancer les discussions dans le cadre des tables rondes, avec la participation de l’Algérie comme partie prenante et en prenant en considération les dernières décisions du Conseil de sécurité.

Le Matin : Le ministre des Affaires étrangères de la Mauritanie a donné hier le coup de lancement de la construction d’une nouvelle ambassade au Maroc. Quelle lecture faites-vous de cet événement et de son impact sur l’avenir des relations en Rabat et Nouakchott ?
Mustapha Sehimi :
La visite du ministre des Affaires étrangères de la Mauritanie au Maroc était aussi l’occasion de l’inauguration de la pose de la première pierre de la nouvelle résidence mauritanienne à Rabat. Il y a là, à travers cet acte, la volonté de la Mauritanie d’élargir et de renforcer sa présence au Maroc. Il s’agit donc d’un signe encourageant qu’il faut relever. Mais déjà, le capital des relations bilatérales est multidimensionnel. D’abord, pour ce qui est du capital historique et diplomatique, les relations humaines sont fortes, notamment sur le plan culturel et historique, et ce depuis toujours. Il s’agit également d’un capital qui s’appuie sur des relations de bon voisinage et de coopération. Et cela se traduit par des initiatives communes, comme dans le domaine de la lutte antiterroriste et avec des coordinations dans cette lutte au niveau du Sahel. Il faut souligner, à cet égard, la réunion prochaine de la commission mixte maroco-mauritanienne. Les deux ministres ont d’ailleurs relevé qu’il y a bien une convergence de vues et une étroite coordination entre les deux pays. Cela est attesté aussi par la qualité des relations personnelles entre Sa Majesté le Roi et le Président mauritanien Mohamed Cheikh El Ghazouani. Je pense qu’on est en présence d’un exemple de bonne coopération au Maghreb.  
 
Dans quelle mesure ce nouveau rapprochement peut-il impacter le dossier du Sahara marocain, notamment dans un climat marqué par l’escalade algérienne ?
On ne peut pas parler d’un nouveau rapprochement mais plutôt d’un rapprochement qui se renforce, nourri par davantage de concertation, de dialogue politique et de programmes de renforcement des relations bilatérales. Il y a aussi la place accordée à la coopération culturelle, qui n’est pas toujours relevée, alors que des centaines d’étudiants mauritaniens sont dans des établissements universitaires marocains et qui bénéficient pour la majorité d’entre eux de bourses d’étude. Ces étudiants constituent 60 pour cent des effectifs des étudiants issus des pays arabes. Il y a là quelque chose de fort, puisque c’est un pont humain pour la formation avec des opportunités ouvertes sur l’avenir, puisque ces mêmes étudiants mauritaniens sont appelés demain à être en première ligne dans le développement de leur pays. 
De plus, les relations commerciales sont étroites, mais doivent être renforcées. Il y a ensuite des dossiers d’investissement qui sont sur la table, notamment de partenariats privé-privé. Des opérateurs privés mauritaniens sont intéressés par le Maroc, de même que des opérateurs marocains intéressés par les opportunités d’investissement dans chacun des deux pays avec des projets communs. Donc, il y a une dynamique économique maintenant qui irrigue les provinces marocaines du Sud et qui évidemment s’étend à la Mauritanie et s’étend plus largement encore à l’Afrique de l’Ouest. À mon avis, il y a là une situation qui est intéressante, qui mérite d’être mise en relief, c’est-à-dire de bonnes relations entre les deux pays, des relations fraternelles et de solidarité entre les deux peuples, des relations entre les deux Chefs d’État et une coordination entre les responsables des deux diplomaties. Je le répète encore, c’est un exemple de bonne coopération fraternelle au niveau du Maghreb.
 
Pourquoi selon vous la Mauritanie, sur ce dossier essaie de ménager les deux principaux protagonistes, Rabat et Alger ?
 Il faut dire que la position aujourd’hui de la Mauritanie est une position équilibrée. Ce n’est pas une position neutre. Être neutre c’est ne pas prendre position et ce n’est pas le cas. C’est une neutralité positive, si on peut dire, puisque la Mauritanie, aujourd’hui, est partie prenante dans le processus de négociation ouvert sous l’égide des Nations unies et illustré par les deux tables rondes de décembre 2019 et mars 2020 à Genève. Et sur ce point-là, la position de la Mauritanie est intéressante. Elle recoupe totalement d’ailleurs les positions des Nations unies, du Conseil de sécurité, c’est-à-dire la recherche d’une solution durable sur la base d’un compromis, mais dans le cadre des fondamentaux du Royaume, c’est-à-dire son unité nationale, son indépendance et sa souveraineté. Il y a là une voie intéressante qui doit être prise en compte, notamment par le pays voisin, l’Algérie. Parce que voilà un pays comme la Mauritanie qui était intéressé au premier chef par la décolonisation du Sahara et qui a des positions aujourd’hui des plus intéressantes, recoupant, je le répète, celles des Nations unies. Ce n’est pas le cas de l’Algérie.

Devant l’AG de l’ONU, l’Algérie a pris fait et cause pour le polisario. Elle s’est dite disposée à favoriser des négociations directes entre le Maroc et le polisario. De son côté, le Maroc a défendu devant l’ONU ses positions en appelant à la reprise des tables rondes avec la participation de l’Algérie comme partie prenante. Pensez-vous qu’Alexander Ivanko parviendra à rapprocher les deux positions ?
La position de l’Algérie doit être dénoncée avec la plus grande fermeté, car ce pays se dit observateur. C’est ce que répète son ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, et c’est ce qu’il a encore dit il y a une semaine devant l’Assemblée générale des Nations unies. Or l’Algérie n’est pas un observateur, mais partie prenante au premier chef. L’Algérie a participé au processus des tables rondes qui a été organisé à Genève, en Suisse, en décembre 2019 et mars 2020. Elle était partie prenante à une table ronde quadripartite où il y avait le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le mouvement séparatiste. Si Alger avait le statut d’observateur, elle n’aurait pas été invitée comme partie prenante et n’aurait pas répondu à cette invitation de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, à l’époque Horst Köhler.  
Aussi, l’Algérie ne peut être un pays observateur puisque c’est un pays qui héberge, arme et finance le mouvement séparatiste dans les camps de Tindouf. Et ce n’est pas tout. Toute la politique étrangère de l’Algérie aujourd’hui, et depuis des années d’ailleurs, se réduit à la mobilisation de son appareil diplomatique pour exprimer son hostilité à l’endroit du Maroc et pour soutenir le mouvement séparatiste. Donc, il y a là une clarification qui doit être faite, d’autant que ce même ministre des Affaires étrangères qui présente son pays comme étant observateur était présent aux deux tables rondes de Genève. Donc il y a là une situation tout à fait inconséquente qui doit être relevée sur ce plan.  C’est à l’Algérie d’assumer la responsabilité de sa politique, étant donné que le dossier du Sahara marocain est un dossier qui intéresse l’Algérie. Le mouvement séparatiste n’étant qu’un instrument de sa politique d’hostilité à l’endroit du Maroc.  
 
Le dossier du Sahara marocain revient sur les devants de la scène internationale. Nasser Bourita a reçu, la semaine dernière à Rabat, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara et chef de la Minurso, Alexander Ivanko. Peut-on s’attendre à une relance des négociations dans le cadre des tables rondes ?
Le chef de la diplomatie marocaine a pris part aux travaux de l’Assemblée générale des Nations unies. Il s’agit d’un grand rendez-vous diplomatique pour tous les pays puisque c’est une occasion de débattre d’un certain nombre de questions intéressant la communauté internationale. Le responsable marocain a eu des entretiens avec le secrétaire d’État américain, et il a aussi reçu Alexander Ivanko, qui est le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara et chef de la Minurso.
Donc, il y a là un suivi de la question nationale en attendant qu’un nouvel envoyé spécial soit désigné et c’est d’ailleurs dans l’agenda. En effet, dans les prochains jours, le diplomate italo-suédois Staffan de Mistura sera désigné. Sa candidature est soumise à l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU. Il faut d’ailleurs rappeler que l’Algérie et le mouvement séparatiste se sont opposés à 12 noms depuis la démission de Horst Köhler. Le Maroc de son côté ne s’est opposé qu’une seule fois à la nomination d’un profil qui ne correspondait pas à ce qu’il attendait.  

Il faut aussi savoir qu’un agenda s’impose au SG de l’ONU avec l’inscription de la question du Sahara marocain à l’ordre du jour du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre. M. Guterres va présenter son rapport sur l’avancement des processus de règlement dans le cadre des négociations prévues précisément par le Conseil de sécurité. Il va également présenter le nouvel envoyé spécial de l’ONU au Sahara marocain pour montrer que c’est un processus qui a tardé depuis le départ de Köhler en 2019 et qui maintenant s’activer avec un nouvel émissaire qui va travailler sur des acquis déjà en place. En effet, il faut souligner que le nouvel émissaire onusien va commencer son travail avec ce qu’il a déjà sur la table. Et là, il y a des processus et des actes validés par le Conseil de sécurité. Je pense notamment aux deux tables rondes et surtout le format de table ronde à 4. Et de l’époque de l’ancien envoyé spécial, il était question d’une troisième table ronde pour aller plus loin dans le processus des consultations et des négociations. Le nouvel émissaire ne peut travailler que sur ces bases-là. Il a aussi d’autres contraintes dont il doit prendre la mesure. Je cite ici les résolutions du Conseil de sécurité et qui insistent sur plusieurs points. D’abord, c’est que depuis l’an 2000, il n’est plus question dans les textes des Nations unies, et a fortiori des résolutions du Conseil de sécurité, d’une quelconque référence à un référendum. Cette question est obsolète puisque le Conseil de sécurité a fait le constat que l’organisation d’un référendum n’était pas praticable, ni réaliste ni faisable par suite des difficultés qu’il y a eu techniquement à mettre sur pied cette procédure, notamment en ce qui concerne l’identification des électeurs. 

Validant les résolutions insistant sur le principe de la poursuite des négociations pour la recherche d’un règlement négocié sur des bases respectant les principes Nations unies, le Conseil de sécurité reprend dans ses résolutions l’initiative marocaine présentée en avril 2007. Cette initiative est considérée comme étant sérieuse, crédible et réaliste. Donc le nouvel émissaire onusien va devoir travailler sur ces deux bases qui sont le format des tables rondes quadripartite comme celle de Genève et les principes arrêtés par le Conseil de sécurité dans le cadre de toutes ses résolutions. Le Maroc est très à l’aise sur ce point-là, puisqu’il est totalement ouvert à ce processus et aux principes réitérés par le Conseil de sécurité. Il reste à espérer que la reprise du processus de négociation puisse conduire à ce que l’Algérie prenne ses responsabilités. Je tiens à signaler au passage que le Conseil de sécurité, dans la dernière résolution d’octobre 2020, a fait référence cinq fois à l’Algérie et à la responsabilité de l’Algérie pour s’engager davantage dans la recherche d’un processus de paix.

Propos recueillis par Ayoub Lahrache

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