Culture

Entretien avec Mohamed Elmedlaoui, lauréat du Prix du livre

«Mon ouvrage constitue un travail de 20 ans sur le champ des langues et des cultures marocaines»

LE MATIN

● L’ouvrage «Raf’u l-hijaab ‘an maghmuuri at-taqaafati wa-l-aadaab» (Dévoilement d’une culture et d’une littérature occultées) de Mohamed Elmedlaoui s’est vu décerné le Prix du livre du Maroc dans la catégorie «Études littéraires, linguistiques et artistiques».
● La cérémonie de remise des prix s’est déroulée, vendredi après-midi, dans le cadre du Salon du livre et de l’édition à Casablanca.

Le Matin : C’est votre deuxième Prix en l’espace de quelques mois, après celui de la Meilleure publication de l’Université Mohammed V-Souissi pour un article de linguistique comparée. Que sont pour vous ces consécrations dans votre carrière de linguiste ?
Mohamed Elmedlaoui : Cela me réconforte, non seulement dans la voie que je me suis frayée contre vents et marées dans ma carrière, mais, également, dans mon allure ferme sur ce chemin. Cela confirme davantage la confiance que j’ai pu garder, malgré tout, dans l’évolution des choses dans le bon sens autour de moi. Car la reconnaissance de l’effort de l’individu dans son pays est une chose importante sur le plan purement affectif et subjectif. Elle est, aussi et surtout, significative sur le plan objectif de l’éthique de citoyenneté, comme indice de mérite dans la société qui est sienne.
Quelles sont, d’après vous, les singularités qui ont valu à votre ouvrage le Prix du livre du Maroc ?
Dans ce gros volume de 550 pages intitulé : «Raf’u l-hijaab ‘an maghmuuri at-ttaqaafati wa l-‘aadaab» (Dévoilement d’une culture et d’une littérature occultées), j’ai mis à contribution toutes mes connaissances en tant que linguiste, ainsi que ma maîtrise des différentes langues et variantes de langues pratiquées au Maroc, pour dévoiler de larges pans d’une littérature à manifestations plurielles. Une littérature qui, tout en étant à la base d’une seule culture faisant la spécificité identitaire irréfragable du Maroc, reste pourtant jusqu’ici occultée en marge de la conscience collective et de l’intérêt académique. Il s’agit notamment du fond littéraire amazighe, profane ou religieux (dit «almazghi»), de la tradition judéo-arabe marocaine dite «sharh» (commentaire) et du fond poétique du malhoun. L’examen des deux genres, «almazghi» et «sharh» a révélé l’existence, dans le passé au Maroc, d’un système d’enseignement à deux vitesses, qui garantissait à tout le monde la connaissance pertinente indispensable à l’intégration dans la société de l’époque.

Que voulez-vous dire par un enseignement à deux vitesses ?
C’est-à-dire un enseignement progressif pour les écoliers réguliers, dispensé dans les langues classiques (arabe classique ou hébreu selon la communauté) et un enseignement parallèle ouvert pour les adultes non scolarisés et dispensé dans les langues maternelles (amazighe, arabe marocain, judéo-arabe marocain ou judéo-berbère, selon le milieu linguistique). Ainsi, l’examen de la tradition du malhoun dans cet ouvrage a pris la forme d’une mise au point d’un système formel qui rend compte de la métrique de cette poésie, en comparaison notamment avec la métrique de la poésie amazighe, et ce, avec tout l’outillage conceptuel et terminologique qui permet d’enseigner les deux comme on enseigne les métriques des langues classiques dans les milieux académiques.

Concernant le malhoun, vous avez remporté, il y a deux ans, le Grand Prix du Matrouz, décerné par la Fondation Essaouira-Mogador, aux côtés d’illustres artistes et chercheurs en la matière. Dites-nous, comment un linguiste arrive-t-il à embrasser autant de domaines ?
Après ma licence en littérature arabe, j’ai dû réorienter ma formation postuniversitaire vers la linguistique formelle pour répondre à ma vocation scientifique et mathématique. C’était une formation qui n’avait pas alors de débouchés universitaires puisqu’elle était entièrement arabisée et dépourvue de modules sérieux de langues étrangères. Je me suis mis d’une manière autodidacte à apprendre certaines langues étrangères (français et anglais notamment) et à maîtriser des langues pratiquées au Maroc (arabe classique, arabe marocain, amazighe, hébreu) qui m’ont permis de mener beaucoup de travaux linguistiques de phonologie sur ces dernières. La métrique étant une branche de la phonologie, j’ai dû travailler progressivement sur un large éventail de textes oraux et écrits de ces différentes langues. Ce qui m’a obligé à m’initier au solfège, afin de comprendre les principes qui gouvernent les rapports entre la structure rythmique de l’air musical et la structure métrique des paroles dans les principales traditions musicales pratiquées au Maroc.

Votre ouvrage semble aussi faire écho aux nouvelles dispositions de la Constitution marocaine en matière d’une restructuration plus adéquate du champ des langues et des cultures marocaines.
Est-ce bien le cas ?
En principe, il ne doit y avoir aucun a priori absolu contre les contributions de circonstance, du moment où la nature du sujet et son envergure permettent de concevoir l’œuvre, d’en recueillir les données empiriques, d’en faire l’analyse et de rédiger son texte dans la rigueur et les règles de l’art. Or l’envergure de cet ouvrage, la nature de son objet d’étude, le volume des données empiriques présentées, ainsi que leur type d’analyse et les standards académiques de rédaction (renvois, notes, bibliographie) font que ça ne peut nullement être un travail de circonstance que l’on peut réaliser entre juillet 2011, date de l’adoption de la Constitution, et février 2012, où l’ouvrage était déjà à l’imprimerie. Il s’agit naturellement d’une synthèse d’une vingtaine d’années de travaux qui ont donné lieu à plusieurs autres ouvrages auparavant. Je dirais, dans ce sens, que c’est là tout simplement un indice particulier qui indique que cette Constitution reflète et traduit, sur ce point, la moyenne générale de l’esprit collectif de la société marocaine, tant sur le plan intellectuel et académique que sur le plan revendicatif citoyen.

Une étude profonde

Écrit en arabe et préfacé par Mohammed Mustapha Kabaj, l’ouvrage «raf’u l-hijaab ‘an maghmuuri at-taqaafati wa-l-aadaab» dévoile toute une littérature occultée du Maroc traditionnel. Du berbère transcrit en caractères arabes au judéo-arabe ou judéo-berbère transcrits en caractères hébraïques. En plus de l’analyse des illustrations et d’une immense bibliographie, les 550 pages de l’ouvrage sont riches en textes transcrits dans les deux graphies, arabe et hébraïque. En parallèle, le livre contient 12 études indépendantes, mais complémentaires, sur le paysage cultuel et linguistique marocain, dont une étude comparative originale sur la métrique du malhoun et de la poésie amazighe (tashelhiyt, tamazight et tarifiyt).

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